NAINS
& sa suite naturelle GÉANTS en 2ème partie…

Introduction :


          Nous avons dû grouper ces deux termes car les explications des uns s’appliquant bien souvent aux autres, leur différences ou leurs similitudes nécessitent donc cette proximité et, si la mythologie* 1 germano-scandinave met en scène deux grandes familles mythiques, les Ases et les Vanes, par un parallélisme – certainement signifiant – le monde terrestre post-évangélique décrit dans les Eddas et autres sagas autour des XIème/ XIIIème siècles, époque bénie des
superstitions ou “croyances dégradées”, parlent de deux populations légendaires, les Géants et les Nains* :

          « Paradoxe en apparence, les thèmes mythiques du nain et du géant sont en réalité étroitement unis : le nain peut toujours se transmuter en géant et inversement, et tous deux sont étroitement liés au symbolisme* du feu* souterrain volcanique et des métaux. » Alessandro Grossato, Le [splendide]n Livre des Symboles, Rocher 2000, Mondadori 1999.

          « Géants et Nains, les premiers étant vraisemblablement des personnifications des grandes forces naturelles auxquelles restera toujours si sensible un bon Scandinave (avec persistances tenaces : Aegir = Okéanos, Jör = Terre, Thorr = Tonnerre, etc.), les seconds étant sans nul doute les morts, les grands ancêtres fondateurs de ces familles qui ne cesseront de constituer le centre même de la vie, sous toutes ses acceptions, dans le Nord. » Régis Boyer.

- 1/
Les Nains : sont en fait difficiles à cerner car leur folklore s’est principalement développé au Moyen-Âge et ils ont pris de ce fait une apparence terriblement post-chrétienne.
             Ce concept flou de “nain” peut alors recouvrir aussi bien les esprits des morts remarquables ou quelconques, ceux de la famille (génos, ing ×) depuis le “tonton farceur” jusqu’à la “mémé rigolote” en passant par le “grand-père grincheux” et la “belle mère acariâtre”. Il conviendra donc de lire aussi notre article traitant des Alfes et de leurs épouses, les Elfes*…
          Les Nains sont donc tous ceux qui “reviennent”, ce pourquoi ils sont des “revenants”, souvent pour faire des farces2 : ils font des niches comme en font les nordiques Nixes ! ou des embrouilles… sur l’écheveau de la Tisserande du Destin* et ce, selon leur caractère propre, caractère qu’ils nous ont transmis à nous leurs héritiers en même temps que leurs gènes, source de nos qualités et de nos défauts. Ce qui reste d’eux sont leurs travaux, ferme, cultures et outils, et c’est pourquoi on dit d’eux, en général, qu’ils sont industrieux

- 2/
Les Géants ont les qualités de leur taille et ce sont : soit des “forces de la nature” tels les Daïmons* grecs et une partie des géants nordiques (jötnir, jotes ou thurs3 , voire les tardifs trôlls des supersttions nordiques), c’est à dire des forces ni bonnes ni mauvaises en soi, mais éventuellement dangereuses quand elles sont affrontées sans réflexion (cf. Ötzi) ou lorsqu’elles sont déchaînées (Hyrrokin/ Ouragan ou bien Fenrir le sanguinaire) ; mais un fait est (fatum), elles sont, c’est le destin*.
          « Comme dans toutes les cosmogonies, au moment de la création du monde existait des êtres possédant une force redoutable que les mythes* associent ou mêlent aux divinités primordiales. Aux Cyclopes et Hécatonchires grecs répondent les géants nordiques, personnification des cataclysmes qui façonnèrent la Terre à son origine. Naturellement bruyant (grondements volcaniques ou célestes) et sans manières (ouragans, gels, incendies et tremblements de terre) les géants participent cependant à l’organisation du monde des dieux puis des hommes avec qui ils s’associent ou terrorisent suivant les circonstances. » R.J. Thibaud, Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Nordique et Germanique, Dervy, 1997.

          Mais ce mot “géant” peut aussi avoir figuré les “Grands”… par l’Esprit ! Ceux-là sont des Ases (Sages, Mages), ou bien ils furent leurs géniteurs…


Les Nains seraient-ils donc seulement un artefact post-chrétien ?


          Quoique la mythologie nordique nous dise que les nains sont nés du sang de Brimir et des membres de Blain, qui sont deux aspects du Géant primordial Ymir — ils sont donc issus de la chair même de l’ancienne terre – nous ne devons pas oublier que les mythologies* nordiques étaient déjà soumises au lessivage culturel de la “nouvelle foi” depuis deux à quatre siècles. Il se pourrait donc bien qu’il faille répondre oui à cette question car l’Église*, dans son combat concurrentiel contre “l’ancienne coutume” nordique qu’elle nomma Paganisme*, a intensément diabolisé la culture de nos ancêtres celto-germaniques ce qui, malheureusement, c’était en fait son but, a modifié durablement le système de valeurs* qui était le leur, ce que les philisophes appellent leur weltanschauung : leur “conception de monde et de la vie”.

          Ainsi, par exemple, les Nains et les Géants – qui étaient des symboles pédagogiques – sont restés très présents dans la littérature médiévale qui en était friande, mais ils y ont été de plus en plus traités d’une manière péjorative jusqu’à appartenir totalement à ce que nous appelons – maintenant que nous préférons les classifications à la vie bouillonnante – le folklore de superstitions.


Monnaie gallo-romaine

Un distinguo nécessaire :


       Il semble bien que dès l’origine la distinction a été faite chez les Nordiques4 entre :
- l’Esprit/ Elfes* des ancêtres appelé à la rescousse par leurs descendants pour leur suggérer une solution face à une quelconque difficulté de la vie ;
- et les grandes forces de la nature (Thurs/ Daïmons).
          En effet, dans leur mythe* des origines, les “nains” ne sont pas ces Elfes “blancs” puisqu’ils sont des “vers” nés de la putréfaction du corps d’Ymir, l’Hermaphrodite primordial figurant la matière terrestre originelle et – en ce sens – ils sont analogues aux daïmons grecs qui sont les forces créatrices de la nature avant même l’apparition de l’homme.


LES NAINS NORDIQUES


          Les “vers” qui proliféraient sur le cadavre d’Ymir furent transformés par les Dieux* en nains, des esprits non encore évolués, tous mâles donc incapables de procréer, vivant sous terre ou sous les montagnes.

Une triade de nains ? Dans la mythologie* nordique, s’ils sont nés des larves (cf. les larvae de la mythologie romaine) qui rongeaient le cadavre d’Ymir, le fait que l’un d’eux s’appelle Eggmoïn, ce qui en vieux norois signifie “frappé par le glaive”, tend à prouver que les nains étaient les esprits des morts, et dans ce cas particulier, celui d’un combattant qui défendait sa terre héréditaire, ce qui en fit un héros.
          Un autre se nomme Andvari “tourbillon”, le gardien du souffle ou principe vital : il possédait un trésor en or qui se renouvelait sans cesse (cf. le concept de kenning ou “métaphore nordique à récurrence culturelle”, TT) ou bien, tuait ceux qui le possédait (c. à d. qui lui avaient volé). Cf. l’Or du Rhin, cycle des Niebelungen, infra.
          Son collègue Fjalar, est un Nain qui tue Kvasir avec la complicité de Galar ou (et) l’un des deux coqs rouges, avec Gullinkambi “crête d’or”. Il proclame la guerre lors du Ragnarök par un seul cri. Avec son sang et du miel, les nains créent l’hydromel (couleur d’Or), une boisson qui rendait savant et skalde (poète) ceux qui en buvaient et faisaient les délices des Dieux et des guerriers demeurant dans la Walhalla.
          Quatre nains supportent aussi la voûte du ciel constituée du crâne d’Ymir, aux quatre points cardinaux : ce sont Nordri au Nord, Ostri ou Austri à l’Est, Sudri au Sud et Westri à l’ouest.
          Loki distribue l’artisanat à Brokk et à Eitri son frère (“Être ou ne pas être, c’est là, la question”). Ils construisent le bateau Skidbladnir donné à Freyr, le dieu Vane marin de la fécondité… (ceux du rivage atlantique). Ils fabriquent aussi la chevelure d’or de Siff et la lance Gungnir “épée frémissante” d’Odhin/ Wotan. Ils fabriquent encore le verrat aux soies d’or Gullinbursti offert à Frey ; le merveilleux anneau d’or Draupnir qui dure 9 jours (mois, gestation) et qui réapparaît avec 8 autres ; et le célèbre marteau de Thor ; la parure des Brisingar portée par Freyja ; et la porte grillagée du Walhalla



          Les nains sont donc des êtres
industrieux, parfois bienveillants parfois maléfiques comme l’est la technique. Ils habitent sous terre, à Svartalfaheim pays des Alfes noirs et nous avons vu dans l’article Elfes* qu’ils sont regroupés en trois genres (ou Fonctions*) :
- les “bons” qui sont les Alfes de lumière – et leurs épouses, les Elfes – les Alfes blancs, tels Balder ou Albaron ;
 - les neutres, avalés par le grand Raz-de-marée de la Mer du Nord avant d’avoir fait leurs preuves : ceux qui n’ont pas atteint leur épanouissement5 ;
- et les “mauvais” qui sont les Alfes noirs, tel “l’affreux Loki” souvent confondu avec les nains. En effet Locksnätt “filet du nain” (Nöt knot : “nœud, nécessité”) est le nom du filet inventé par Loki et cette kenning est la preuve que Loki est lui aussi un nain et non un Dieu du panthéon norique (cf. art. d’Hermès* à Loki) car on dit bien qu’il était là avant les Dieux*…

* * * * * * * * *

Màj 5 nov. 04 proposée par notre visiteur bricema@

« J'en sais un quinzième
Que le nain Thjodrörir
Chanta devant les portes de Dellingr
Par ses charmes
6 donna la force aux Ases
Aux Alfes, le renom
La clairvoyance à Hroptatyr ( Odin )

Les Havamal - strophe 160


          Thjodrörir signifie “celui qui met le peuple en mouvement”. On ne sait rien de cet être mythique.
          Dellingr est le père de Dagr (jour). Les portes de Dellingr seraient l’aurore*, mais le sens est discuté. Il est possible pourtant, qu’une idée d’éclat, de luminosité, entre dans le nom de Dellingr. » L’Edda poétique traduite par R.Boyer.
          Note de B. M. : Le nain trouve ici son rôle “d'artisan" (forgeron/poète) des Dieux*. L'on retrouve le chant qui permet de faire apparaître – fabriquer – divers pouvoirs aux Dieux [les “charmes”, du lat. carmen]. Mais, peut être est ce une explication trop simpliste… Alu7 !


* * * * * * * * *


     D’autres nains se nomment : Modsognir “respire courage”, Dvalin “au sommeil léger”, Oin “flot ondoyant” et Andvari pataugent dans l’eau. Dextérité, ruse, finesse, incessante activité sont leurs qualités. Volund est le nain forgeron des dieux (allem. Wieland, angl. Wayland. Irl Goibniu). Il y a aussi Durin8 , et d’autres qui naquirent dans les “terres boueuses” (limon) Aurvangard, à Svaringshaug le “tertre funéraire” et dans les plaines des Ioruvellir ou “plaines sablonneuses” (cf. Helgoland in art. Atlantide*).

Hulduvolk “le Peuple de Huld” est le nom donné aux nains – au sens générique – en Scandinavie. La racine Huld renvoie à la signification “caché, occulte, celé” (ce qui est d’ailleurs le sens de “calypso” chez les Grecs, cf. Ulysse*).

          Ainsi le “système ternaire” serait-il bien plus vaste que celui décrit par notre maître Dumézil sous le nom d’idéologie trifonctionnelle* des Indo-européens* et qui “s’étend à la famille des Dieux* immortels comme à la société des humains”. On peut alors penser qu’il recouvre tous les domaines : de l’ombre à la lumière en passant par toutes les nuances de gris ou de couleurs9, par toutes les températures du feu à la glace en passant par le chaud, le tempéré et le froid, et enfin depuis les trois genres grammaticaux jusqu’aux trois niveaux de la pédagogie initiatiques* des Ases° ou Druides°, en passant par les trois niveaux triadique d’explication des Runes* sacrées et de la Kala des Troubadours* (ce que nous avons tenté de traiter dans leur article).




Des artisans de la troisième fonction* ?


Chez les Nordiques : dans leur mythologie, Ivaldi “du bois des ifs” est le père des “nains” qui fabriquèrent le bateau Skidbladnir (une sorte de cailleach/ coracle/ kayak pliant offert à Freyr ou Wotan). Ils fabriquèrent aussi les “cheveux d’or” de Siff ainsi que Gungnir, la lance d’Odhin/ Wotan*, nous l’avons vu : tout ceci en fait de merveilleux artisans de troisième fonction* fabriquant des objets, symboliques des trois fonctions, et l’on aura aussi présent à l’esprit ce côté Vane (des Goïdéliques, Gaëls, Éburons?) chaque fois qu’on sera en présence d’un “nain” de la mythologie nordique.
          Les “Nains” se présenteraient donc comme une opposition fonctionnelle avec ces “géant” par l’esprit que sont les Ases de la première fonction ! …/…

          
Si l’on s’en tient à leur nom qui est généralement un qualificatif, les nains symbolisent souvent un caractère, une de leurs qualités : “Tout savant, Elfe, paresseux10, Nainn esprit d’un mort” (du gothique Naus/ Ná “mort”), Oinn “le craintif” (le daim) : ce sont donc des “types psychologiques” et non des “classes”!
          Le manichéisme du bien et du mal, ou du divin et du diabolique, était inconnu chez nos nordiques ancêtres, car l’homme vivait au milieu du Cosmos, en Midgard, neutre : soit il tendait vers la lumière, le “divin”, et il devenait ainsi un demi-dieu, Ase ou Héros (cf. le concept de “surhomme” de Nietzsche) ; soit il était nuisible à sa communauté, à sa famille et à lui-même lorsqu’il tendait vers le “noiraud” Loki; et il était alors… banni du clan* !

Blancs ou noirs, une grande famille…

          Zwergen pour les Allemands, Dwarves pour les Anglo-Saxons, nos nains portent évidemment des noms scandinaves dans les Eddas “les Contes de la Vieille” : Nyi, Nidi, Nordri (Nordiste), Sudri (Sudiste), Austri (oriental), Vestri (occidental), Althiolf ("Voleur Puissant, Mighty Thief"), Dvalin, Nar, Nain, Niping, Dain, Bifur, Bofur, Nori, Ori, Onar, Oin, Modvitnir ("Loup de Prairie, Mead-Wolf"), Vig, Gandalf ("Alfe magicien, Magic Elf"), Vindalf ("Alfe du Vent, Wind Elf"), Thorin, Fili, Kili, Fundin, Vali, Thror, Throin, Thekk, Lit, Vitr, Nyr, Nyrad, Rekk, Radsvinn ("Prompt Conseil, Swift in Counsel"), Draupnir, Dolgthvari, Hor, Hugstari, Hlediolf, Gloin, Dori, Ori, Duf, Andvari, Heptifili, Har, Siar, Skirpir, Virpir, Skafinn, Ai, Alf, Ingi, Eikinskialdi ("Bouklier de chêne, Oak Shield"), Fal, Frosti, Finn, Ginnar. Une petite partie d’entr’eux figure sur une fiche individuelle (infra et abmytnor*)…


Pour les Romains :


          Si ces esprits sont “bons”, ce sont des Mânes* et, s’ils sont mauvais ce sont des Lamies11 et il semble bien s’ils sont neutres, qu’ils aient été des Lar(v)es confirmant les trois genres grammaticaux ou fonctionnels que nous venons de voir chez les Elfes.

Après l’évangélisation † :


          Les nains sont devenus une variété de lutin lutineur, de follet un peu fol, de nuiton nocturne (mais ce mot vient du latin neptunus, en germain nettuo) :
          « Les caveaux du château de Marsan auraient servi autrefois de demeure à une peuplade étrangère, nommée Lutons, Nutons ou Sottais. Ils étaient de petite taille et exerçaient divers métiers; les gens du pays allaient déposer à l'entrée les objets qu'ils voulaient faire raccommoder, avec le salaire qu'ils supposaient exigible, et le lendemain ils trouvaient à la même place l'objet réparé. »
          Citons encore le korrigan12 (ou corandon) un petit esprit breton courant nuitamment dans les landes. Ceux de Périac-sur-mer (L-A) se cachent sous les flots, gardant une cité engloutie ÅYs, avec ses nombreux trésors, qui est le pendant breton de notre Atlantide* boréenne.
          On trouve aussi la variété de nuchette des forêts du Hainaut, et autre gnôme13 “connaissant”, ainsi que celle de barbet barbu et de foulot nivernais ou de foulat dauphinois, de cular ou dray forézien, de drac du Sud-Est, de fadet berrychon, de farfadet, de kobold14 ou gobelin normand, de moine bourru picard, de pacolet morvandiau, de servant dauphinois15 et matagot savoyard, sans oublier les jetin, sotrès, couril, ozegan, lutarne, lamigna, mourmouse recensés par Claude Lecouteux (Les Nains et les Elfes au moyen-âge, Imago, 1988).
          Ce à quoi il faut ajouter les sindri, tarans, hogoblins, trolls, gremlins, portunes bogies ou bogles et les, brownies et pixies si typiquement anglais et leurs cousins celtes des îles : les grogoch, dullahan (Thulan?), merrows (méropes), banchies (“druidesses” –> fées) et le fameux leprechaun

Contrefaits ?


          Par l’Église*, c’est certain, car dans la Rome christianisée il fallait continuer à se défaire de l’omniprésence de ce nain accultureur de leurs ennemis étrusques, Tagès16 (ci dessous, une intaille du IIème siècle), ou de de la tête d’Oli au Capit-ole venant d’une autre ethnie, plus celtique…

     


          En effet, une des “curiosités” de la mythologie étrusque est cette tête de Tagès (Pava Tarchiès) enfantine sur un corps chenu (lutin17), qui apparut un jour dans un champ nouvellement labouré (rite* de fondation), et qui dicta à son auditoire frappé de stupeur (pava) la Doctrine qui devait être la source de toute la sagesse divine étrusque, puis il disparut à nouveau dans le sol18 . Cette tradition se retrouve à de nombreuses reprises sur les céramiques grecques et figure même sur un monument élevé en l'honneur d’un dramaturge antique.

          Vous n'aurez pu, bien sûr, vous empêcher de penser à la tête de Mimir (mémoire/ murmure) qui ouvrit à Odhin/ Wotan* les portes de la Connaissance (ou à celle d’Ole/ Oli qui est enfouie au Capitole <– caput oli, mais aussi celle du Celte Bran Bendigeit ou celle du Grec Orphée). Pour ce faire, il transmit donc à Wotan l’art des Runes* secrètes qui étaient, à l’origine, une symbolique* permettant la transmission d’un savoir supérieur, le Grand Secret (cf. aussi § mystères, in art. Initiation*).
          Rappelons donc ici ce mythème : après la Guerre de Fondation*, les Ases et les Vanes signèrent la paix et échangèrent d’otages divins selon la coutume nordique (ou Dorienne, cf. l’art. Caducée*). Les Ases envoyèrent Hœnir (ou Vili, un des éléments du trinêtre wotanien qui est celui qui donne l’intelligence vit, et le mouvement hroering au premier couple d’humains Askr et Embla), ainsi que Mimir/ “Mémoire” chez les Vanes car “Hœnir était le plus digne d’être un chef”. Et les Vanes échangèrent Njördh, le plus avisé de leur groupe, avec les Ases. Mais, rapidement, les Vanes pensèrent qu’on les avait trompé parce que Hœnir ne se décidait jamais sans prendre le conseil de Mimir qui est la somme “Mémoire” plus “Écriture*” et qui est donc une “super-mémoire”. Très en colère, les Vanes coupèrent la tête de Mimir et l’envoyèrent à Odhin/ Wotan* qui “la conserva vivante grâce à des plantes médicinales secrètes et à sa “magie”*, afin de la consulter quand le besoin s’en ferait sentir” !…

Les Nains sont-ils des symboles :


          « Les différents poucets et dactyles sont fréquemment associés au symbole* freudien du chapeau, du “couvre-chef”. Dioscures et Cabires portent la coiffure pointue – le pileus des affranchis à Rome – qui se transmet comme un emblème secret dans certains mystères religieux et devient la coiffure d’Attis, de Mithra19, puis des :

[gnomes.pdf]
(<– clic sur ce bouton pour lire maintenant un supplément.pdf concernant les gnomes, puis retour automatique ici pour terminer cet article)

…de gnomes et des lutins et, finalement, des sept nains du conte de Grimm (ß). Certains animalculistes prétendent même avoir vu dans un spermatozoïde un homonculus coiffé “à la façon d’un capuchon”. Ce chapeau coiffant les poucets semble à la fois mettre en évidence un schème très freudien de pénétration et constituer un processus de minimisation du chef, c’est-à-dire de la virilité. Car ces formes lilliputiennes, Bès égyptiens comme lutins, fadets, farfadets, gobelins, follets et hannequets de la mythologie française et germanique, sont des êtres “qu’affectionnent surtout le cœur des femmes partagées entre la crainte et l’espoir” (Dontenville).
           Remarquons que leur capuchon passe pour être aussi la coiffe du Chaperon Rouge mais il n'y a plus d'ambiguïté phallique ici, car il s'agit d'un “chaperon” : au Moyen-Âge il s'agissait d'une "coëfe à bourlette" avec une queue, ce qui désigne aussi une couronne de fleurs comme s'en font les enfants avec des liserons de Mai ou les petits Alsaciens avec l’estival houblon – quoique ceci n’empêche pas d’autres représentations symboliques du Chaperon rouge…



          Ce chaperon est devenu le Chapeau de Mai garni des fleurs blanches de l’aubépine ou des roses de nos Rosières, des Maïa, des Flore et de toutes nos Belles de Mai…

          « Le folklore insiste sur le rôle ménager, domestique de tout ce “petit monde” : les nains légendaires font la cuisine, cultivent le potager, tisonnent le feu, etc… Ces “figurines réduites, pleines de gentillesse et de mignardise”, comme l’écrit Schuhl, malgré les valorisations négatives qu’essaie de leur donner le christianisme, demeurent dans la conscience populaire comme de petites divinités malicieuses, certes, mais bienfaisantes. »


Étymologies :


          « Dontenville s’ingénie pour découvrir les attaches étymologiques de ce petit monde. Il rapproche Korrigan de Gargan par l’intermédiaire du breton karrek qui signifie “pierre”. Le Korrigan est un Gargantua inversé, de même que le lutin serait un “Netun”, un Neptune (Poséidon) minimisé, isomorphe phonétiquement, avec luiton, nuiton, et les qualités nocturnes (?) de ce vocable. Les fadets, les farfadets sont des fées, miniatures féminisées du monde solaire, tels Aubéron (Alb aron)n “le petit roi de faierie”, beau comme le soleil, portant un cor (corne)n en ivoire qui guérit, nourrit [cf. le biberon de Zeus* et l’art. Abondance]n et désaltère […]
          « Quand aux fameux Gobelins qui s’apparient dans les rivières avec les couleuvres, c’est le Kobold germanique, frère des Coboli sarmates et des Cobaloï grecs, petits nains hilares de la suite du dieu féminoïde Dionysos. » Gilbert Durand, Structures anthropologiques de l’Imaginaire, Dunod, l988.

          
Ainsi nos kobolds seraient de petits Pans : on comprend qu’ils aient un petit capuchon rouge – symbole* des magiciens – comme leur petite sœur, la nymphette nommée “le petit chaperon rouge” (cf. Leroy, in revue Irmin)…
         Tout ceci est intéressant… mais semble oublier que cette racine karrek se trouve en pré-indo-européen dans KRG : les kourganes sont faites – comme tout tumulus qui se respecte – d’un empilement de pierres, en encorbellement c’est à dire en forme d’igloo (cf. notre article Borrie*, Nourraghe et Cie ainsi que § Newgrange in art. Sidh*) : C
es Korrigans qui se cachent sous les pierres au lever du soleil sont donc les habitants des… Kourganes !

          Ce qui n’empèche pas un de nos visiteurs de suggérer que : « Les nains, selon ce que je sais d'eux, ce sont des morts ,auxquels les Dieux* accordent des dons pour faire leur justice en venant tourmenter, ou soumettre les mortels à des épreuves : On les appelle “nains” du fait de la posture fœtale des corps dans les tombes ! Quand aux géants* [cf 2ème #], selon certaines recherches, ils y en aurait eu effectivement, et les plus grands d'entre nous en conservent certains gènes… » Jean-françois@, màj 5 fév.06. …/…




Les “Nains de Cour” :


          Il y a aussi eu collision, nous semble-t-il, avec le Fou du Roi, un individu souvent nain par la taille, intelligent, observateur, moqueur, bouffon d’où leur nom de “bouffons” médiévaux, souvent atteints du syndrome de Williams… 
          Ce nain ou fol était le conseiller satiriste du roi. Gardien de l’Ancienne Culture, il portait le traditionnel bonnet rouge à trois pointes20 et à grelots, comme les Lapons le font toujours ! Ce fol était en principe intouchable, mais il fut souvent la victime des cabales (des “chienneries” en celtique) des intrigants de Cour manipulés par l’Église*, ces “lobbies” avant la lettre, car il est évident que le roi était bien plus facilement manipulable sans lui ! Ce descendant du barde Taliésin se rapproche fortement de Tagès au point d’en être le “frère juré” (l’hypostase).

Le Fol : « Dans les sociétés païennes d’Europe, la musique, les chansons et la danse* étaient intimement liées à l’expérience du sacré*. Dans la société médiévale le bouffon était une figure importante de la cour. Le roi, comme ses seigneurs vassaux, avaient leur fou qui les divertissait. L’image qui reste aujourd’hui est celle d’un clown, mais le fou était beaucoup plus que cela. Sous le masque* du bouffon se dissimulait un barde ou un homme sage (le wita). Car le fou est celui qui s’est brûlé à la flamme du savoir sacré. C’est un initié* aux mystères ésotériques. Le fou du carnaval° est à cet égard un exemple frappant (…) Le Fou du Carnaval était l’être “éveillé”. À ce titre, il pouvait tout dire, tout révéler sans crainte, dépositaire du savoir et des secrets. » J.–P. Ronecker, ABC des Runes, Grancher 1993.
          Rappelons que dans les Îles Britanniques, pour les fêtes* saluant l’apparition du soleil nouveau – l’Épiphanie ou Héliophanie – une vieille femme aux oripeaux criards appelée Bessy portait une queue de vache qui sortait sous sa robe. D’autres personnages s’y rencontraient, tels le fou revêtu d’une peau de veau dont la queue pendait sur le sol et qui portait un bâton orné d’une vessie gonflée21, ou un autre qui portait traditionnellement un capuchon en peau de renard (!) portant aussi la queue pendante : il erst facile de remarquer que tous ces “fous” sont très dionysiaques ! …/…

          
Du Fol Astrologue à la Nef des fous… en route vers la Narragonia
Pline affirme dans son Liber IV que l'on embarquait pour Thulé à partir de l'île de Narigon. Coupi@

D’où le nom du “fol” médiéval a-t-il pu venir ?


1-/
D’une traduction du germanique Narr ? Nous verrons dans l’article Narval* qu’en allemand, ce Narrschiff ou Narrenschiff joue sur un double jeu de mots car Nachen et Kahn sont équivalents et signifient “canot, bateau” (l’inversion des consonnes est un procédé connu des linguistes) et Narr signifie aussi “fou”, mais aussi “fol, bouffon”, tout comme chez nous
          En tout cas, ces Fols porteurs de l’antique “bonnet à trois pointes” des Ases nordiques qui colportaient la Minne (Mémoire culturelle nordique, cf. art. Troubadour*) de la Laure/ lore (connaissance) populaire22 dans les cours royales, furent définitivement ridiculisés par l’astucieux conte de Sébastien Brandt, le “bienveillant” évêque de Bâle qui écrivit La Nef des Fous.
          À preuve, la floraison de gravures et de peintures les moquant qui suivirent sa publication, celles du génial Dürer entre autre ! C’était là une manœuvre de l’Église* pour éliminer ce rite du Char Naval* typiquement païen qui donna son nom au Car Naval et qui, subsistant, rappelait trop l’Ancienne Coutume honnie.
     Rappelons que la Fête* des fous, dont le centre semble être la cathédrale de Chartres°, faisait suite à la Fête de l’Ase/ Âne à l’occasion du solstice d’hiver (véritable date du Carnaval) “fêtes* dans lesquelles on trouve d’évidentes réminiscences des rites* odinistes” (G. de Sède). Et qu’était cette fête du solstice d’hiver ? Un rite* astrologique* : la gravure ci-dessus à gauche le confirme sans équivoque…

2-/
d’une folie, d’un excès du comportement (hybris) ? Dans l’article traitant du Narval*, nous verrons qu’il faut être un peu fou pour s’aventurer sur l’océan dans un coracle/ cailleach/ kayak pour chasser le narval ou le Wal/ “monstre céta”, que c’est folie de s'attaquer à plus fort et plus manœuvrier que soi sur leur propre domaine marin, et que c'était aller vers une sinistre mort glacée.

3-/
du “Mal de Merlin”, l’enthousiasme qui le caractérise avec celui de son double ou “jumeau” écossais Lailoken et avec celui de leur cousin irlandais Suibhne (Ph. Walter), mais qui est aussi celui du nordique Odhin/ Wotan* (Wotan it est furor) lorsqu’ils sont dans une phase d’excitation dans la recherche du Savoir !
          S’agissait-il là d’une folie au sens médical, de cette “mélancolie” (phase maniaco-dépressive) puisqu’on peut lire que Merlin est “mélancolique” lorsqu’il se “réfugie dans la forêt” – ce qui est en fait une image de l’initiation* dans le Bosquet sacré – pendant la saison sombre ou après avoir perdu le Grand Combat Guerrier ; tout comme Wotan* qui re-vient des bois sous le nom de Vidar après le Ragnarök ou Crépuscule/ Destin des Dieux, l’équivalent de la Gigantomachie grecque ?
          Cependant, Philippe Walter précise dans Le Devin maudit (Ellug, Grenoble 1999) que « La folie de Lailoken n’est pas pathologique et encore moins celle qui caractérise le nain de cour. Elle est la conséquence d’un désastre militaire [cf. Ragnarök]n. L’homme sauvage*, ici Lailoken, s’apparente sur ce point au guerrier mythique indo-européen* qui traverse rituellement une crise de folie lui aussi » : une crise de fureur mystique… pour sortir de “la ténèbre hivernale” !



Nain du Cratère grec d’Apulie : Tarchiès, Caput Oli, Mimir…

Chez les Grecs :


          Mômos (Momus en latin, cf. Mimir chez les Nordiques) était une sorte de bouffon pratiquant le sarcasme (cf. Loki in art. Hermès*) : on le représente avec un masque* !

Chez les Celtes* :


          Rappelons, au sujet de ces nains satiristes que tout enfant né différent (aveugle, boiteux, “nain”, etc.) était considéré comme ayant potentiellement des "pouvoirs" et était orienté vers la formation de Vate23 (cf. § Druide in art. Celtes*) avec une éducation fonctionnelle* différente de ses camarades : ainsi les enfants handicapés, mais cérébralement normaux, trouvaient leur place et leur utilité dans la communauté*. Nous avons déjà vu ce principe dans les civilisations primitives lorsque les accidentés du travail ou de la chasse devenaient artisans tel Vulcain/ Héphaïstos.
          Notre maître Dumézil à d’ailleurs dégagé de ses propres recherches le très enrichissant concept de “mutilation qualifiante”, ce qui est un attribut de chacun des dieux “païen” : Wotan le borgne est clairvoyant, Héraklès/ Vulcain est boiteux, mais un forgeron de talent, etc. (cf. art. Fonction*).
          Et, cela ne date pas d’hier : « La tombe mégalithique d’Ernes en Calvados avait une chambre centrale entourée d’une structure rayonnante en alvéoles comblées d’un remplissage stérile. Parmi les sépultures fut retrouvée celle d’un nain bossu à main bote et hanche luxée qui n’avait dû sa survie qu’au dévouement de la communauté. » Jacques Briard, Les Mégalithes, ésotérisme et réalité, Gisserot, 1997.
          (Chez les Égyptiens, c’était tout aussi systématique…)

          Puisque nous sommes chez les Celtes, constatons que Puck, l'esprit malin des Anglais, est un nain typiquement celtique, comme l’indique d’ailleurs son nom.



En Bretagne Ar c'horred (les nains) : ces petits êtres qui ne circulent que la nuit se cachent le jour dans les sidhs* de pierre karrek – sidhs qu’on nomme aussi des kourganes – sont des Korrigans “les habitants des pierres” (kor, kar) et il ne fallait pas être un grand devin pour… “deviner” que, manifestement, les Korrigans sont les habitants des Kourganes (tumulus, sidhs) ce qui montre bien qu'ils sont les "esprits", les Manes* de nos “bons” ancêtres, probablement les Alfes/ Elfes* des Ases, s’il y a correspondance entre les ethnies et leur mythologie.

          « Ils célèbrent leur fête* annuelle le premier mercredi de mai (Jour de Mercure/ Lug) au milieu des bois. Ils sont particulièrement à l’honneur à la Taverne des korrigans dans la jolie ville de Concarneau. » Une ville célèbre par sa fête folklorique des Filets Bleus et dont le nom breton est Konk Kern (Cairn), racine pré-indoeuropéenne* Krn qu’on retrouve évidemment dans le mot… kourgane :

          « En Vannetais, ils se nomment Ozegânned [Oze –> Ase]n ; ce sont les anciens occupants du sol armoricain avant l’arrivée des Gaulois et des Bretons et refoulés dans les tertres-aux-fées, dolmens, peulvans, menhirs, allées couvertes, à l’image des Fomorés irlandais ; mais à leur différence, ce sont des nains qui peuvent apparaître sous de multiples aspects. » J.-P. Persigout.

          On les appelle aussi Teusz, déformation péjorative – donc post-évangélique – de Tiwas (de l’indo-européen *Diew, cf. notre art. Dieu*) : “ils logent dans les grottes et sous les dolmens car la lumière du jour les tue” ! (cf. Sidh* de Newgrange).
          Comment ne pas penser à un base réaliste dans ces description lorsque l’on sait de nos jours que des enfants peuvent être héliophobes – la maladie orpheline appelée Xérodermapigmentosome – ce qui provoque chez les “gones” qui en sont atteint une allergie mortelle aux UV. Ces petits malades sont aussi appelés “les enfants de l’ombre” ou “les enfant de la Lune”.
          N’est ce pas eux que nous avons rencontrés dans le rite* d’initiation* de Newgrange en lisant l’article Sidh* ?

Màj 05 nov. 04. Au pays basque : Les Laminaks qui font divers travaux nocturnes dans les fermes, habitent le jour dans les grottes (autant dire sous terre). Ne vous laissez pas séduire par une Basquaise sans vous assurer de la forme de ses pieds au cas où elle serait une laminak car dans ce cas elles aurait des pieds de canard ou d’oie, (pé d’auca en langue d’Oc) : elle serait pédauque, comme la Reine !

Màj 3 fév. 06 : vu sur Pyrénées-fr.com : Les Petits Génies Gourmands.

          « Un soir, les laminak (petits génies féminins basques) vinrent à la ferme Kolttaltea au sud-est de Larrau (64), et réclamèrent à manger. La vieille femme qui filait la laine à la lueur du foyer leur prépara des oeufs au jambon. Les laminak revinrent le lendemain et les soirs suivants jusqu'au jour où le jambon vint à manquer. Soucieuse, la femme raconta l'histoire à son mari qui décida de se déguiser et de prendre sa place. Selon leur habitude, les laminak arrivèrent et l'homme leur servit un dernier dîner. Alors qu'elles repartaient, l'une d'elles, intriguée, resta et demanda à l'homme : « tu files bien maladroitement, ce soir ! Comment t'appelles-tu ?
Nihaurñe (moi-même) », répondit-il et il jeta sur la laminak le contenu de la poêle encore remplie de graisse bouillante. Sévèrement brûlée, elle courut rejoindre ses soeurs. « Mais qui t'a fait ça ? demandèrent-elles. – Nihaurñe, répondit la laminak. – Alors, dans ce cas, ne viens pas te plaindre ! » J. Daurel




Mise à jour du 3 fév. 06 : Dans la série des “monstres” médiévaux, ce curieux petit “nain* de Cour” “guisé” en singe, est “pédauque” (pé d’auca en occitan), ce qui lui permet d’avoir la Rune* de Vie/ Irminsul* – symbole* de la Connaissance – marquée sur ses pieds. Il tient un Irminsul quadridirectionnel (ou en 3-D).
         Cet Agolopes, nom dont les racines grecques ou latine ago donnent “conduire, amener, guider” (esp. et occ. agolar “amener”) et pes “pieds” en occitan – la langue des Trouvadous (Troubadours*) – “conduit donc/ guide sur les chemins de la Connaissance” ? Remarquons ici que la même Rune* est gravée – ou figure implicitement – sur la coquille “saint Jacques” des pèlerin de Compostelle (Combo Stella, “la Combe aux Étoiles”) célèbre lieu d’initiation* druidique au “Bout de la Terre” : le “Finisterre de Galice (E)” !



Notre moyen-âge chrétien est peuplé d’êtres mythiques parmi lesquels on trouve aussi « les Waliks24 qui se transforment à volonté en corneilles (cf. Kronos, l’Alt Ase) ou en louves (druidesses de l’Ordre du Loup) et se déplacent dans les airs à cheval » – ce qui est le moins qu’on puisse attendre d’Épona – tout comme Wotan avec sa “horde sauvage” dans cette nuit de Walburg-Is qui précède notre 1er Mai, tous personnages qui furent subitement ensorcelés… par l’Église* : quel appétit !


Màj 13 avril 03 : Voulez-vous lire maintenant un texte du siècle dernier concernant
la Fête des Fous lors du carnaval. Ce texte “bourgeoisement chrétien”
est loin de nos préoccupations de décryptage mais il peut vous amuser.
Cliquez alors sur ce bouton :
[festefol.pdf] et retour ici pour terminer !

          Les Skraelings ne sont pas à classer avec les Nains : ce sont les “Petites Personnes” ou “laiderons” des Sagas vikings (les landvaettir25 , cf. art. Elfes*) qu’on se plaît à reconnaître maintenant comme étant les Inouïts que rencontra Leif le “chanceux” Eriksson lorsqu’il effectua une reconnaissance en Terre de Baffin…

Folklore signifiant, ou superstition ? Chez les Écossais, l’arme absolue contre les lutins et les feux-follets était … le fer ! Souvenons-nous ici que le latin superstitio signifie “croyance”.

Remarque : Les Elfes*, “personnages” que nous avons effleurés ci dessus, sont traités dans un article séparé car ils ne sont pas des nains au sens post-évangélique (habituellement péjoratif), pas plus que les Dises ne sont des sorcières* puisque ce sont des déesses comme Vanadis/ Vénus, la Dise des Vanes, c’est à dire Freyja*, ou bien des Haguedises “les dises des tertres” c’est à dire des devineresses et des vestales, et aussi des Walkyries !


Et, maintenant, pour en finir ce jour avec les nains,
un petit mais intéressant supplément que nous n’avons pas voulu modifier :
« Les Nains entrent à l’Opéra : »

L’ANNEAU DU NIEBELUNG

     «« La première exécution de la tétralogie wagnérienne, L’Anneau du Niebelung (Der Ring des Nibelungen), a lieu à Bayreuth en août 1876 . Wagner y travaillait depuis 1848. Le point de départ en est, naturellement, dans l’épopée médiévale , avec d’importantes modifications, non seulement dans l’intrigue mais dans l’idée générale, et, pour cette dernière, dans deux directions successives. Au début de son travail (inauguré par un Essai sur les Nibelungen et une esquisse dramatique sur Le Mythe des Nibelungen), Wagner adhérait encore au romantisme révolutionnaire et à l’optimisme de Feuerbach: le héros est celui qui rend caduque la loi et proclame la libération de l’humanité. Dans les années suivantes, l’influence croissante de Schopenhauer modifie ce point de vue: Wagner admet l’affaiblissement du vouloir-vivre (effacement progressif de Wotan et même de Siegfried) et la décadence d’un monde rongé par la cupidité.

     Le prologue, L’Or du Rhin (Das Rheingold), commence par le rapt du trésor, confié à la garde des ondines du Rhin, par le nain, le Niebelung Alberich. Prologue dominé par la figure de Wotan qui fait construire par les géants Fasolt et Fafner la forteresse du Walhalla, siège futur de sa tyrannie. Ne voulant pas leur donner en récompense sa sœur, Freia, déesse de la jeunesse et de l’amour, il leur remettra de l’or. Grâce à une ruse de Loge, le dieu du feu, il fait prisonnier Alberich et se fait livrer par lui, outre l’or du Rhin, le heaume magique qui rend invisible et l’anneau magique de la puissance qu’Alberich a fait forger par son frère Mime avec une partie de cet or: faute irréparable, violation des traités que Wotan lui-même a donnés à l’univers. Tenté de garder pour lui au moins l’anneau, Wotan ne se résigne à s’en séparer que sur l’ordre d’Erda, l’esprit du monde; en échange de Freia, il remet tout le trésor aux géants, qui se battent dès qu’ils sont en possession de l’anneau; Fasolt est tué, Fafner s’éloigne avec son butin, tandis que Wotan consacre la demeure des dieux, où il accueillera les plus vaillants guerriers morts au combat.

     La Walkyrie (Die Walküre) se trouve quelques milliers d’années plus tard, chez les Walsung. Siegmund, fils humain de Wotan, y retrouve sa sœur, Sieglinde, mariée à Hunding, s’enfuit avec elle, après s’être emparé de Notung, l’épée de Wotan. Sur les injonctions de sa femme, Fricka, Wotan, qui comptait sur ce fils pour reprendre possession de l’or, se résout pourtant à le laisser périr. Malgré l’aide de la Walkyrie Brunhilde, émue par l’amour (incestueux) du frère et de la sœur, Siegmund périt, moins sous les coups de Hunding que sous ceux de Wotan qui brise Notung de sa lance. Brunhilde, fille préférée de Wotan et incarnation de sa volonté, s’est révoltée en vain; elle va retrouver ses compagnes, les autres Walkyries, et met à l’abri Sieglinde; mais, par sa désobéissance, elle a encouru la colère de Wotan. Ce dernier l’endort et la condamne à être soumise au premier homme qui la trouvera; mais il l’a fait entourer par Loge d’un cercle de flammes: il faudra du moins un héros pour franchir ce cercle et devenir son maître.

     Siegfried célèbre le triomphe de la jeunesse rayonnante, synthèse de l’action et de la joie. Fils de Sieglinde et de Siegmund, Siegfried seul réussit à re-forger les débris de Notung. Il tue ensuite Fafner, métamorphosé en dragon, boit son sang, communie ainsi avec la Nature, dont il comprend désormais les mystères. Il prend possession du heaume magique et de l’anneau, tue le nain Mime, qui voulait l’empoisonner; il est mûr pour prendre le pouvoir (rencontre avec Wotan, dont il brise la lance avec son épée) et connaître l’amour; guidé par l’oiseau, il franchit les flammes et réveille Brunhilde qui, après un moment de réticence, renonce au Walhalla et se voue à l’amour terrestre.

X2


     La tétralogie s’achève avec Le Crépuscule des dieux (Götterdämmerung). Le Frêne du monde a été abattu sur l’ordre de Wotan, qui renonce ainsi à son empire sur le monde; l’avenir dépend désormais du seul Siegfried. Brunhilde lui a donné son cheval, Grane, il lui a remis l’anneau; il est son bras, elle est son âme. Le monde sera sauvé par leur union. Mais Hagen, fils d’Alberich, incarnation de la ruse et de la cupidité, veut reprendre à Siegfried l’anneau que son père a forgé autrefois avec l’or du Rhin. Pour rompre l’union de Brunhilde et de Siegfried, il persuade le roi Gunther d’épouser Brunhilde et de donner Gutrune, sa demi-sœur, à Siegfried. Gutrune fait boire à Siegfried un philtre qui lui fait oublier Brunhilde; Siegfried offre à Gunther de l’aider à conquérir celle-ci en échange de la main de Gutrune. Brunhilde se voit arracher l’anneau de vive force par Siegfried, métamorphosé en Gunther grâce au heaume; vaincue, elle est livrée comme fiancée à Gunther; mais quand les deux couples sont présentés aux vassaux, Brunhilde aperçoit l’anneau au doigt de Siegfried et non de Gunther. Siegfried, accusé d’avoir trahi Gunther, proteste de son innocence et s’éloigne avec Gutrune. Brunhilde se croit trompée et pour se venger accepte l’aide de Hagen; elle lui révèle l’endroit où le corps du héros est resté vulnérable, et Hagen lui promet de tuer Siegfried au cours d’une partie de chasse. Sourd à l’avertissement des filles du Rhin qui le pressent de leur restituer l’anneau maudit, Siegfried s’accorde quelque repos en compagnie de Hagen et de Gunther; il boit le jus d’une plante qui lui rend la mémoire et raconte sa jeunesse et ses amours avec Brunhilde. Hagen frappe alors par derrière celui dont il a machiné la perte; avant de mourir, Siegfried remet le sort du monde entre les mains de Brunhilde. C’est elle effectivement qui domine toute la scène finale. Tandis que Gutrune s’abandonne au désespoir et que Gunther périt de la main même de Hagen à l’issue d’une querelle dont l’anneau est l’enjeu, Brunhilde reprend ce dernier et le passe à son doigt avant de sauter dans le bûcher qu’elle a fait élever pour consumer le corps de Siegfried. Le feu purifiera l’or et, par son sacrifice, la Walkyrie non seulement communiera avec celui qu’elle aime mais accomplira la rédemption du monde. Le Walhalla embrasé s’effondre, le Rhin en submerge les ruines et Hagen périt noyé en voulant reprendre l’anneau aux ondines. »» (cf. art. Atlantide* boréenne, Déluges* et Sirènes*, entre autres…)n
          Il s’agissait là de la citation intégrale d’une très bonne analyse, dans l’article du CD Universalis que, compte tenu du son sens et de sa densité, nous ne pouvions en aucun cas tronquer ! Nos lecteurs en trouverons quelques autres, dûs principalement à Régis Boyer et qui concernent la mythologie germano-scandinave (publicité gratuite!)


* * * * * * * * *
Mise à jour en forme de dictionnaire :
Liste et arributs des Nains germaniques
Vu sur - http://www.imperia-europa.org/-
Courrier du site : walhalla@imperia-europa.org

- Alberich ("le guetteur" ou "le prudent ; également Andvari ou Obéron dans sa forme francisée). Dans la version eddique des Nibelungen, nain ayant accumulé une immense richesse et proie de Loge qui avait besoin de sa fortune pour payer tribut à Hreidmar dont il avait tué le fils. Fou de rage, Alberich lança sur son trésor dérobé un anathème sans merci qui ne prit fin qu'avec l'extinction des lignées d'hommes qui touchèrent l'anneau maudit issu du fabuleux butin. Dans la version rhénane du mythe, c'est Siegfried qui soumet par la force Alberich qui se trouve contraint de le servir et de lui céder la Tarnkappe. Personnage périphérique dans les anciennes versions du mythe, Alberich voit son rôle croître dans L'anneau du Nibelung de Richard Wagner où il incarne la concupiscence et le pouvoir de l'argent qui cherchent à corrompre toute chose, d'où la malédiction proférée à l'endroit de l'anneau que lui dérobent les Dieux et qu'il n'aura de cesse de vouloir recouvrer.
(lire "Les Nibelungen (version eddique - Le tribut de la loutre)", "Les Nibelungen (version wagnérienne - L'or du Rhin, Siegfried, Le Crépuscule des Dieux)")
- Alvis ("le sage" ou "l'elfe") : Nain ou, comme le laisserait présager son nom, elfe noir versé dans l'art de la métallurgie qui reçut commande d'armes pour les Dieux en échange de la main de Thrud, fille de Donner. Opposé à cette union, le dieu du tonnerre attira Alvis dans un piège, ce qui lui permit de provoquer la mort du prétendant sans pour autant briser la promesse des Dieux.
- Austri ("l'est") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale de l'est dans la plupart des langues européennes.
- Brokk ("le forgeron") : Frère d'Eitri. Loge lui lança le défi que les nains seraient incapables de confectionner des objets aussi précieux que ceux qu'il ramenait du pays des elfes noirs. Eitri ayant fabriqué le verrat Gullinbursti, l'anneau Draupnir et le marteau Mjollnir, Brokk gagna son pari et cousit la bouche du dieu de la ruse à l'aide de la lanière nommée Vartari.
- Eitri ("le venimeux" ; également Sindri) : Frère de Brokk. Il confectionna le verrat Gullinbursti, l'anneau Draupnir et le marteau Mjollnir en réponse au défi que Loge avait lancé à son frère Brokk.
- Fjalar : Nain sournois qui, en compagnie de Galar, assassina le sage Kvasir afin de lui prendre son sang et d'en confectionner un hydromel capable de conférer le don de la poésie. Ayant par la suite tué le géant Gilling et son épouse, il fut contraint par le fils de ces derniers, Suttung, à lui remettre les chaudrons emplis du précieux breuvage. ("Le sang de Kvasir")
- Galar : Nain sournois qui, en compagnie de Galar, assassina le sage Kvasir afin de lui prendre son sang et d'en confectionner un hydromel capable de conférer le don de la poésie. Ayant par la suite tué le géant Gilling et son épouse, il fut contraint par le fils de ces derniers, Suttung, à lui remettre les chaudrons emplis du précieux breuvage. ("Le sang de Kvasir")
- Ivaldi ("celui qui règne sur l'if" ou "le très puissant") : Elfe noir, nain, voire surnom d'un dieu comme Ull qui préside à l'adresse au tir à l'arc. Ivaldi est d'une nature faisant l'objet de spéculations. Ses fils confectionnèrent pour les Dieux la chevelure de Sif, Gungnir, la lance de Wotan et Skidbladnir, le navire de Froh.
- Landvättir : Sorte de génies ou d'esprits de la nature qu'il importait de ne pas irriter ou effrayer, d'où la tradition de retirer les têtes de dragon qui servaient de figures de proue aux navires quand ceux-ci abordaient un rivage.
- Lit ("l'homme de couleur") : Nain qui eut la mauvaise inspiration de passer devant Donner au moment où celui-ci s'apprêtait à sanctifier le bûcher funéraire de Balder. Agacé, le dieu donna un coup de pied à Lit qui fut projeté dans le brasier. ("La mort de Balder")
- Nordri ("le nord") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale du nord dans la plupart des langues européennes.
 - Sudri ("le sud") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale du sud dans la plupart des langues européennes.
- Vestri ("l'ouest") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale de l'ouest dans la plupart des langues européennes
.


Une conclusion… quelque peu psychanalytique :


          Pourrions-nous faire remarquer combien l’image du “nain domestique” doit à l’aïeule ratatinée par l’âge comme une vieille pomme, elle qui fait le ménage et tricote quand les enfants sont déjà couchés et, en pendant, combien l’image du gnome (le “sait-tout”!) doit à l’aïeul chenu qui, de ses doigts tout tordus, fabrique ou répare les outils et les jouets de sa petite communauté* ?…
          Et combien l’image du géant doit au père “tout-puissant” qui part en forêt dès le matin “pour aller tuer le loup” ? Ce sont des archétypes* naturels et nos contes en ont gardé l’image dont nous avons déjà vu combien celle d’un “dieu* unique” doit à cette figure… infantile ! Géants que nous allons retrouver dans une la 2°# “Géants*” :

Biblio plus & Sites plus :
Grimm, Le petit gnome + T. Pratchett, Le grand livre des gnomes + <mythes-et-legendes.net>
…/…

…/…
1ère parution le 17 janv. 01, mise à jour du 16 mars 06

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