
Nous avons dû grouper ces deux termes car les explications des uns sappliquant bien souvent aux autres, leur différences ou leurs similitudes nécessitent donc cette proximité et, si la mythologie* 1 germano-scandinave met en scène deux grandes familles mythiques, les Ases et les Vanes, par un parallélisme certainement signifiant le monde terrestre post-évangélique décrit dans les Eddas et autres sagas autour des XIème/ XIIIème siècles, époque bénie des superstitions ou croyances dégradées, parlent de deux populations légendaires, les Géants et les Nains* :
« Paradoxe en apparence, les thèmes mythiques du nain et du géant sont en réalité étroitement unis : le nain peut toujours se transmuter en géant et inversement, et tous deux sont étroitement liés au symbolisme* du feu* souterrain volcanique et des métaux. » Alessandro Grossato, Le [splendide]n Livre des Symboles, Rocher 2000, Mondadori 1999.
« Géants et Nains, les premiers étant vraisemblablement des personnifications des grandes forces naturelles auxquelles restera toujours si sensible un bon Scandinave (avec persistances tenaces : Aegir = Okéanos, Jör = Terre, Thorr = Tonnerre, etc.), les seconds étant sans nul doute les morts, les grands ancêtres fondateurs de ces familles qui ne cesseront de constituer le centre même de la vie, sous toutes ses acceptions, dans le Nord. » Régis Boyer.
- 1/ Les Nains : sont en fait difficiles à cerner car leur folklore sest principalement développé au Moyen-Âge et ils ont pris de ce fait une apparence terriblement post-chrétienne.
Ce concept flou de nain peut alors recouvrir aussi bien les esprits des morts remarquables ou quelconques, ceux de la famille (génos, ing ×) depuis le tonton farceur jusquà la mémé rigolote en passant par le grand-père grincheux et la belle mère acariâtre. Il conviendra donc de lire aussi notre article traitant des Alfes et de leurs épouses, les Elfes*
Les Nains sont donc tous ceux qui reviennent, ce pourquoi ils sont des revenants, souvent pour faire des farces2 : ils font des niches comme en font les nordiques Nixes ! ou des embrouilles sur lécheveau de la Tisserande du Destin* et ce, selon leur caractère propre, caractère quils nous ont transmis à nous leurs héritiers en même temps que leurs gènes, source de nos qualités et de nos défauts. Ce qui reste deux sont leurs travaux, ferme, cultures et outils, et cest pourquoi on dit deux, en général, quils sont industrieux
- 2/ Les Géants ont les qualités de leur taille et ce sont : soit des forces de la nature tels les Daïmons* grecs et une partie des géants nordiques (jötnir, jotes ou thurs3 , voire les tardifs trôlls des supersttions nordiques), cest à dire des forces ni bonnes ni mauvaises en soi, mais éventuellement dangereuses quand elles sont affrontées sans réflexion (cf. Ötzi) ou lorsquelles sont déchaînées (Hyrrokin/ Ouragan ou bien Fenrir le sanguinaire) ; mais un fait est (fatum), elles sont, cest le destin*.
« Comme dans toutes les cosmogonies, au moment de la création du monde existait des êtres possédant une force redoutable que les mythes* associent ou mêlent aux divinités primordiales. Aux Cyclopes et Hécatonchires grecs répondent les géants nordiques, personnification des cataclysmes qui façonnèrent la Terre à son origine. Naturellement bruyant (grondements volcaniques ou célestes) et sans manières (ouragans, gels, incendies et tremblements de terre) les géants participent cependant à lorganisation du monde des dieux puis des hommes avec qui ils sassocient ou terrorisent suivant les circonstances. » R.J. Thibaud, Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Nordique et Germanique, Dervy, 1997.
Mais ce mot géant peut aussi avoir figuré les Grands par lEsprit ! Ceux-là sont des Ases (Sages, Mages), ou bien ils furent leurs géniteurs
Les Nains seraient-ils donc seulement un artefact post-chrétien ?
Quoique la mythologie nordique nous dise que les nains sont nés du sang de Brimir et des membres de Blain, qui sont deux aspects du Géant primordial Ymir ils sont donc issus de la chair même de lancienne terre nous ne devons pas oublier que les mythologies* nordiques étaient déjà soumises au lessivage culturel de la nouvelle foi depuis deux à quatre siècles. Il se pourrait donc bien quil faille répondre oui à cette question car lÉglise*, dans son combat concurrentiel contre lancienne coutume nordique quelle nomma Paganisme*, a intensément diabolisé la culture de nos ancêtres celto-germaniques ce qui, malheureusement, cétait en fait son but, a modifié durablement le système de valeurs* qui était le leur, ce que les philisophes appellent leur weltanschauung : leur conception de monde et de la vie.
Ainsi, par exemple, les Nains et les Géants qui étaient des symboles pédagogiques sont restés très présents dans la littérature médiévale qui en était friande, mais ils y ont été de plus en plus traités dune manière péjorative jusquà appartenir totalement à ce que nous appelons maintenant que nous préférons les classifications à la vie bouillonnante le folklore de superstitions.
Monnaie gallo-romaine
Un distinguo nécessaire :
Il semble bien que dès lorigine la distinction a été faite chez les Nordiques4 entre :
- lEsprit/ Elfes* des ancêtres appelé à la rescousse par leurs descendants pour leur suggérer une solution face à une quelconque difficulté de la vie ;
- et les grandes forces de la nature (Thurs/ Daïmons).
En effet, dans leur mythe* des origines, les nains ne sont pas ces Elfes blancs puisquils sont des vers nés de la putréfaction du corps dYmir, lHermaphrodite primordial figurant la matière terrestre originelle et en ce sens ils sont analogues aux daïmons grecs qui sont les forces créatrices de la nature avant même lapparition de lhomme.
LES NAINS NORDIQUES
Les vers qui proliféraient sur le cadavre dYmir furent transformés par les Dieux* en nains, des esprits non encore évolués, tous mâles donc incapables de procréer, vivant sous terre ou sous les montagnes.
Une triade de nains ? Dans la mythologie* nordique, sils sont nés des larves (cf. les larvae de la mythologie romaine) qui rongeaient le cadavre dYmir, le fait que lun deux sappelle Eggmoïn, ce qui en vieux norois signifie frappé par le glaive, tend à prouver que les nains étaient les esprits des morts, et dans ce cas particulier, celui dun combattant qui défendait sa terre héréditaire, ce qui en fit un héros.
Un autre se nomme Andvari tourbillon, le gardien du souffle ou principe vital : il possédait un trésor en or qui se renouvelait sans cesse (cf. le concept de kenning ou métaphore nordique à récurrence culturelle, TT) ou bien, tuait ceux qui le possédait (c. à d. qui lui avaient volé). Cf. lOr du Rhin, cycle des Niebelungen, infra.
Son collègue Fjalar, est un Nain qui tue Kvasir avec la complicité de Galar ou (et) lun des deux coqs rouges, avec Gullinkambi crête dor. Il proclame la guerre lors du Ragnarök par un seul cri. Avec son sang et du miel, les nains créent lhydromel (couleur dOr), une boisson qui rendait savant et skalde (poète) ceux qui en buvaient et faisaient les délices des Dieux et des guerriers demeurant dans la Walhalla.
Quatre nains supportent aussi la voûte du ciel constituée du crâne dYmir, aux quatre points cardinaux : ce sont Nordri au Nord, Ostri ou Austri à lEst, Sudri au Sud et Westri à louest.
Loki distribue lartisanat à Brokk et à Eitri son frère (Être ou ne pas être, cest là, la question). Ils construisent le bateau Skidbladnir donné à Freyr, le dieu Vane marin de la fécondité
(ceux du rivage atlantique). Ils fabriquent aussi la chevelure dor de Siff et la lance Gungnir épée frémissante dOdhin/ Wotan. Ils fabriquent encore le verrat aux soies dor Gullinbursti offert à Frey ; le merveilleux anneau dor Draupnir qui dure 9 jours (mois, gestation) et qui réapparaît avec 8 autres ; et le célèbre marteau de Thor ; la parure des Brisingar portée par Freyja ; et la porte grillagée du Walhalla

Les nains sont donc des êtres industrieux, parfois bienveillants parfois maléfiques comme lest la technique. Ils habitent sous terre, à Svartalfaheim pays des Alfes noirs et nous avons vu dans larticle Elfes* quils sont regroupés en trois genres (ou Fonctions*) :
- les bons qui sont les Alfes de lumière et leurs épouses, les Elfes les Alfes blancs, tels Balder ou Albaron ;
- les neutres, avalés par le grand Raz-de-marée de la Mer du Nord avant davoir fait leurs preuves : ceux qui nont pas atteint leur épanouissement5 ;
- et les mauvais qui sont les Alfes noirs, tel laffreux Loki souvent confondu avec les nains. En effet Locksnätt filet du nain (Nöt knot : nud, nécessité) est le nom du filet inventé par Loki et cette kenning est la preuve que Loki est lui aussi un nain et non un Dieu du panthéon norique (cf. art. dHermès* à Loki) car on dit bien quil était là avant les Dieux*
* * * * * * * * *
Màj 5 nov. 04 proposée par notre visiteur bricema@
« J'en sais un quinzième
Que le nain Thjodrörir
Chanta devant les portes de Dellingr
Par ses charmes6 donna la force aux Ases
Aux Alfes, le renom
La clairvoyance à Hroptatyr ( Odin )
Les Havamal - strophe 160
Thjodrörir signifie celui qui met le peuple en mouvement. On ne sait rien de cet être mythique.
Dellingr est le père de Dagr (jour). Les portes de Dellingr seraient laurore*, mais le sens est discuté. Il est possible pourtant, quune idée déclat, de luminosité, entre dans le nom de Dellingr. » LEdda poétique traduite par R.Boyer.
Note de B. M. : Le nain trouve ici son rôle d'artisan" (forgeron/poète) des Dieux*. L'on retrouve le chant qui permet de faire apparaître fabriquer divers pouvoirs aux Dieux [les charmes, du lat. carmen]. Mais, peut être est ce une explication trop simpliste
Alu7 !
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Dautres nains se nomment : Modsognir respire courage, Dvalin au sommeil léger, Oin flot ondoyant et Andvari pataugent dans leau. Dextérité, ruse, finesse, incessante activité sont leurs qualités. Volund est le nain forgeron des dieux (allem. Wieland, angl. Wayland. Irl Goibniu). Il y a aussi Durin8 , et dautres qui naquirent dans les terres boueuses (limon) Aurvangard, à Svaringshaug le tertre funéraire et dans les plaines des Ioruvellir ou plaines sablonneuses (cf. Helgoland in art. Atlantide*).
Hulduvolk le Peuple de Huld est le nom donné aux nains au sens générique en Scandinavie. La racine Huld renvoie à la signification caché, occulte, celé (ce qui est dailleurs le sens de calypso chez les Grecs, cf. Ulysse*).
Ainsi le système ternaire serait-il bien plus vaste que celui décrit par notre maître Dumézil sous le nom didéologie trifonctionnelle* des Indo-européens* et qui sétend à la famille des Dieux* immortels comme à la société des humains. On peut alors penser quil recouvre tous les domaines : de lombre à la lumière en passant par toutes les nuances de gris ou de couleurs9, par toutes les températures du feu à la glace en passant par le chaud, le tempéré et le froid, et enfin depuis les trois genres grammaticaux jusquaux trois niveaux de la pédagogie initiatiques* des Ases° ou Druides°, en passant par les trois niveaux triadique dexplication des Runes* sacrées et de la Kala des Troubadours* (ce que nous avons tenté de traiter dans leur article).

Des artisans de la troisième fonction* ?
Chez les Nordiques : dans leur mythologie, Ivaldi du bois des ifs est le père des nains qui fabriquèrent le bateau Skidbladnir (une sorte de cailleach/ coracle/ kayak pliant offert à Freyr ou Wotan). Ils fabriquèrent aussi les cheveux dor de Siff ainsi que Gungnir, la lance dOdhin/ Wotan*, nous lavons vu : tout ceci en fait de merveilleux artisans de troisième fonction* fabriquant des objets, symboliques des trois fonctions, et lon aura aussi présent à lesprit ce côté Vane (des Goïdéliques, Gaëls, Éburons?) chaque fois quon sera en présence dun nain de la mythologie nordique.
Les Nains se présenteraient donc comme une opposition fonctionnelle avec ces géant par lesprit que sont les Ases de la première fonction !
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Si lon sen tient à leur nom qui est généralement un qualificatif, les nains symbolisent souvent un caractère, une de leurs qualités : Tout savant, Elfe, paresseux10, Nainn esprit dun mort (du gothique Naus/ Ná mort), Oinn le craintif (le daim) : ce sont donc des types psychologiques et non des classes!
Le manichéisme du bien et du mal, ou du divin et du diabolique, était inconnu chez nos nordiques ancêtres, car lhomme vivait au milieu du Cosmos, en Midgard, neutre : soit il tendait vers la lumière, le divin, et il devenait ainsi un demi-dieu, Ase ou Héros (cf. le concept de surhomme de Nietzsche) ; soit il était nuisible à sa communauté, à sa famille et à lui-même lorsquil tendait vers le noiraud Loki; et il était alors
banni du clan* !
Blancs ou noirs, une grande famille
Zwergen pour les Allemands, Dwarves pour les Anglo-Saxons, nos nains portent évidemment des noms scandinaves dans les Eddas les Contes de la Vieille : Nyi, Nidi, Nordri (Nordiste), Sudri (Sudiste), Austri (oriental), Vestri (occidental), Althiolf ("Voleur Puissant, Mighty Thief"), Dvalin, Nar, Nain, Niping, Dain, Bifur, Bofur, Nori, Ori, Onar, Oin, Modvitnir ("Loup de Prairie, Mead-Wolf"), Vig, Gandalf ("Alfe magicien, Magic Elf"), Vindalf ("Alfe du Vent, Wind Elf"), Thorin, Fili, Kili, Fundin, Vali, Thror, Throin, Thekk, Lit, Vitr, Nyr, Nyrad, Rekk, Radsvinn ("Prompt Conseil, Swift in Counsel"), Draupnir, Dolgthvari, Hor, Hugstari, Hlediolf, Gloin, Dori, Ori, Duf, Andvari, Heptifili, Har, Siar, Skirpir, Virpir, Skafinn, Ai, Alf, Ingi, Eikinskialdi ("Bouklier de chêne, Oak Shield"), Fal, Frosti, Finn, Ginnar. Une petite partie dentreux figure sur une fiche individuelle (infra et abmytnor*)
Pour les Romains :
Si ces esprits sont bons, ce sont des Mânes* et, sils sont mauvais ce sont des Lamies11 et il semble bien sils sont neutres, quils aient été des Lar(v)es confirmant les trois genres grammaticaux ou fonctionnels que nous venons de voir chez les Elfes.
Après lévangélisation :
Les nains sont devenus une variété de lutin lutineur, de follet un peu fol, de nuiton nocturne (mais ce mot vient du latin neptunus, en germain nettuo) :
« Les caveaux du château de Marsan auraient servi autrefois de demeure à une peuplade étrangère, nommée Lutons, Nutons ou Sottais. Ils étaient de petite taille et exerçaient divers métiers; les gens du pays allaient déposer à l'entrée les objets qu'ils voulaient faire raccommoder, avec le salaire qu'ils supposaient exigible, et le lendemain ils trouvaient à la même place l'objet réparé. »
Citons encore le korrigan12 (ou corandon) un petit esprit breton courant nuitamment dans les landes. Ceux de Périac-sur-mer (L-A) se cachent sous les flots, gardant une cité engloutie ÅYs, avec ses nombreux trésors, qui est le pendant breton de notre Atlantide* boréenne.
On trouve aussi la variété de nuchette des forêts du Hainaut, et autre gnôme13 connaissant, ainsi que celle de barbet barbu et de foulot nivernais ou de foulat dauphinois, de cular ou dray forézien, de drac du Sud-Est, de fadet berrychon, de farfadet, de kobold14 ou gobelin normand, de moine bourru picard, de pacolet morvandiau, de servant dauphinois15 et matagot savoyard, sans oublier les jetin, sotrès, couril, ozegan, lutarne, lamigna, mourmouse recensés par Claude Lecouteux (Les Nains et les Elfes au moyen-âge, Imago, 1988).
Ce à quoi il faut ajouter les sindri, tarans, hogoblins, trolls, gremlins, portunes bogies ou bogles et les, brownies et pixies si typiquement anglais et leurs cousins celtes des îles : les grogoch, dullahan (Thulan?), merrows (méropes), banchies (druidesses > fées) et le fameux leprechaun
Contrefaits ?
Par lÉglise*, cest certain, car dans la Rome christianisée il fallait continuer à se défaire de lomniprésence de ce nain accultureur de leurs ennemis étrusques, Tagès16 (ci dessous, une intaille du IIème siècle), ou de de la tête dOli au Capit-ole venant dune autre ethnie, plus celtique

En effet, une des curiosités de la mythologie étrusque est cette tête de Tagès (Pava Tarchiès) enfantine sur un corps chenu (lutin17), qui apparut un jour dans un champ nouvellement labouré (rite* de fondation), et qui dicta à son auditoire frappé de stupeur (pava) la Doctrine qui devait être la source de toute la sagesse divine étrusque, puis il disparut à nouveau dans le sol18 . Cette tradition se retrouve à de nombreuses reprises sur les céramiques grecques et figure même sur un monument élevé en l'honneur dun dramaturge antique.
Vous n'aurez pu, bien sûr, vous empêcher de penser à la tête de Mimir (mémoire/ murmure) qui ouvrit à Odhin/ Wotan* les portes de la Connaissance (ou à celle dOle/ Oli qui est enfouie au Capitole < caput oli, mais aussi celle du Celte Bran Bendigeit ou celle du Grec Orphée). Pour ce faire, il transmit donc à Wotan lart des Runes* secrètes qui étaient, à lorigine, une symbolique* permettant la transmission dun savoir supérieur, le Grand Secret (cf. aussi § mystères, in art. Initiation*).
Rappelons donc ici ce mythème : après la Guerre de Fondation*, les Ases et les Vanes signèrent la paix et échangèrent dotages divins selon la coutume nordique (ou Dorienne, cf. lart. Caducée*). Les Ases envoyèrent Hnir (ou Vili, un des éléments du trinêtre wotanien qui est celui qui donne lintelligence vit, et le mouvement hroering au premier couple dhumains Askr et Embla), ainsi que Mimir/ Mémoire chez les Vanes car Hnir était le plus digne dêtre un chef. Et les Vanes échangèrent Njördh, le plus avisé de leur groupe, avec les Ases. Mais, rapidement, les Vanes pensèrent quon les avait trompé parce que Hnir ne se décidait jamais sans prendre le conseil de Mimir qui est la somme Mémoire plus Écriture* et qui est donc une super-mémoire. Très en colère, les Vanes coupèrent la tête de Mimir et lenvoyèrent à Odhin/ Wotan* qui la conserva vivante grâce à des plantes médicinales secrètes et à sa magie*, afin de la consulter quand le besoin sen ferait sentir !
Les Nains sont-ils des symboles :
« Les différents poucets et dactyles sont fréquemment associés au symbole* freudien du chapeau, du couvre-chef. Dioscures et Cabires portent la coiffure pointue le pileus des affranchis à Rome qui se transmet comme un emblème secret dans certains mystères religieux et devient la coiffure dAttis, de Mithra19, puis des :
[gnomes.pdf]
(< clic sur ce bouton pour lire maintenant un supplément.pdf concernant les gnomes, puis retour automatique ici pour terminer cet article)
de gnomes et des lutins et, finalement, des sept nains du conte de Grimm (ß). Certains animalculistes prétendent même avoir vu dans un spermatozoïde un homonculus coiffé à la façon dun capuchon. Ce chapeau coiffant les poucets semble à la fois mettre en évidence un schème très freudien de pénétration et constituer un processus de minimisation du chef, cest-à-dire de la virilité. Car ces formes lilliputiennes, Bès égyptiens comme lutins, fadets, farfadets, gobelins, follets et hannequets de la mythologie française et germanique, sont des êtres quaffectionnent surtout le cur des femmes partagées entre la crainte et lespoir (Dontenville).
Remarquons que leur capuchon passe pour être aussi la coiffe du Chaperon Rouge mais il n'y a plus d'ambiguïté phallique ici, car il s'agit d'un chaperon : au Moyen-Âge il s'agissait d'une "coëfe à bourlette" avec une queue, ce qui désigne aussi une couronne de fleurs comme s'en font les enfants avec des liserons de Mai ou les petits Alsaciens avec lestival houblon quoique ceci nempêche pas dautres représentations symboliques du Chaperon rouge

Ce chaperon est devenu le Chapeau de Mai garni des fleurs blanches de laubépine ou des roses de nos Rosières, des Maïa, des Flore et de toutes nos Belles de Mai
« Le folklore insiste sur le rôle ménager, domestique de tout ce petit monde : les nains légendaires font la cuisine, cultivent le potager, tisonnent le feu, etc
Ces figurines réduites, pleines de gentillesse et de mignardise, comme lécrit Schuhl, malgré les valorisations négatives quessaie de leur donner le christianisme, demeurent dans la conscience populaire comme de petites divinités malicieuses, certes, mais bienfaisantes. »
Étymologies :
« Dontenville singénie pour découvrir les attaches étymologiques de ce petit monde. Il rapproche Korrigan de Gargan par lintermédiaire du breton karrek qui signifie pierre. Le Korrigan est un Gargantua inversé, de même que le lutin serait un Netun, un Neptune (Poséidon) minimisé, isomorphe phonétiquement, avec luiton, nuiton, et les qualités nocturnes (?) de ce vocable. Les fadets, les farfadets sont des fées, miniatures féminisées du monde solaire, tels Aubéron (Alb aron)n le petit roi de faierie, beau comme le soleil, portant un cor (corne)n en ivoire qui guérit, nourrit [cf. le biberon de Zeus* et lart. Abondance]n et désaltère [
]
« Quand aux fameux Gobelins qui sapparient dans les rivières avec les couleuvres, cest le Kobold germanique, frère des Coboli sarmates et des Cobaloï grecs, petits nains hilares de la suite du dieu féminoïde Dionysos. » Gilbert Durand, Structures anthropologiques de lImaginaire, Dunod, l988.
Ainsi nos kobolds seraient de petits Pans : on comprend quils aient un petit capuchon rouge symbole* des magiciens comme leur petite sur, la nymphette nommée le petit chaperon rouge (cf. Leroy, in revue Irmin)
Tout ceci est intéressant
mais semble oublier que cette racine karrek se trouve en pré-indo-européen dans KRG : les kourganes sont faites comme tout tumulus qui se respecte dun empilement de pierres, en encorbellement cest à dire en forme digloo (cf. notre article Borrie*, Nourraghe et Cie ainsi que § Newgrange in art. Sidh*) : Ces Korrigans qui se cachent sous les pierres au lever du soleil sont donc les habitants des
Kourganes !
Ce qui nempèche pas un de nos visiteurs de suggérer que : « Les nains, selon ce que je sais d'eux, ce sont des morts ,auxquels les Dieux* accordent des dons pour faire leur justice en venant tourmenter, ou soumettre les mortels à des épreuves : On les appelle nains du fait de la posture ftale des corps dans les tombes ! Quand aux géants* [cf 2ème #], selon certaines recherches, ils y en aurait eu effectivement, et les plus grands d'entre nous en conservent certains gènes
» Jean-françois@, màj 5 fév.06.
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Les Nains de Cour :
Il y a aussi eu collision, nous semble-t-il, avec le Fou du Roi, un individu souvent nain par la taille, intelligent, observateur, moqueur, bouffon doù leur nom de bouffons médiévaux, souvent atteints du syndrome de Williams
Ce nain ou fol était le conseiller satiriste du roi. Gardien de lAncienne Culture, il portait le traditionnel bonnet rouge à trois pointes20 et à grelots, comme les Lapons le font toujours ! Ce fol était en principe intouchable, mais il fut souvent la victime des cabales (des chienneries en celtique) des intrigants de Cour manipulés par lÉglise*, ces lobbies avant la lettre, car il est évident que le roi était bien plus facilement manipulable sans lui ! Ce descendant du barde Taliésin se rapproche fortement de Tagès au point den être le frère juré (lhypostase).
Le Fol : « Dans les sociétés païennes dEurope, la musique, les chansons et la danse* étaient intimement liées à lexpérience du sacré*. Dans la société médiévale le bouffon était une figure importante de la cour. Le roi, comme ses seigneurs vassaux, avaient leur fou qui les divertissait. Limage qui reste aujourdhui est celle dun clown, mais le fou était beaucoup plus que cela. Sous le masque* du bouffon se dissimulait un barde ou un homme sage (le wita). Car le fou est celui qui sest brûlé à la flamme du savoir sacré. Cest un initié* aux mystères ésotériques. Le fou du carnaval° est à cet égard un exemple frappant (
) Le Fou du Carnaval était lêtre éveillé. À ce titre, il pouvait tout dire, tout révéler sans crainte, dépositaire du savoir et des secrets. » J.P. Ronecker, ABC des Runes, Grancher 1993.
Rappelons que dans les Îles Britanniques, pour les fêtes* saluant lapparition du soleil nouveau lÉpiphanie ou Héliophanie une vieille femme aux oripeaux criards appelée Bessy portait une queue de vache qui sortait sous sa robe. Dautres personnages sy rencontraient, tels le fou revêtu dune peau de veau dont la queue pendait sur le sol et qui portait un bâton orné dune vessie gonflée21, ou un autre qui portait traditionnellement un capuchon en peau de renard (!) portant aussi la queue pendante : il erst facile de remarquer que tous ces fous sont très dionysiaques !
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Du Fol Astrologue à la Nef des fous
en route vers la Narragonia
Pline affirme dans son Liber IV que l'on embarquait pour Thulé à partir de l'île de Narigon. Coupi@
Doù le nom du fol médiéval a-t-il pu venir ?
1-/ Dune traduction du germanique Narr ? Nous verrons dans larticle Narval* quen allemand, ce Narrschiff ou Narrenschiff joue sur un double jeu de mots car Nachen et Kahn sont équivalents et signifient canot, bateau (linversion des consonnes est un procédé connu des linguistes) et Narr signifie aussi fou, mais aussi fol, bouffon, tout comme chez nous
En tout cas, ces Fols porteurs de lantique bonnet à trois pointes des Ases nordiques qui colportaient la Minne (Mémoire culturelle nordique, cf. art. Troubadour*) de la Laure/ lore (connaissance) populaire22 dans les cours royales, furent définitivement ridiculisés par lastucieux conte de Sébastien Brandt, le bienveillant évêque de Bâle qui écrivit La Nef des Fous.
À preuve, la floraison de gravures et de peintures les moquant qui suivirent sa publication, celles du génial Dürer entre autre ! Cétait là une manuvre de lÉglise* pour éliminer ce rite du Char Naval* typiquement païen qui donna son nom au Car Naval et qui, subsistant, rappelait trop lAncienne Coutume honnie.
Rappelons que la Fête* des fous, dont le centre semble être la cathédrale de Chartres°, faisait suite à la Fête de lAse/ Âne à loccasion du solstice dhiver (véritable date du Carnaval) fêtes* dans lesquelles on trouve dévidentes réminiscences des rites* odinistes (G. de Sède). Et quétait cette fête du solstice dhiver ? Un rite* astrologique* : la gravure ci-dessus à gauche le confirme sans équivoque
2-/ dune folie, dun excès du comportement (hybris) ? Dans larticle traitant du Narval*, nous verrons quil faut être un peu fou pour saventurer sur locéan dans un coracle/ cailleach/ kayak pour chasser le narval ou le Wal/ monstre céta, que cest folie de s'attaquer à plus fort et plus manuvrier que soi sur leur propre domaine marin, et que c'était aller vers une sinistre mort glacée.
3-/ du Mal de Merlin, lenthousiasme qui le caractérise avec celui de son double ou jumeau écossais Lailoken et avec celui de leur cousin irlandais Suibhne (Ph. Walter), mais qui est aussi celui du nordique Odhin/ Wotan* (Wotan it est furor) lorsquils sont dans une phase dexcitation dans la recherche du Savoir !
Sagissait-il là dune folie au sens médical, de cette mélancolie (phase maniaco-dépressive) puisquon peut lire que Merlin est mélancolique lorsquil se réfugie dans la forêt ce qui est en fait une image de linitiation* dans le Bosquet sacré pendant la saison sombre ou après avoir perdu le Grand Combat Guerrier ; tout comme Wotan* qui re-vient des bois sous le nom de Vidar après le Ragnarök ou Crépuscule/ Destin des Dieux, léquivalent de la Gigantomachie grecque ?
Cependant, Philippe Walter précise dans Le Devin maudit (Ellug, Grenoble 1999) que « La folie de Lailoken nest pas pathologique et encore moins celle qui caractérise le nain de cour. Elle est la conséquence dun désastre militaire [cf. Ragnarök]n. Lhomme sauvage*, ici Lailoken, sapparente sur ce point au guerrier mythique indo-européen* qui traverse rituellement une crise de folie lui aussi » : une crise de fureur mystique
pour sortir de la ténèbre hivernale !

Nain du Cratère grec dApulie : Tarchiès, Caput Oli, Mimir
Chez les Grecs :
Mômos (Momus en latin, cf. Mimir chez les Nordiques) était une sorte de bouffon pratiquant le sarcasme (cf. Loki in art. Hermès*) : on le représente avec un masque* !
Chez les Celtes* :
Rappelons, au sujet de ces nains satiristes que tout enfant né différent (aveugle, boiteux, nain, etc.) était considéré comme ayant potentiellement des "pouvoirs" et était orienté vers la formation de Vate23 (cf. § Druide in art. Celtes*) avec une éducation fonctionnelle* différente de ses camarades : ainsi les enfants handicapés, mais cérébralement normaux, trouvaient leur place et leur utilité dans la communauté*. Nous avons déjà vu ce principe dans les civilisations primitives lorsque les accidentés du travail ou de la chasse devenaient artisans tel Vulcain/ Héphaïstos.
Notre maître Dumézil à dailleurs dégagé de ses propres recherches le très enrichissant concept de mutilation qualifiante, ce qui est un attribut de chacun des dieux païen : Wotan le borgne est clairvoyant, Héraklès/ Vulcain est boiteux, mais un forgeron de talent, etc. (cf. art. Fonction*).
Et, cela ne date pas dhier : « La tombe mégalithique dErnes en Calvados avait une chambre centrale entourée dune structure rayonnante en alvéoles comblées dun remplissage stérile. Parmi les sépultures fut retrouvée celle dun nain bossu à main bote et hanche luxée qui navait dû sa survie quau dévouement de la communauté. » Jacques Briard, Les Mégalithes, ésotérisme et réalité, Gisserot, 1997.
(Chez les Égyptiens, cétait tout aussi systématique
)
Puisque nous sommes chez les Celtes, constatons que Puck, l'esprit malin des Anglais, est un nain typiquement celtique, comme lindique dailleurs son nom.

En Bretagne Ar c'horred (les nains) : ces petits êtres qui ne circulent que la nuit se cachent le jour dans les sidhs* de pierre karrek sidhs quon nomme aussi des kourganes sont des Korrigans les habitants des pierres (kor, kar) et il ne fallait pas être un grand devin pour
deviner que, manifestement, les Korrigans sont les habitants des Kourganes (tumulus, sidhs) ce qui montre bien qu'ils sont les "esprits", les Manes* de nos bons ancêtres, probablement les Alfes/ Elfes* des Ases, sil y a correspondance entre les ethnies et leur mythologie.
« Ils célèbrent leur fête* annuelle le premier mercredi de mai (Jour de Mercure/ Lug) au milieu des bois. Ils sont particulièrement à lhonneur à la Taverne des korrigans dans la jolie ville de Concarneau. » Une ville célèbre par sa fête folklorique des Filets Bleus et dont le nom breton est Konk Kern (Cairn), racine pré-indoeuropéenne* Krn quon retrouve évidemment dans le mot
kourgane :
« En Vannetais, ils se nomment Ozegânned [Oze > Ase]n ; ce sont les anciens occupants du sol armoricain avant larrivée des Gaulois et des Bretons et refoulés dans les tertres-aux-fées, dolmens, peulvans, menhirs, allées couvertes, à limage des Fomorés irlandais ; mais à leur différence, ce sont des nains qui peuvent apparaître sous de multiples aspects. » J.-P. Persigout.
On les appelle aussi Teusz, déformation péjorative donc post-évangélique de Tiwas (de lindo-européen *Diew, cf. notre art. Dieu*) : ils logent dans les grottes et sous les dolmens car la lumière du jour les tue ! (cf. Sidh* de Newgrange).
Comment ne pas penser à un base réaliste dans ces description lorsque lon sait de nos jours que des enfants peuvent être héliophobes la maladie orpheline appelée Xérodermapigmentosome ce qui provoque chez les gones qui en sont atteint une allergie mortelle aux UV. Ces petits malades sont aussi appelés les enfants de lombre ou les enfant de la Lune.
Nest ce pas eux que nous avons rencontrés dans le rite* dinitiation* de Newgrange en lisant larticle Sidh* ?
Màj 05 nov. 04. Au pays basque : Les Laminaks qui font divers travaux nocturnes dans les fermes, habitent le jour dans les grottes (autant dire sous terre). Ne vous laissez pas séduire par une Basquaise sans vous assurer de la forme de ses pieds au cas où elle serait une laminak car dans ce cas elles aurait des pieds de canard ou doie, (pé dauca en langue dOc) : elle serait pédauque, comme la Reine !
Màj 3 fév. 06 : vu sur Pyrénées-fr.com : Les Petits Génies Gourmands.
« Un soir, les laminak (petits génies féminins basques) vinrent à la ferme Kolttaltea au sud-est de Larrau (64), et réclamèrent à manger. La vieille femme qui filait la laine à la lueur du foyer leur prépara des oeufs au jambon. Les laminak revinrent le lendemain et les soirs suivants jusqu'au jour où le jambon vint à manquer. Soucieuse, la femme raconta l'histoire à son mari qui décida de se déguiser et de prendre sa place. Selon leur habitude, les laminak arrivèrent et l'homme leur servit un dernier dîner. Alors qu'elles repartaient, l'une d'elles, intriguée, resta et demanda à l'homme : « tu files bien maladroitement, ce soir ! Comment t'appelles-tu ?
Nihaurñe (moi-même) », répondit-il et il jeta sur la laminak le contenu de la poêle encore remplie de graisse bouillante. Sévèrement brûlée, elle courut rejoindre ses soeurs. « Mais qui t'a fait ça ? demandèrent-elles. Nihaurñe, répondit la laminak. Alors, dans ce cas, ne viens pas te plaindre ! » J. Daurel

Mise à jour du 3 fév. 06 : Dans la série des monstres médiévaux, ce curieux petit nain* de Cour guisé en singe, est pédauque (pé dauca en occitan), ce qui lui permet davoir la Rune* de Vie/ Irminsul* symbole* de la Connaissance marquée sur ses pieds. Il tient un Irminsul quadridirectionnel (ou en 3-D).
Cet Agolopes, nom dont les racines grecques ou latine ago donnent conduire, amener, guider (esp. et occ. agolar amener) et pes pieds en occitan la langue des Trouvadous (Troubadours*) conduit donc/ guide sur les chemins de la Connaissance ? Remarquons ici que la même Rune* est gravée ou figure implicitement sur la coquille saint Jacques des pèlerin de Compostelle (Combo Stella, la Combe aux Étoiles) célèbre lieu dinitiation* druidique au Bout de la Terre : le Finisterre de Galice (E) !

Notre moyen-âge chrétien est peuplé dêtres mythiques parmi lesquels on trouve aussi « les Waliks24 qui se transforment à volonté en corneilles (cf. Kronos, lAlt Ase) ou en louves (druidesses de lOrdre du Loup) et se déplacent dans les airs à cheval » ce qui est le moins quon puisse attendre dÉpona tout comme Wotan avec sa horde sauvage dans cette nuit de Walburg-Is qui précède notre 1er Mai, tous personnages qui furent subitement ensorcelés
par lÉglise* : quel appétit !
Màj 13 avril 03 : Voulez-vous lire maintenant un texte du siècle dernier concernant
la Fête des Fous lors du carnaval. Ce texte bourgeoisement chrétien
est loin de nos préoccupations de décryptage mais il peut vous amuser.
Cliquez alors sur ce bouton : [festefol.pdf] et retour ici pour terminer !
Les Skraelings ne sont pas à classer avec les Nains : ce sont les Petites Personnes ou laiderons des Sagas vikings (les landvaettir25 , cf. art. Elfes*) quon se plaît à reconnaître maintenant comme étant les Inouïts que rencontra Leif le chanceux Eriksson lorsquil effectua une reconnaissance en Terre de Baffin
Folklore signifiant, ou superstition ? Chez les Écossais, larme absolue contre les lutins et les feux-follets était
le fer ! Souvenons-nous ici que le latin superstitio signifie croyance.
Remarque : Les Elfes*, personnages que nous avons effleurés ci dessus, sont traités dans un article séparé car ils ne sont pas des nains au sens post-évangélique (habituellement péjoratif), pas plus que les Dises ne sont des sorcières* puisque ce sont des déesses comme Vanadis/ Vénus, la Dise des Vanes, cest à dire Freyja*, ou bien des Haguedises les dises des tertres cest à dire des devineresses et des vestales, et aussi des Walkyries !
Et, maintenant, pour en finir ce jour avec les nains,
un petit mais intéressant supplément que nous navons pas voulu modifier :
« Les Nains entrent à lOpéra : »
LANNEAU DU NIEBELUNG
«« La première exécution de la tétralogie wagnérienne, LAnneau du Niebelung (Der Ring des Nibelungen), a lieu à Bayreuth en août 1876 . Wagner y travaillait depuis 1848. Le point de départ en est, naturellement, dans lépopée médiévale , avec dimportantes modifications, non seulement dans lintrigue mais dans lidée générale, et, pour cette dernière, dans deux directions successives. Au début de son travail (inauguré par un Essai sur les Nibelungen et une esquisse dramatique sur Le Mythe des Nibelungen), Wagner adhérait encore au romantisme révolutionnaire et à loptimisme de Feuerbach: le héros est celui qui rend caduque la loi et proclame la libération de lhumanité. Dans les années suivantes, linfluence croissante de Schopenhauer modifie ce point de vue: Wagner admet laffaiblissement du vouloir-vivre (effacement progressif de Wotan et même de Siegfried) et la décadence dun monde rongé par la cupidité.
Le prologue, LOr du Rhin (Das Rheingold), commence par le rapt du trésor, confié à la garde des ondines du Rhin, par le nain, le Niebelung Alberich. Prologue dominé par la figure de Wotan qui fait construire par les géants Fasolt et Fafner la forteresse du Walhalla, siège futur de sa tyrannie. Ne voulant pas leur donner en récompense sa sur, Freia, déesse de la jeunesse et de lamour, il leur remettra de lor. Grâce à une ruse de Loge, le dieu du feu, il fait prisonnier Alberich et se fait livrer par lui, outre lor du Rhin, le heaume magique qui rend invisible et lanneau magique de la puissance quAlberich a fait forger par son frère Mime avec une partie de cet or: faute irréparable, violation des traités que Wotan lui-même a donnés à lunivers. Tenté de garder pour lui au moins lanneau, Wotan ne se résigne à sen séparer que sur lordre dErda, lesprit du monde; en échange de Freia, il remet tout le trésor aux géants, qui se battent dès quils sont en possession de lanneau; Fasolt est tué, Fafner séloigne avec son butin, tandis que Wotan consacre la demeure des dieux, où il accueillera les plus vaillants guerriers morts au combat.
La Walkyrie (Die Walküre) se trouve quelques milliers dannées plus tard, chez les Walsung. Siegmund, fils humain de Wotan, y retrouve sa sur, Sieglinde, mariée à Hunding, senfuit avec elle, après sêtre emparé de Notung, lépée de Wotan. Sur les injonctions de sa femme, Fricka, Wotan, qui comptait sur ce fils pour reprendre possession de lor, se résout pourtant à le laisser périr. Malgré laide de la Walkyrie Brunhilde, émue par lamour (incestueux) du frère et de la sur, Siegmund périt, moins sous les coups de Hunding que sous ceux de Wotan qui brise Notung de sa lance. Brunhilde, fille préférée de Wotan et incarnation de sa volonté, sest révoltée en vain; elle va retrouver ses compagnes, les autres Walkyries, et met à labri Sieglinde; mais, par sa désobéissance, elle a encouru la colère de Wotan. Ce dernier lendort et la condamne à être soumise au premier homme qui la trouvera; mais il la fait entourer par Loge dun cercle de flammes: il faudra du moins un héros pour franchir ce cercle et devenir son maître.
Siegfried célèbre le triomphe de la jeunesse rayonnante, synthèse de laction et de la joie. Fils de Sieglinde et de Siegmund, Siegfried seul réussit à re-forger les débris de Notung. Il tue ensuite Fafner, métamorphosé en dragon, boit son sang, communie ainsi avec la Nature, dont il comprend désormais les mystères. Il prend possession du heaume magique et de lanneau, tue le nain Mime, qui voulait lempoisonner; il est mûr pour prendre le pouvoir (rencontre avec Wotan, dont il brise la lance avec son épée) et connaître lamour; guidé par loiseau, il franchit les flammes et réveille Brunhilde qui, après un moment de réticence, renonce au Walhalla et se voue à lamour terrestre.
X2
La tétralogie sachève avec Le Crépuscule des dieux (Götterdämmerung). Le Frêne du monde a été abattu sur lordre de Wotan, qui renonce ainsi à son empire sur le monde; lavenir dépend désormais du seul Siegfried. Brunhilde lui a donné son cheval, Grane, il lui a remis lanneau; il est son bras, elle est son âme. Le monde sera sauvé par leur union. Mais Hagen, fils dAlberich, incarnation de la ruse et de la cupidité, veut reprendre à Siegfried lanneau que son père a forgé autrefois avec lor du Rhin. Pour rompre lunion de Brunhilde et de Siegfried, il persuade le roi Gunther dépouser Brunhilde et de donner Gutrune, sa demi-sur, à Siegfried. Gutrune fait boire à Siegfried un philtre qui lui fait oublier Brunhilde; Siegfried offre à Gunther de laider à conquérir celle-ci en échange de la main de Gutrune. Brunhilde se voit arracher lanneau de vive force par Siegfried, métamorphosé en Gunther grâce au heaume; vaincue, elle est livrée comme fiancée à Gunther; mais quand les deux couples sont présentés aux vassaux, Brunhilde aperçoit lanneau au doigt de Siegfried et non de Gunther. Siegfried, accusé davoir trahi Gunther, proteste de son innocence et séloigne avec Gutrune. Brunhilde se croit trompée et pour se venger accepte laide de Hagen; elle lui révèle lendroit où le corps du héros est resté vulnérable, et Hagen lui promet de tuer Siegfried au cours dune partie de chasse. Sourd à lavertissement des filles du Rhin qui le pressent de leur restituer lanneau maudit, Siegfried saccorde quelque repos en compagnie de Hagen et de Gunther; il boit le jus dune plante qui lui rend la mémoire et raconte sa jeunesse et ses amours avec Brunhilde. Hagen frappe alors par derrière celui dont il a machiné la perte; avant de mourir, Siegfried remet le sort du monde entre les mains de Brunhilde. Cest elle effectivement qui domine toute la scène finale. Tandis que Gutrune sabandonne au désespoir et que Gunther périt de la main même de Hagen à lissue dune querelle dont lanneau est lenjeu, Brunhilde reprend ce dernier et le passe à son doigt avant de sauter dans le bûcher quelle a fait élever pour consumer le corps de Siegfried. Le feu purifiera lor et, par son sacrifice, la Walkyrie non seulement communiera avec celui quelle aime mais accomplira la rédemption du monde. Le Walhalla embrasé seffondre, le Rhin en submerge les ruines et Hagen périt noyé en voulant reprendre lanneau aux ondines. »» (cf. art. Atlantide* boréenne, Déluges* et Sirènes*, entre autres
)n
Il sagissait là de la citation intégrale dune très bonne analyse, dans larticle du CD Universalis que, compte tenu du son sens et de sa densité, nous ne pouvions en aucun cas tronquer ! Nos lecteurs en trouverons quelques autres, dûs principalement à Régis Boyer et qui concernent la mythologie germano-scandinave (publicité gratuite!)
* * * * * * * * *
Mise à jour en forme de dictionnaire :
Liste et arributs des Nains germaniques
Vu sur - http://www.imperia-europa.org/-
Courrier du site : walhalla@imperia-europa.org
- Alberich ("le guetteur" ou "le prudent ; également Andvari ou Obéron dans sa forme francisée). Dans la version eddique des Nibelungen, nain ayant accumulé une immense richesse et proie de Loge qui avait besoin de sa fortune pour payer tribut à Hreidmar dont il avait tué le fils. Fou de rage, Alberich lança sur son trésor dérobé un anathème sans merci qui ne prit fin qu'avec l'extinction des lignées d'hommes qui touchèrent l'anneau maudit issu du fabuleux butin. Dans la version rhénane du mythe, c'est Siegfried qui soumet par la force Alberich qui se trouve contraint de le servir et de lui céder la Tarnkappe. Personnage périphérique dans les anciennes versions du mythe, Alberich voit son rôle croître dans L'anneau du Nibelung de Richard Wagner où il incarne la concupiscence et le pouvoir de l'argent qui cherchent à corrompre toute chose, d'où la malédiction proférée à l'endroit de l'anneau que lui dérobent les Dieux et qu'il n'aura de cesse de vouloir recouvrer.
(lire "Les Nibelungen (version eddique - Le tribut de la loutre)", "Les Nibelungen (version wagnérienne - L'or du Rhin, Siegfried, Le Crépuscule des Dieux)")
- Alvis ("le sage" ou "l'elfe") : Nain ou, comme le laisserait présager son nom, elfe noir versé dans l'art de la métallurgie qui reçut commande d'armes pour les Dieux en échange de la main de Thrud, fille de Donner. Opposé à cette union, le dieu du tonnerre attira Alvis dans un piège, ce qui lui permit de provoquer la mort du prétendant sans pour autant briser la promesse des Dieux.
- Austri ("l'est") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale de l'est dans la plupart des langues européennes.
- Brokk ("le forgeron") : Frère d'Eitri. Loge lui lança le défi que les nains seraient incapables de confectionner des objets aussi précieux que ceux qu'il ramenait du pays des elfes noirs. Eitri ayant fabriqué le verrat Gullinbursti, l'anneau Draupnir et le marteau Mjollnir, Brokk gagna son pari et cousit la bouche du dieu de la ruse à l'aide de la lanière nommée Vartari.
- Eitri ("le venimeux" ; également Sindri) : Frère de Brokk. Il confectionna le verrat Gullinbursti, l'anneau Draupnir et le marteau Mjollnir en réponse au défi que Loge avait lancé à son frère Brokk.
- Fjalar : Nain sournois qui, en compagnie de Galar, assassina le sage Kvasir afin de lui prendre son sang et d'en confectionner un hydromel capable de conférer le don de la poésie. Ayant par la suite tué le géant Gilling et son épouse, il fut contraint par le fils de ces derniers, Suttung, à lui remettre les chaudrons emplis du précieux breuvage. ("Le sang de Kvasir")
- Galar : Nain sournois qui, en compagnie de Galar, assassina le sage Kvasir afin de lui prendre son sang et d'en confectionner un hydromel capable de conférer le don de la poésie. Ayant par la suite tué le géant Gilling et son épouse, il fut contraint par le fils de ces derniers, Suttung, à lui remettre les chaudrons emplis du précieux breuvage. ("Le sang de Kvasir")
- Ivaldi ("celui qui règne sur l'if" ou "le très puissant") : Elfe noir, nain, voire surnom d'un dieu comme Ull qui préside à l'adresse au tir à l'arc. Ivaldi est d'une nature faisant l'objet de spéculations. Ses fils confectionnèrent pour les Dieux la chevelure de Sif, Gungnir, la lance de Wotan et Skidbladnir, le navire de Froh.
- Landvättir : Sorte de génies ou d'esprits de la nature qu'il importait de ne pas irriter ou effrayer, d'où la tradition de retirer les têtes de dragon qui servaient de figures de proue aux navires quand ceux-ci abordaient un rivage.
- Lit ("l'homme de couleur") : Nain qui eut la mauvaise inspiration de passer devant Donner au moment où celui-ci s'apprêtait à sanctifier le bûcher funéraire de Balder. Agacé, le dieu donna un coup de pied à Lit qui fut projeté dans le brasier. ("La mort de Balder")
- Nordri ("le nord") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale du nord dans la plupart des langues européennes.
- Sudri ("le sud") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale du sud dans la plupart des langues européennes.
- Vestri ("l'ouest") : Nain placé par les Dieux avec trois de ses congénères afin de soutenir la voûte céleste lors du démembrement du corps du géant Ymir dont la face intérieure du crâne forma le firmament. C'est du nom de ce nain qu'est issue la direction cardinale de l'ouest dans la plupart des langues européennes.
Une conclusion
quelque peu psychanalytique :
Pourrions-nous faire remarquer combien limage du nain domestique doit à laïeule ratatinée par lâge comme une vieille pomme, elle qui fait le ménage et tricote quand les enfants sont déjà couchés et, en pendant, combien limage du gnome (le sait-tout!) doit à laïeul chenu qui, de ses doigts tout tordus, fabrique ou répare les outils et les jouets de sa petite communauté* ?
Et combien limage du géant doit au père tout-puissant qui part en forêt dès le matin pour aller tuer le loup ? Ce sont des archétypes* naturels et nos contes en ont gardé limage dont nous avons déjà vu combien celle dun dieu* unique doit à cette figure
infantile ! Géants que nous allons retrouver dans une la 2°# Géants* :
Biblio plus & Sites plus :
Grimm, Le petit gnome + T. Pratchett, Le grand livre des gnomes + <mythes-et-legendes.net>
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1ère parution le 17 janv. 01, mise à jour du 16 mars 06
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