LES GÉANTS
Cet article est relativement inséparable de l’article Nains*1
qui est accessible par un lien en fin de cette étude !




          « Le soleil indispensable est, il va de soi, source de vie dans le Nord (plus qu’ailleurs) ; mais il suffit d’avoir contemplé l’espèce de chaos qu’engendre la débâcle des glaces au printemps sous ces latitudes [cf. notre art. Déluges]n pour comprendre à quel point il peut être à la fois puissance d’ordre et de désordre, notions également fondamentales dans l’univers mental des Scandinaves. Or, c’est très exactement là le caractère majeur des géants; Tous les mythes qui nous parlent d’eux nous les donnent pour responsables et de la forme du monde et des menaces de destruction qui pèsent sur lui; on peut dire qu’à ce titre ils sont ethiquement neutres. » Régis Boyer, La Religion des Anciens Scandinaves, Payot, 1981.

Étymologie : Màj Juin 03 : Extrait d’un forum sur les Géants de < atlantys.com >
par Niari (le Mercredi 01 mai 2002) : « Un point me dérange que je me permet de vous soumettre :
- d'après mes recherches personnelles, il semblerait que la bible (encore faudrait-il préciser quelle version) ait été traduite avec approximation en ce qui concerne le mot "géant".
- ne serait-il pas le fruit des préjugés répandus à cette même époque, ou encore une spéculation propre à un (ou des) traducteur?
- hormis durant l'époque des boniments gigantomachiques dont héritèrent les Romains, le mot "géant" a tout simplement signifié "gaia-antes" ce qui peut se traduire par enfant ou peuple de Gaia 2, et non être d'une taille monstrueuse comme le sens usuel propre à notre époque.
          Quant à Gaia, personnage éminent de la première génération divine des Grecs, avant l'instauration du patriarcat de Zeus, rien n'indique qu'il s'agissait d'une déesse "éthérée" plutôt que la personnification d'une contrée d'où étaient originaires en partie les Grecs.
          La personnification des éléments naturels semble avoir été la règle chez les premiers "indo-européens", avant l'instauration du patriarcat puis du monothéisme.
- nous retrouvons aussi mention de "Gaya" en Inde, et c'est aussi encore le nom primitif de la France avant la conquête romaine. Par ailleurs le suffixe "-antes" est typiquement indo-européen, très proche du suffixe "-ates" désignant les différent peuples Aquitains ou d'autres peuples gaulois antérieurs aux Celtes tels les Vénètes.
- en résumé, car la question mériterait évidemment un développement plus général, il semble acquis que l'acception du mot "géant" comme synonyme d'être de taille démesurée ( en fait, c'est par leurs travaux que les "géants" apparurent démesurés aux yeux de leur contemporains ) ne soit que le résultat tardif des interprétations médiévales sur les spéculations scabreuses ou fantaisistes des Grecs de l'époque" classique" sur la gigantomachie… »»

          « Puissances hostiles et Puissances bienfaisantes de la Nature sont présentées, les unes en tant que Géants aux forces démoniaques : tels la Glace et le Feu ; les autres en tant que
Divinités titanesques, telles l’Eau, la Terre, la Chaleur, le Froid.
          « Il nous faudra donc différencier les Géants* des Forces naturelles, d’avec les Divinités d’une autre teneur, mais tout aussi “géantes”, qui tentent d’assurer
l’OrdreIl y aura aussi lieu de ne pas confondre ces Puissances Géantes avec des humanités de géants terrestres, bien que ceux-ci aient pu servir de modèle pour en exprimer la Force. » Arzh bro naoned, Énergies sacrées, les Runes, Trédaniel, 1991.

          Nous voici donc aussi avec trois genres de Géants, de trois fonctions* complémentaires car ces “Géant” sont de 3 types : les Thurs, les Iötun (Jotes) et les Risi (cf. l’allemand ou le flamand Riese “géant”, d’où le folklorique Risepapa de Calais) :


Mise à jour du 3 fév. 06, proposée par notre visiteur Coupi@ le17 Nov 2004 :

          «« Une erreur à rectifier sur ce théme : il n'y a pas de Risepapa à Calais (existe seulement dans cette ville Clément le pêcheur de moules !!! composition relativement récente qui ne vaut seulement que d'être évoquée). Par contre le cas des Rise où Reuze en flamand,est intéressant historiquement. Existent : le Reuze de Dunkerque, et les Reuze Papa de Cassel et son épouse Reuze Maman. La première mention du géant de Dunkerque, se situe en 1550. Une des origines du mythe serait liée à un guerrier d'origine scandinave du nom d'Allowyn ou Hallewyn(1) qui terrorisait la contrée et qui fut converti par St Eloi (2).

  


          Quant aux Reuze de Cassel leurs créations sont plus récentes, Reuze Papa date de 1827, Reuze Maman de 1860. Il existe trois légendes officielles de création de ce mythe (selon office du tourisme de Cassel). J'ai retenu celle ci :
          
"Un jour, un être immense est descendu de son bateau... II avait de l'eau jusqu'aux genoux... Avec ses mains, il a créé les monts des Flandres : le mont de Watten, le Balenberg, le Mont-Cassel, des Récollets, le Mont des Cats, le Mont Noir, le Mont Rouge... Et puis, le géant est reparti vers ses terres du Nord en promettant de revenir bientôt... Quelques années plus tard, il est revenu avec sa femme et pour le remercier, on a dansé... On a fait la fête et la tradition continue aujourd'hui !"
          Il est je pense possible ,d'effectuer des rapprochements avec un personnage ayant existé :l'Empereur Gaulois Carausius, reconnu par Rome, qui régna de 287 à 293 de notre ére, sur ce qu'il appelait :"l'Empire de la Mer" et qui s'étendait de la Frise à la Loire en y incluant la Grande Bretagne (voir l'excellent livre de Maurice Bouvier-Ajam : Les Empereurs gaulois ED.Tallandier 1984)
          Carausius est né à Castellum Menaporium (aujourd'hui Cassel) capitale de la tribu des Ménapiens (3), à la fois amiral et général en chef dans l'armée romaine, sa conduite clémente envers ses ennemis, sa volonté d'être prés des gens feront de lui un personnage populaire : un géant non pas par sa taille, mais par son comportement qui contrastait du contexte de l'époque.
          Rappelons qu'à l'époque, le Mont Cassel avait les pieds dans l'eau, tout le littoral de la Gaule Belgique Nord était sujet aux phases de trangressions marines, ce qui conduira plus tard les Ménapiens à se replier sur l'intérieur et à faire de Tournai (Tornacum) leur capitale.
          Ces éléments permettent de justifier l'origine germano-nordique des Reuze           Nos ancêtres Celtes qui refusaient l'adoration de statues lithiques anthropomorphiques, vénéraient-ils par le biais et à travers des reliefs naturels remarquables (mont, colline, montagne (4) des hommes hors du commun?. Cette forme de hièrophanisation pouvant aboutir dans le temps, à mon avis, à une déïfication. Notons que l'église* ne s'en est pas privée (5), et l'on ne compte plus le nombre de monts dédiés à des saints, le plus connu étant le Mont Saint Michel.
          Les premiers carnavals datent du XVIéme siècle et avaient à l'origine un caractére strictement religieux, ceux ci se sont profondément laïcisés au fil du temps, permettant l'émergence de traditions populaires enfouies depuis des millénaires, mais restées et transmises dans et par la mémoire collective.
          Chasser le naturel, il revient au galop, mais il faut parfois donner du temps au temps ! »»

NDLR : (1) La consonance fait penser à Halloween, y-a-t'il un rapport ? À creuser…
(2) A faire figurer sans doute, dans le dossier des récupérations des mythes, légendes et religions païennes par l'église… (3) Men-Apiens ou les hommes d'Api… d'Apollon sortant du grand marais maglemosien ? (4) Cela justifierait les postulats de "gaïa-antes" et de l'étymologie* de Risi “géant de montagne”.(5) Encore une "récup" !!! P. J. : 1° image des géants de Cassel (source office du tourisme de Cassel). 2° Image monnaie à l'effigie de Carausius (source inscrite dessus)

C'est Géant non ! Ironie du sort je suis tombé lors de mes recherches !
à Bruxelles sur un Géant nommé… "Coupi" !!!


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- 1 / les Thurs(es) : peuple mégalithique pré indo-européen*, ou verbe signifiant "se précipiter à grand bruit”, ou encore adjectif apportant une “idée de force physique, Géants", de forces de la nature Daimon (ci-dessus “Géant” de Cerne Abbas, G.B.).

- 2 / les Iötun : du verbe eta “manger”, Géants qui seraient donc des ogres.


- 3 / les Risi, racine qui peut avoir le sens de Géant de montagne (cf. ci-dessous, Val des Merveilles), ou Grand comme une montagne (cf. les "Dieux-montagne" hittites).

          Curieusement, un seul contient l’idée de taille… et, de plus, certains sont fils de nains. Leur taille n'indique donc rien et ils sont peut-être des races anciennes, les “nains” se mariant dans nos mythologies* avec des "géantes" et inversement…

          Mais cela peut aussi être une indication caractérielle, comme nous disons dans nos campagne "Grand, fort et bête", ce qui pourrait caractériser Gilling, le géant noyé (!) par les nains Fjalar et Galar et que recouvre en partie les Trolls du folklore nordiques :



Troll de Mer… ou Scylla ?


Trollval (baleine-troll) ou teuferswale

Màj du 3 fév. 06 proposée par notre visiteur Fdesd1@ : La “Trollkyrka”. « “L’église des trolls” est une montagne haute et isolée au cœur du Parc National de Tiveden en Suède, qui servit jusqu’au XIXème siècle de site pour des sacrifices païens horgrar ou blótar [libations]n. La tradition populaire considérait la montagne comme interdite aux chrétiens.
          D’après Lidman (1972:52), les anciens disaient : « Aucun chrétien ne peut aller ici. La montagne de l’église du troll appartient aux trolls du ciel. Si un chrétien s’aventure ici, il aura des ennuis ».
          En fait, la tradition locale raconte que la montagne était utilisée il n’y a pas longtemps pour des rites* païens* et que quiconque les voyait sans être initié* risquait soit d’être enterré dans une tourbière de la forêt ou d’être contraint d’adhérer à la fraternité. A une époque où la peine de mort sanctionnait de tels rituels, ce genre de précaution était peut-être considéré comme nécessaire. Les rites* sont décrits dans un poème populaire recueilli par le spécialiste Carlshult (1941) :

La procession avance lentement sur un chemin sinueux
Sans être vue des montagnes des Trolls.
Une messe sera célébrée pendant trois jours,
Ce sera le début de la fête.
La robe est si longue qu’elle touche le sol,
Les chaussons sont pointus,
La cagoule ne laisse voir que les yeux.
Tout le monde se ressemble sauf pour la taille,
Le prélat compte leur nombre.

Le mot de passe est donné à voix basse,
Le prélat souffle trois fois dans une corne.
Le feu est allumé avec neuf sortes de bois,
C’est l’ancienne coutume.
Un sacrifice est offert aux esprits,
Tout le monde est aspergé de sang.
Le meilleur morceau est offert aux esprits,
Ce qui reste doit être consommé par les hommes.

Au milieu de la nuit,
Quand les étoiles scintillent,
Le prélat demande le silence
Et à cela tous les hommes obéissent.
Ils se laissent tomber sur le sol,
Le prélat regarde sévèrement vers le ciel.
Et les incantations et les appels résonnent dans les rochers
Le prélat appelle les esprits.

Chacun a reçu une réponse à sa question,
Personne n’a reçu cette réponse de la part d’un autre homme.


Références : Carlshult, B.G. (1941) Undenäsbygden genom tiderna. Lidman, H. (1972) Gudanatt, dagar och nätter i Tiveden, Askild & Kärnekull, Stockholm.


Pour les nordiques :


          Les mythiques Géants étaient tous de nature chthonienne (ou marine) et vivaient dans les montagnes du bout du monde appelé Utgard (le jardin du dehors, la Patrie de Loki). Les Géants symbolisaient les forces primitives brutales de ces régions, tels les tempêtes, éboulis et avalanches, mais aussi glace et blizzard. Ce sont ces forces primordiales que l'on retrouve dans le concept grec de Daïmons, tout au moins pour les plus négatifs d'entre eux, ceux qui sont confinés sous terre ou sous la mer : séisme, éruption, raz-de-marée, et concentrés dans le Tartare3 des Grecs.
          Les Géants sont donc des "forces primordiales" mais, si Heimgest (DCG Odinic rite) fait remarquer que « les géants mâles représentent quelque force négative ou un obstacle, qui doivent être vaincus pour obtenir un but élevé, ce n'est pas toujours le cas avec les géantes qui sont souvent bénéfiques d'une certaine manière : de nombreux dieux sont mariés à une géante ou sont engendrés ou aidés par l'une d'entre elle. »
          Nous pouvons en conclure que les géants mâles seraient donc une sorte de défi existentiel opposé par les forces de la nature. Par contre les géantes seraient souvent une des figures de l'ambiguë Déesse Mère* qui "met au monde" et qui "met en terre". Ainsi la protectrice Gridh (ou Grith4 en anglo-saxon) qui figure la paix, le “droit d’asile” dans la zone sacrée* du vébond autour du trône Hlidskjalf : c’est une allégorie, tout comme Hrym “rumeur” et les géants* agrippeurs Gripnir “le crampon” et Hardgreip “celle qui a une dure poigne” (cf. art. Naglfar et les notes en bas de page).
          Mais, s’il existe une triade de concepts correspondant à ces genres grammaticaux chez les nains – les bons, les neutres et les mauvais – il existe forcément une triade des mêmes qualités pour décrire les géants, trifonctionnalité sur laquelle il nous faut revenir :

Les Jötun : toujours des géants, mais comportant le moins de jugement de valeur, ils sont donc neutres. Ils habitaient Jötunheim ou Jutenheim, à l’Est (de l’Islande), après les rivières et la forêt de fer. L’étymologie indécise les donnerait comme “les gros mangeurs”, ce qui est le sens des ogres de nos contes, ou bien comme “ceux du peuple des Etiones (pour les Latins)n” (de Vries). Le folklore alsacien en a fait des Hüpéri, et en Suisse ce sont des Dürst, mot qui vient manifestement de Thurs, ce qui ne les empêche pas d’être des “assoiffés”…

Les Thurses : Les pêcheurs et chasseurs marins du Maglemosien eurent – comme les esquimaux leurs voisins à cette époque – à souffrir des frimas, des glaces, du blizzard, des tempêtes et de leurs hurlements : ces Géants-là se retrouvent dans la signification de leur nom nordique. Leur fréquentation est dangereuse, voire fatale. Les Géants élémentaires de la glace sont massifs et lents mais, peut-on les considérer comme mâles pour autant ?           
          Par contre, s’il y a donc ces “géants des frimas”, il y a aussi des géants du feu, et ces deux antagonistes créèrent, de leur rencontre, le monde en sa variété (cf. notre art. Multivers*). Seraient-ils du genre féminin pour autant, ou d’autres mâles ?
          Mais, les Géants sont aussi des montagnes, des châteaux de pierre : « Les géants travaillent beaucoup et sont de grands bâtisseurs » et cette phrase de la mythologie nordique nous fait curieusement penser aux constructeurs des mégalithes, des falaises (Héligoland/ Mycènes, Olympe) et des Walburgs : ceux-ci sont-ils neutres ?
          « Le Trôll, ou Troll(e), est un géant hostile et laid, un monstre, un être fantastique. Il habite les montagnes et fait peur aux hommes comme revenant (mort-vivant). » Cette création médiévale hybride tient du géant et du nain, elle est toujours malfaisante. Pour les Suédois et les Danois, le troll représente tout le petit peuple de la mythologie inférieure ou une sorte de lutin, le Hulduvolk (ultra-peuple, peuple de l’au-delà)5 .
          « Les géants des mythologies nordiques étaient considérés comme Sage et Connaissants, à l’inverse du Moyen-Âge qui les regardait comme stupides et rustres. » Thibaud R-J, Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Nordique et Germanique, Dervy, 1997. Il ne rentrent pas dans les catégories précédentes malgré le péjoratif qui marque, après le passage de l’Église*, nos contes populaires ; ne seraient-ils donc pas :

Nos Grands Ancêtres ?


          Les très vieux fondateurs (Ur-Ahn), les ancêtres civilisateurs qui sont aussi des “Géants” ? Des géants non par la taille, mais par l’esprit, clairs, lumineux comme le ciel diurne *diew, en un mot divins  ! Tel était le Vieil Ase (Mage), l’Alt-Ase Atlas6. Leur rôle , en tant que créateurs, est évidemment bénéfique ! Et seraient-ils donc du genre féminin ?
          Car, “Les dieux du Panthéon descendent toujours des géants”. Mais, Hercule le Dorien, qui lutta tel un géant par la taille avec son gourdin digne de Thor contre les diverses manifestations des funestes géants du Déluge* nordique lors de ses douze travaux (mensuels, ou/ et dans les douze Teuta de la Grande Fédération) est à classer parmi les Demi-Dieux, c’est-à-dire les Héros.

Chez les Grecs :

          Les géants étaient nés de la terre et du sang qui coula de la blessure d’Ouranos le “géant de la montagne”, lors de sa mutilation par Kronos ‘coupure” (du Temps). Plus tard, ils voulurent venger les Titans7 enfermés (!) par Zeus dans le Tartare et ce fut alors (ou : par) la Gigantomachie – qui est équivalente au Ragnarök nordique (cf. art. Déluges*), mais plus embrouillée car le “sacra”, l’Esprit du mythe* s’était perdu dans le temps et dans… les “effets littérires”.
          Voyons donc cela d’un peu plus près : nous inspirant – avec quelques libertés – du travail de R. Sorel, nous dirons que ces “dieux anciens” protéroi théoi étaient de trois sortes, solaires, aquatiques ou bien… des abstractions :

- 1 - Entités8 solaires (ou personnages Ases –> “personne Ase”) : Hypérion et Théia/ soleil et lune (Séléné), Phoibé/ Aurore qui a donné Apollon* non identifié au soleil avant le Vème siècle, Koios et Krios qui ont donné Astérie l’Étoilée, Astrios et les Astres.

- 2 - Entités aquatiques (ou personnages Vanes) : Okéanos et Thétys, eaux douces féconde donnant les fleuves tels Rhéia (–> Rhein, Rhône).

- 3- Abstractions (ou personnages devenus symboles*) : Mnémosyné/ Mémoire ; Thémis/ coutume, règle, la Loi (cf. article Justice* et Frigg in Wotan*”) ; Japet/ le Fondateur des “Blancs, lumineux” ; et Kronos/ Coupure (du Temps, cf. art. Astrologie* nordique).

          Il y avait douze Titanides, comme les douze mois, les douze signes du zoodiakon (cf. art. Astrologie*), comme les douze Ouraniens, puis les douze Kronides et les douze Olympiens ou “Dieux*” dont Zeus* était le chef (c’est du pareil au même). Ils étaient six garçons : Okéanos, Kronos, Koios, Krios, Hypérion, Japet ; et six filles, les Titanes (!) : Théia, Rhéia, Thémis, Mnémosyné, Phoibé, Thétys ou Téthys.

          Signalons aussi des cousins de ces noms en TT, et qui sont d’étranges personnages :
- Thraétaona, un héros iranien tueur de dragons* dont la légende est parallèle au védique Trita qui vainquit Azi Dahaka, un monstre tricéphale (Dict. Vertemont)…
- Thridi chez les nordiques, “le troisième”, qui fait trinêtre avec Odhin Thrassar, qualificatif qui signifie “le furieux” (au sens cultuel, chamanique)…
- Tishtrya, l’étoile Sirius des Iraniens qui libère les Eaux de l’Année comme Indra… comme elle libère celles du Pô ou du Nil…
- Tison, représentant sans doute la vengeance tisin, tison qui figurait le temps de survie accordé à Méléagre par les Parques et dont disposa sa mère Althéa…
- Tithônos, jeune homme d’une grande beauté qu’Éos l’Aurore épousa,. Mais, devenu immortel, il vieillissait sans cesse et les dieux le transformèrent en cigale…
- Tithénès qui signifie “nourrice”…
- Titias, un dactyle, serviteur de la Grande Mère…
- Titye, une fille de Zeus* et d’Orchomène…
- Tityos, un géant fils de Gaïa et père d’Europe qui voulut faire violence à Létô (cf. art. Déluges*) et fut précipité dans le Tartare par Zeus…
- Tityre, le génie champêtre et patron des bergers couvert d’une peau de daim/ nébride qui figure dans le cortège/ pompe de Dionysos…
- Thétis la plus célèbre des Néréides, et probablement quelques autres…

          Quelques précisions concernant Tithônos, le fils de Laomédon : il utilisa Apollon* et Poséidon pour construire les murs de l’archaïque Troie/ Troja mais il refusa de les payer et Poséidon envoya un monstre marin contre la mythique cité ( mythe dorien, parallèle au mythe nordique de la construction du Walhalla). Laomédon avait obtenu de Zeus de prolonger sa vieillesse et, devenu tout rabougri il se réduisit à une voix (mimir, Tagès, Ole?), et l’on dit qu’il fut transformé en cigale/ tithonos. (Par extension, “un tithônos” est un vieillard très âgé, et “un fils de Laomédon” signifie un menteur : ces métaphores sont équivalentes au kennings nordiques).

          Pour J.-P. Vernant : « Les Géants sont essentiellement des guerriers, ils personnifient la violence guerrière : ignorant l’enfance et la vieillesse, ils sont toute leur vie des adultes dans la force de l’âge, voués à l’activité guerrière (…)
          « Les Gigantès sont de jeunes guerriers. Ils symbolisent*, dans l’univers, la fonction* guerrière, l’ordre militaire face à l’ordre royal de Zeus. Ils s‘assimilent aux Cent-bras, qui comportent eux aussi des aspects de puissance guerrière, par la force et la violence qu’ils mettent en jeu. On a vu que les Cent-bras sont passés du côté de Zeus, qu’ils se soumettent à lui et acceptent son autorité… » L’Univers, les Dieux, les Hommes, Seuil, 1999. Voilà donc une opinion originale qu’il convenait de citer…

Antée, Antaïos était un géant de la mythologie grecque, fils de Gaïa (la Terre) et de Poséidon. Il tirait sa force du contact qu'il entretenait en permanence avec la Terre. Établi en “Libye”, où il tuait les voyageurs, il fut éliminé par Héraklès qui l'étouffa en le maintenant au-dessus du sol. Larousse. (très conventionnel, reste à décrypter…)

Orion est un chasseur géant de la mythologie grecque, tué par Artémis qu'il avait offensée. Il fut alors changé en constellation… géante.

Clytios “célèbre, renommé”, il était le plus “célèbre de leurs Géants : il fut tué par Hécate armée d’une masse de fer ardent” : « Grands Dieux, quel caractère volcanique a 7 & 4 ! » E. D.

Màj 4 nov. 04. Égrégore : ce concept, utilisé en philo ou en métaphysique (souvent fumeuse), ne signifie rien d’autre que “géant tombé” (cf. art. Atlantide* boréenne)…

À Rome : Une des trois tribus qui formèrent le peuple romain était, avec les Ramnes et les Luceres, les Tities ou Titienses… Et Tithonia, la femme de Tithon le fils de Laomédon, n’était autre qu’Aurore* elle-même…


En védique : les Géants sont les Daïtyas.


Chez les Celtes* : On dit des Titans qu’ils étaient là avant les Dieux* et nous pourrions voir en eux le peuple des mégalithes. Ce sont les dieux les plus anciens, avant les Olympiens (post-diluviens), et fils d’Ouranos/ Ciel et de Gaïa/ Terre qui étaient douze eux aussi, six garçons et six filles. On pensera aussi au mot celte Teuta “tribu” sous les formes Dietse (Flamand), Dutch (Hollandais) ou Deutsch (Allemand).
          Quelle curieuse famille ! Mais peut-on aussi lui joindre le Twrth Trwith ou “blanc porc”, et tous les sangliers diluviens de Calydon ou d'Erymanthe, mais aussi Typhon transformé en sanglier roux (rouge de colère) cf. art. Déluges* ?
          Les “géants” sont les Fomorés « un des peuples mythiques d’Irlande, les “démons du dessous” (qui) viennent de l’océan et ont été repoussés dans le sous-sol de l’île ; c’est à eux que se heurtent tous les nouveaux peuples arrivants. » Sont-ce des daïmons, forces primordiales figurant séisme et raz de marée et qui ont été repoussés (Titans); ou bien sont-ce les démons “esprits des ancêtres morts” (cf. art. Elfes*) qui depuis vivent sous terre, leur terre ?
          « Leur apparence est insoutenable (affreuse ou taboue)n : ils possèdent un œil unique (–> Wotan?)n, un seul bras (Tyr/ Nuada?)n, une seule jambe (Vulcain?)n, des têtes de chèvres9 (Aeguptos)n, de cheval (Cûchulainn/ Hippolyte)n, de taureau (Alcinoos/ Minos…taure)n » Et, J.-P. Persigout à qui nous empruntions cette citation (mais en la truffant de parenthèses “familiales”) poursuit :
          « Les principaux dieux Tuatha De Danann – Lug, le Dagda, Ogme, Nuada, Diancecht, Brigit – ont des liens de parenté avec les Fomoré, car ils symbolisent l’origine. » Dictionnaire de mythologie celte, Brocéliande/ Rocher, 1996.

          
Ces géants sont alors nos “Géants par l’Esprit” : les Dieux* de l’Âge d’Or qui reposent sous la mer, en Avallon, Ys ou Vineta….

           Ne sont-ils pas ceux que l’on voit figurés sur le reste de la colonne/ calendrier zodiacale de Souvigny (cf. art. Astrologie*) sous la forme de cinq “peuples étranges10 “qui habitaient "les bords du monde” (sur les douze que devait figurer ce pal/ gnomon solaire à l’origine) car on y voit des Æthiopes, Soni, Satiri, Cipides, Podes, c’est à dire : les Aeguptos ; Ceux qui chantent ou Ceux qui (nous) parlent ; Ceux des Cippes (colonnes funéraires/ Pals) ; les Sylvains/ Satyres ou Hommes Sauvages* ; et les (hippo)n-podes ou Centaures/ Chevaliers ? Cependant, au sujet de ces Podes, il faut préciser que dans la « Saga primitive d’Arthur (Pays de Galles), Sol est un personnage capable de se tenir sur une jambe durant une journée entière. » Persigout, Dictionnaire de Mythologie Celtique, Rocher, Monaco, 1985.
          Ici, à R&T, nous verrons en ce Sol : le Soleil11 brûlant sur sa jambe dextre ; et l’autre : le soleil sur sa jambe senestre, faisant le trajet nocturne : sinistre !

          Mais il existe dans la Mythologie un autre personnage terrifiant, terrifique (comme Théra*) qui se tient sur une seule jambe (unipode) tel une montagne, un pic ; il a un “œil cerclé” (kyklops) : c’est donc un volcan (dont le nom sera repris par l’Ordre des forgerons, les “Maîtres du Feu souterrain” ou Cyclopes grecs qui avaient le front tatoué d’un cercle noir…


Dans notre folklore :


          Rois des fêtes* dans les Flandres, les Gaïants ou Riese (reuze) sont partout honorés, la Revue des Traditions Populaires en fait état de nombreuses fois. Ils furent aussi assimilés au brouillard Nibl (si tenace en Frise et dans tout le Nord). Celui d’Arcueil en Bièvre est nommé “le Sire de Malassis”.




          Mais, outre les modes “touristiques” qui créent des Géants là où il n’y en eut jamais, il faut s’attendre à ce qu’on en trouve d’authentiques dans les régions germaniques par les Grandes Invasions : c’est particulièrement le cas des Gegantes12 de Catalogne/ Gothaluñia que sont "Guillem - Ramon" de Cerdagna et "Sancia" de Barcelone à Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) et, par conséquent, de notre Roussillon… surtout si les régions en questions recèlent de nombreux menhirs, ces “Géants… de Pierre”…

          Il semble bien que le souvenir de l’Hercule gallo-romain, amalgamé avec celui des “géants” qui érigèrent nos mégalithes – confondus eux-mêmes avec leur œuvre – se soit dégradé jusqu’à devenir notre célèbre Gargantua mais, en fait, celui-ci précéda sans doute les autres, comme tout Mégalithique qui se respecte. Un de ses confrères valentinois se nomme Crussolio, c’est lui qui construisit le château des Crussols et son aide, Buard (“un vrai taureau!”), allait visiter Valence et faisant « l’Hercule avec toutes les filles du pays, il peupla (ainsi) la ville de sa progéniture. » Rev. Trad. Pop.

          Il en existe un autre qui porte le nom de la vallée de la Dessoubre dans le Doubs : c’est qu’il l’alimente de sa transpiration produite en cherchant à déplacer le bloc qui le bloque… depuis qu’il fut enfermé dans une grotte par un prêtre13 de la nouvelle foi et c’est là l’origine de l’affluent. Cette légende typiquement post-évangélique allie le merveilleux à quelque inversion et n’est plus très facile à décrypter, encore que sa source… Jaillit-elle d’une crypte païenne servant à des visées solaire comme il en existe tant ? Une crypte qui fut “bloquée”, murée? C’est bien leur genre.

          Il existe de ces géants et des gargantuas en si grand nombre que le fil conducteur en est, semble-t-il, la trace des constructeurs de mégalithes, que nous oserons appeler les Pré-Atlantes* boréens, et la Gorgone pourrait bien avoir été une “géante*”, une “Gargamelle”. Mais, la présence mythique des Thurses et Jölnir dans les rites* des Germains qui, chassées par les intempéries et la famine, “envahirent” leurs cousins indo-européens du Sud, ne pouvait que réactiver ces souvenirs, souvent en les “rafraîchissant” !

Màj 5 nov. 04. Histoire : Et pourquoi pas dans notre histoire nationale ?

          Ce personnage des plus populaire qu’est Jehanne d'Arc n’est-il pas une géante (gehanne) ? Tellement même que l’Église* s’est trouvée obligée d’en faire une sainte : un comble pour une guerrière…


Chez les Hébreux/ Ébros :


          « Les géants vivaient sur la terre, et en ce temps-là, et aussi dans la suite, après que les fils de Dieu s’étaient unis aux filles des hommes et qu’elles leur avaient donné des enfants : ce sont là les héros qui, dès les temps anciens, eurent tant de renom. » La Bible, Genèse VI-4 : nous retrouvons ici les “géants par l’esprit”.


Une conclusion…
quelque peu psychanalytique :


          Pourrions-nous faire remarquer combien l’image du “nain domestique” doit à l’aïeule ratatinée par l’âge comme une vieille pomme, elle qui fait le ménage et tricote quand les enfants sont déjà couchés et, en pendant, combien l’image du gnome (le “sait-tout” !) doit à l’aïeul chenu qui, de ses doigts tout tordus, fabrique ou répare les outils et les jouets de sa petite communauté* ?…
          Et combien l’image du géant doit au père “tout-puissant” qui part en forêt dès le matin “pour aller tuer le loup” ? Ce sont des archétypes* naturels et nos contes en ont gardé l’image dont nous avons déjà vu combien celle d’un “dieu* unique” doit à cette figure… infantile !


Suppléments :

Màj du 27 fév. 06 proposée par note visiteur Logie@ : C'est la période du carnaval, qui va frapper de délire collectif un si grand nombre de localités du département du Nord (de la France) et de Belgique, notamment à Binche, de renommée mondiale, avec ses danseurs à grosses bosse, couverts de grelots, tout comme l'escorte de saint Christophe dans le texte ci-joint. Le carnaval par ici, pays des Gueux/ Geuzen – voir les aventures de Thyl Eulenspiegel – c'est obligatoirement des défilés de géants (reuzen) et les saturnales obligatoires !


Pourquoi nous vénérons saint Christophe !
"" D’après le Baron de Reinsberg-Düringsfeld, 1870,
Traditions et légendes de la Belgique :
Descriptions des fêtes religieuses et civiles, usages, croyances
et pratiques populaires des Belges anciens et modernes


          Bien que, d'après Molanus, la légende de ce saint manque de tout fondement historique, et que le nom seul signifiant " porteur de Christ " paraisse avoir donné l'idée de son image, saint Christophe jouait, au moyen âge, un rôle important en Belgique aussi bien qu'en France et par toute l'Europe germanique. On voyait sa statue colossale érigée sur la place publique ou dans les cathédrales de beaucoup de villes, entre autres à Notre-Dame d'Anvers jusqu'à l'incendie de cette église en 1133; on rencontrait son portrait au naturel peint sur les murs extérieurs de mainte et mainte église de village et on faisait figurer dans les processions de plusieurs villes un personnage gigantesque qui représentait saint Christophe portant sur son dos l'enfant Jésus. C'est surtout à Louvain qu'un représentant de saint Christophe jouissait d'une grande popularité. C'était une figure colossale dont la tète, les jambes et les bras étaient de bois. L'enfant Jésus qu'il portait sur les épaules était en pierre. Dans l'intérieur de la figure était un homme qui dirigeait cette lourde machine, ce qui n'était pas chose facile, vu la grandeur et le poids de cette image. Le jour de la kermesse on conduisait en pompe ce saint Christophe, accompagné de saint Pierre et des quatre serments ou gildes. De temps en temps le cortège s'arrêtait devant les cabarets pour se rafraîchir, et le saint n'était pas oublié. On le plaçait près de la porte sur un fauteuil établi au haut d'un tonneau et on lui offrait très révérencieusement quelques verres de bière que son porteur ne laissait pas de boire en sa place. Mais depuis l'entrée des Français le saint Christophe de Louvain a disparu et avec lui sa fête particulière.
          Le saint Christophe de Bruxelles, qui marchait autrefois à la procession du Sablon, était d'une hauteur d'environ dix pieds. Il était précédé d'un ermite qui portait une lanterne à la main et qui écartait les enfants qui obsédaient trop le saint. Arrivé devant le palais du gouverneur général, saint Christophe attachait au bâton qui lui servait d'appui, un bouquet de fleurs qu'il présentait au gouverneur, et celui-ci, après avoir détaché le bouquet, attachait en signe de remerciement une bourse remplie d'argent au bâton du saint. Outre son ermite, le saint Christophe de Bruxelles avait pour escorte les cinq fous des serments, habillés de velours de couleurs variées et portant des grelots ; ils écartaient la foule à grands coups de batte . Les religieux et les corps de métiers assistaient à cette cérémonie.
          Un savant allemand croit que l'image de saint Christophe est venue remplacer celle du vieux dieu Donar ou Thor des anciens peuples de race teutonique, dont le culte a laissé plus d'une trace en Belgique. Les mythes du Nord nous représentent ce dieu païen d'une stature si colossale, qu'il porte le géant Œrvandit comme un enfant sur ses épaules en guéant les rivières les plus profondes. La chevelure rouge et la mine terrible, que nous voyons ordinairement aux portraits de saint Christophe, nous rappellent encore le souvenir de Thor, et quoique, d'après les légendes du saint, il n'y ait aucun rapport, que je sache, entre saint Christophe et les orages, le peuple l'a pris néanmoins pour patron contre l'orage et la grêle et lui a conféré une grande puissance sur la mort.
          Les anciens dictons populaires : Christophori sancti speciem quicunque tuetur, Ista nempe die non morte male morietur “Quiconque voit l'image de saint Christophe, ne mourra pas ce jour d'une mauvaise mort”, ou : Christophorum videas : postea tutus eas “Après avoir vu saint Christophe, tu peux aller en pleine sûreté”.
          Ces mots qu'on lit encore aujourd'hui en grosses lettres dans beaucoup de localités de l'Allemagne au-dessous de l'image de saint Christophe et que le peuple n'expliquait que trop littéralement, nous attestent cette croyance. Aussi y avait-il une prière dite de Christophe contre l'orage et de petits livrets dits Kreschtoffelsböjelchen, "livrets de Christophe” qui, à l'égal de ceux de Gertrude, contenaient toutes sortes de conjurations .
          Quelques auteurs français, par contre, prétendent que dans l'origine, les statues colossales, connues sous le nom de saint Christophe, étaient celles de l'hercule gaulois, qui s'appelait " Ogmius " et pour lequel les anciens Gaulois avaient une très grande vénération. C'était une divinité qui représentait le principe de la fécondité sur la terre et dans les eaux, et à laquelle les Gaulois consacraient les forêts, les îles et les fontaines. Pour attirer dans les églises, lors de l'établissement du culte du vrai Dieu, les habitants des campagnes, qui sont toujours les derniers à adopter les innovations dans les usages civils et religieux, les premiers apôtres des Gaules auraient placé, à ce que dit l'auteur du " Menagiana, " les images du grand Ogmius près de la porte des églises. Dans la suite, le christianisme étant mieux établi, on aurait sanctifié ces simulacres en plaçant sur les épaules du géant la figure du Christ enfant, et en donnant à l'hercule le nom de " Christophoros " ou " Porte-Christ. "
          Quoi qu'il en soit, pour montrer aux fidèles† qu'ils doivent porter Dieu* dans leur cœur, l'Église* n'aurait su trouver symbole plus expressif que l'image de saint Christophe, et jamais ce nom n'a été porté à meilleur titre que par ce saint, martyrisé pour la foi sous l'empereur Dèce, l'an 254, le 25 juillet, après avoir converti au christianisme quarante-six mille païens… »»
[???]n

          Ce genre d’interprétation “bien pensante” est des plus courant (et la méthode fait à nouveau des ravages dans le PolCor), en voici un autre exemple – tiré du § Cheval de notre article Bestiaire* des Dieux* (pour mémoire) :

    
Fig. 1 : Cavalier "à l'anguipède" ; fig. 2 : église* Saint-Hilaire de Melle (F.79).


          On dit de ce type d'image, fréquente dans les Charentes, qu’elle
« représente Constantin écrasant le paganisme*. Elle se réfère tout aussi bien à la tradition gallo-romaine et montre le cavalier terrassant un personnage maléfique, "à pied de serpent", et se rendant ainsi maître des forces telluriques. (Soc. Mythol. Franç.) » Màj 25-2-06.
Nous ne voudrions pas vous paraître excessivement “diluvio-maniaque” mais, puisque
ce “point de vue” nous a bien souvent permis d’éclairer nos recherches d’un jour nouveau, nous verrions plutôt dans ce “Cavalier à l’anguipède”, un Taranis “le tonnant”, un Thor*, un Apollon* vainqueur – en définitive – des Daïmons° primordiaux du sol, les Titans sortis du Tartare (volcanisme, feu et tremblements de terre), suivis de la Grande Transgression Marine ou peut-être même et bien avant, ces Dieux* sortant de la Grande Catastrophe et du Grand Hiver Fimbulveter qui s’ensuivit (cf. art. Déluges*). Mais notre “ouranien” fut – par bonheur – vainqueur de tous les “chthoniens”, vainqueur certes mais associé comme dans la Hiérogamie* où l’on retrouve ce “synécisme” qui est le propre à la Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes.
          Il arrive que ce “cavalier à l’anguipède” tienne le foudre de Taranis-Jupiter ou la roue cosmique à six raies (la Rune* Hag-all symbole* du Tertre Suprême) :
           « Le cavalier porteur de la foudre ou de la roue* n’en est pas forcément le possesseur, il peut en être le détenteur provisoire et en user comme Cuchulainn 14 utilise la roue ou le Gea Bolga [sorte de lance magique dont la description fait fortement penser à la foudre 15]. La foudre, ou la roue est alors symbole de la puissance ou de pouvoir légitimés par la Déesse à l’instar de la fameuse épée d’Arthur… » J-P. Ronecker.
          Mais ce
géant anguipède nous fait aussi penser aux ennemis jurés des Celtes goïdéliques : les Fomoraig ou Fomoirés d’Irlande “les forces du chaos”, peuple mythique, chthonien, symbolisant les forces anti-évolutives, anti-initiatiques (cf. les Daïmons grecs in art. Dieux*) qui, par leur caractère souterrain, sombre et “infernal”, évoquent les Kelpies écossaisses (cf. Bestiaire* #4/5) symboles* du cataclysme qui mit fin à l’Âge d’Or boréen : on les retrouvera comme “noirauds” dans nos folklores et comme éternels ennemis du lumineux et auroral Prince de Mai !
          Ce Cavalier à l’Anguipède gaulois devint Saint-Georges à l’époque chrétienne, lequel colonisa pratiquement tous les sites nommés Gargan (cf. Hercule)…

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Sites plus :

<geant.fr>
<mythes-et-legendes.net>
la Ducasse et les géants d'Ath www.ath.be
<ath.be/tourisme/maison_desgeants>
la Ronde des Géants (France) www.geants-carnaval.org
une liste des géants belges sur le web users.skynet.be/calomme/meyboom/fr/liens.html
les Amis de Fromulus (Steenvoorde - France) www.les-amis-de-fromulus.com 
Sur le patrimoine immatériel de la Communauté française Wallonie-Bruxelles
a Ducasse de Mons et le Doudou ducassedemons.info
le Carnaval de Binche www.carnavaldebinche.be
et le Musée international du Carnaval et du Masque www.museedumasque.be
le Carnaval de Malmedy www.malmedy.be/fr/carnaval.htm
les Marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse www.amfesm.be
le Meyboom de Bruxelles www.meyboom.yucom.be Autour d'Ath
Le portail des sites touristiques régionaux : www.tournaisis.be
Les géants catalans <gegants.org> & <agrupacio@gegants.org> :

Mollet del Vallès té tradició gegantera des de fa molt de temps, si bé no eren propis, gegants de diferents municipis han presidit les festes de la nostra ciutat. El primer document que ens constata la presència gegantera a Mollet data del Corpus de 1895, on segons un article de Vicenç Plantada a la revista Renaixença diu "participen per primera vegada a la processó, un gegant i una "gegantesa" deixats per Ramon Roig, veí de Granollers". A mitjans del segle XX, la Festa Major molletana era l'escenari on es podien veure ballar gegants de Granollers o Sabadell i, a partir dels 70, s'hi afegiren Olesa de Montserrat i Sant Feliu de Codines, entre d'altres. No és fins el 1982 quan, des dels recuperats ajuntaments democràtics, la Regidoria de Cultura junt amb el grup Tuareg, encarrega la construcció d'uns gegants propis als artistes locals Cesc Bas i Josep Nogué. El divendres 20 d'agost de 1982 foren presentats en Vicenç i la Marinette, representants del passat agrícola i tèxtil de la població. Durant aquest període han visitat moltes poblacions i han estat amfitrions de la I Trobada de Gegants a la ciutat, l'agost de 1984, els actes del Mil·lenari de la ciutat el 1993. El gener de 1995 es va presentar la nova colla gegantera que va tornar a fer ballar els gegants. Amb aquesta nova entitat, s’ha aconseguit celebrar 9 trobades a la Festa Major d’hivern, 9 a la Festa Major d’estiu, la presentació de 13 cap-grossos, una trobada de cap-grossos, el casament d’en Vicenç i la Marinette, la VI Trobada de Gegants del Vallès, la presentació de la gegantona Mariona, la presentació d’una nova parella de gegants, visitar més de 150 municipis, participar en prop de cent sortides a la ciutat i la propera celebració de la Ciutat Gegantera de Catalunya 2003.

Maig : APLEC DE LA SARDANA que ja arriba a la 59a edició i està organitzat per Tradicions i Costums.
FIRA DE LES ENTITATS durant un cap de setmana i amb la FESTA DE L'ESPORT AL CARRER.
S'inicien algunes de les FESTES DE BARRI. Plana Lledó, Can Borrell, Lourdes, Estació de França, Can Pantiquet i Santa Rosa celebren festes fins l'octubre.


1ère parution le 17 janv. 01, mise à jour du 16 mars 06

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