

« Les fouilles des archéologues montrent que c'est une Déesse Mère que vénéraient les habitants de cette "vielle Europe" néolithique. Une Déesse Mère qui s'identifiait avec le réveil périodique de la nature, avec le printemps, avec la nature, avec l'eau. » Marija Gimbutas.
La présence assez fréquente dun crâne dours dans les grottes et les nombreux rites*1 avec ourse nous amènent à supposer que, plus quun totem, lourse était considérée aux époques préhistoriques comme un symbole* de la Déesse Mère :
« Au Régourdou (Périgord), E. Bonifay rapporte une sépulture néandertalienne accompagnée de dépôts rituels dossements dours. »
« Ce qui est certain, cest quun continuum solide sest établi du lac Baïkal jusquaux Pyrénées, dune mythologie de chasseurs de mammouths où limage essentielle était la Déesse Nue. » Joseph Campbell, La Puissance du Mythe, Paris 1981..

« Ancêtre des Parques/ Moires/ Nornes (cf. art. Destin*) la Déesse Mère était à la fois la Vie et la Mort, ce qui est très explicite chez les Hittites : cette ambiguïté "la vie c'est la mort, la mort c'est la vie" se retrouve dans les phases pleine ou bien noire d'Astarté (Aster Théia la déesse étoilée) qui semble bien être la Terre Mère dans le domaine des esprits. » Historia 33 p 73.

Hypogée du Razet, Coizard (Marne) & la Dame de St-Sernin/ Rodez, -3322.
Ces déesses Mères sont parmi les premières de notre paysage culturel occidental et lon remarquera que la seconde porte un torque, signe de sa majesté, mais nest-elle pas ainsi une Diane archaïque ?
« À Knebbel (à Mols à côté dArhus, Dk), [se trouve]un ensemble gigantesque de vingt trois (?)n énormes pierres dressées décrivant une sorte de cercle allongé de quelque vingt mètres de diamètre au total. Au centre du tout se trouve une chambre tombe constituée dune demi douzaine de blocs verticaux coiffés dune colossale dalle chapeau : on ne peut y pénétrer que par un passage étroit et incurvé. Le tout suggérait fortement lexistence dun culte à la Déesse Mère, la Grande Déesse des mythologies* primitives reprenant dans son sein maternel ses enfants : lexiguïté du passage par lequel il faut pénétrer parlerait en faveur de cette conception. Dautant que bon nombre de poteries trouvées à lintérieur semblent bien porter lesquisse dune face humaine à gros yeux dont nous savons par le témoignage dautres cultures quelle renvoie à la Déesse Mère. De toute manière, lédification de pareils complexes prouve assez lexistence dun instinct social et collectif fort développé. » Régis Boyer, La Religion des Anciens Scandinaves, Payot, 1981.
Oserions nous suggérer quil manque une statue-menhir à cet ensemble pour en faire un Cercle de lAnnée complet ou trinôme runique de trois ttir (octades runiques) ? Ou que celui qui manque fait une fenêtre dans laquelle un lointain amer vient sinscrire, bien centré ? Nous reverrons cela dans deux de nos plus importants articles, lAstrologie* nordique et les Runes*

La Dame de Brassempouy, 2/3ème Millénaire et La Vénus de Laussel, 25° Mil.
(qui tient une corne dabondance (!) ou un biberon
)
« La Grande Déesse est une divinité chthonienne liée à la source concourante qui vient dAu-Delà par les entrailles de la Terre, mais elle est aussi représentée par la Pleine Lune ; dans ce cas la triple déesse est représentée par les diverses phases de lastre des nuits
Il nous paraît que cette divinité est dune origine extrêmement ancienne et quelle a été maintenue dans le panthéon par limportance de son culte et de la foi quelle suscitait dans tous les âges de la population européenne. Divinité lunaire, elle est encore la maîtresse des Dragons* chthoniens et également la parèdre du Maître des animaux
» Paul Verdier.

1/ La Vénus de Villendorf (A) vue en tête dart. 2/ D.M. de Bouret / Angara (Sibér.russ.)
3/ la Vulve de la grotte La Ferrassie (Les Eyzies. F)
(On trouve ce type de statuette depuis le paléolithique supérieur, 35.000/ 10.000 AEC.)
« La plupart des statuettes a des seins volumineux et pendants, un énorme ventre gonflé, des bourrelets de graisse dans la région du bassin et des hanches. Ces caractères secondaires hypertrophiés sont propres à limage de la femme-mère. Tandis que les statuettes de lEurope de lEst ressemblent à celles de lEurope centrale (comme Villendorf et Dolni-Vestonice) et de lOuest (Brassempouy, Lespugne et le bas relief de Laussel) celles de Sibérie en sont bien distincte. Elles nindiquent jamais ces formes dune façon claire : les seins sont le plus souvent marqués par un faible relief ou par une rainure peu profonde, les hanches sont à peine accusées, les fesses ne sélargissent pas, ni à larrière ni sur les côtés mais, en même temps, elles sont relevées, parfois considérablement. Quand à leur proportions, contrairement aux statuettes européennes dont les chefs, lorsquils sont conservés, sont toujours réduits par rapport au torse, les figurines sibériennes ont une grosse tête, une petite cage thoracique, tandis que la partie inférieure du torse et les jambes sont parfois démesurément allongées. Souvent leur têtes sont ornées. Lune des statuettes est à noter spécialement. Elle se distingue par un visage étroit et très expressif rendu avec une expression extraordinaire. On a limpression quon y capte un regard attentif braqué à travers le temps. Un beau spécimen de Bouret ne correspond pas à ses contours. Le professeur A. P. Oklanikov a suggéré que cette figurine représentait une femme vêtue dun costume de fourrure à capuchon. On ne connait pas de statuettes similaires dans lEurope paléolithiques. » Z. Abramova, Lart paléolithique en Russie, in Dossiers Archéologiques 270, fév. 2002.
Nous pourrons remarquer le type non asiate du visage ce qui, comparé au nom du site sur lAngara (Sibérie Russe) nous fera penser aux Bouriates et au nom du premier homme de la mythologie nordique, Burr et son fils Burri, qui sont les racines du mot Paysan des peuples du Nord : Boer, Bauer et leur pays Bayern
Lautre remarque est la forme effilée du bas de ces statuettes qui nous fait penser au clou de fondation qui était resté chez les Sumériens !
« Dans la grotte préhistorique dOtzelaïa (le plateau des loups en basque) se trouve depuis des millénaires la statuette dune femme, dont la tête est cassée et au pied de laquelle se trouve un homme en posture dimploration. La vieille religion pré aryenne des Basques* plonge ainsi ses racines dans les grottes du paléolithique et la Déesse Mère qui porte ici le nom dAmaïa2 est le centre de cette religion (païenne, cela va de soi). Amaïa symbolise la fécondité, la vie, la force vitale. Son mari est Sugaar (nom formé à partir de sugéa le serpent, la couleuvre), ce qui nest pas sans rappeler le serpent de la Genèse ou luf de serpent de la mythologie celte. Leurs rencontres provoquent soit la pluie, soit la grêle (!) » Vate Ambigatos, Message, revue du Groupe Druidique des Gaules, 1° Trim. 1996.
« Le symbole de la Déesse Mère était la hache de pierre
ou bien la hache bipenne (cf. Labrys in art. Labyrinthe* & Francisque*)n dont la forme en rune Dagar
évoque si bien avec son manche, le gnomon phallique entre les deux montagnes ou cairns ou menhirs
(cf. art. Astrologie* nordique)n. La diffusion de ce symbole part aussi de ce foyer aujourd'hui perdu dans lAtlantique et atteint le Proche Orient en passant par la zone méditerranéenne et la Crète (
) Il sagit là dun symbole* de la foi nord atlantique en la lumière qui fait naître lhomme de la Terre Mère et la Pierre, du Rocher (menhir)n et accueille en son sein le Dieu Fils, la lumière du monde qui meurt chaque année sur la croix solsticiale pour renaître.
« Dans la langue originelle nord atlantique, Na signifie pierre et mère, ainsi que son doublet Nanna (et fut modifié ultérieurement en Ma, Mamma, et en Da chez les Doriens et Dana chez les Hiberniens/ Irlandais). Lhomme est engendré par la Mère plus la Pierre3, qui donnent Ma-na, manu, mino (Minnos, men, mens, menhir, etc.)n. Comme Mère, Rhéa Cybèle sappelle aussi Ammas, ce qui correspond au Norois Amma grand-mère et qui, en Souabe et en bavarois signifie encore mère sous la forme Amme. » Herman Wirth, La Montée de l'espèce humaine, Diderich Iéna1928.
Certains disent que les Déesses Mères sont, par définition pré indo-européennes4, ce qui va assez dans le sens phallocratique de nos sociétés post évangéliques. Mais ce point de vue était contredit par le Frison Herman Wirth qui pensait que les Indo-Européens avaient connu une société naturellement matriarcale pendant une partie de leur développement5, point de vue que nous partagerons volontiers.

< Déméter fait don du blé à Triptolème, Éléusis, 440 AEC.
La Déesse-Terre en ses 2 aspects saisonniers (D+Perséphone)
« La Déesse Mère appartient au monde animal en même temps quà celui de la nature, puisquils apparaissent comme tout à fait inséparables. La Déesse Mère des origines, qui subsiste en toute femme vivante, est une bête, cest à dire une créature qui aborde la vie avec une grande puissance instinctive, consciente de ce que son corps peut abriter de force vitale et obéit à cette vitalité parce quelle lui fait confiance. Ce corps cette nature en elle possède lexpérience du vivant comme le fait tout animal capable de protéger lespèce à laquelle il appartient ; elle sait dinstinct tant quelle est encore digne de ce nom de Grande Mère comment tisser sa toile (comme Achaiva6, laraignée, image de Déméter), comment construire son nid, comment chercher la nourriture de ses petits, comment allaiter ses louveteaux, comment couver ses oeufs et défendre ses rejetons contre dautres prédateurs. Tout cela fait aussi partie de ce quelle est, même et encore lorsquelle est vêtue comme une femme, coiffée comme une femme, et possède un langage articulé comme une femme, voire même une pensée et une intelligence. Mais limportant, pour cette Déesse Mère qui doit encore vivre en nous, cest ce quelle incarne de sain et et de vivant. » Joëlle de Gravelaine, La Déesse Sauvage, Dangles.
Màj 7 juin 03 : «« Les cycles biologiques confirment la primauté de la nature sur nous. Le cycle de la menstruation, en accord avec les phases de la lune, en est lexemple le plus spectaculaire, mais il y a encore dautres cycles. Nous sommes ballottés par des forces à lintérieur de nous-mêmes, sur lesquelles nous avons très peu de contrôle. Depuis que la femme donne la vie, la primauté de la nature a été célébrée dans le monde antique à travers le symbole de la Déesse.
Paglia nomme ceux qui acceptent la primauté et le mystère de la nature les Dionysiens. Dautres pour lesquels la loi et lordre moral sont primordiaux sont les Apolliniens. Ce sont des visions complémentaires, daprès les dieux grecs Dionysos et Apollon, qui sont apparentés à Shiva et Vishnou. Cette complémentarité est explicitement reconnue dans la tradition indienne à travers la conception du Harihara, une fusion de Vishnou et de Shiva. Cette complémentarité du dieu* et de la déesse est celle de lidée de lépouse du dieu, et de la divinité qui est moitié mâle, moitié femelle, Ardhanarishvara (lAndrogyne)n.
Les païens* dOccident comprenaient aussi cette complémentarité, mais avec la défaite des Anciennes Religions* en Europe, en Egypte et au Proche-Orient, commença un rejet de la nature et de la Déesse en tant que symbole de la nature. La société passa dune glorification de lici et maintenant à celle de lau-delà et de la mort, dune glorification de la connaissance à lidée de la vie éternelle au paradis*.

Déesse Mère de Szegvär-Tüzköves (H), VIème Mil. AEC
En Occident, où les dieux* sont des symboles, des concepts même s'ils sont, quelques fois, partis de grands chefs, de rois ou présidents ayant existé la Déesse Mère se devait d'évoluer en présentant des fonctions spécialisées. C'est le cas chez les Germano-Scandinaves, chez les Grecs, chez les Romains, mais nettement moins chez les Celtes dit on, qui sont restés plus près, en cela comme en bien dautres choses, de leurs cousins Hindous
En Grèce : « Héra, Pasiphaé et Ino étaient des noms de la Triple Déesse et linterdépendance de ces trois personnages était symbolisée par le trépied sur lequel sasseyait la Déesse. » Frazer, Le rameau dor, Laffont, 1981.
Une autre personnification en est Coré/ Perséphone/ Hécate qui figurent le blé en herbe, le blé mûr et le blé moissonné (cf. les Fata : Nona, Décuma et Morta, in art. Destin*).
La Déesse Triple est tout à la fois Athéna jeune fille, la Vestale ; Aphrodite nymphe, la mère ; et Héra (ou Hécate) la vieille femme, la sage. Cest Aphrodite qui offre la pomme à Pâris, comme passeport pour les Champs Élysées où demeurent les âmes des héros » . Frazer.

« Quand les esprits de l'eau sont considérés comme les auteurs de la fertilité en général, il est naturel qu'on les croit capable d'étendre le champ de leurs opérations à l'homme et aux animaux ; autrement dit, qu'on leur accorde le pouvoir d'accorder progéniture aux femmes stériles et au bétail (
) Nous rencontrons dans la mythologie grecque des idées de ce genre sur le pouvoir procréateur de l'eau, témoin les histoires de fleuves amoureux de femmes et les légendes dont les héros et les héroïnes ont pour ancêtre les dieux des fleuves. » Frazer.
Il s'agit là du culte° des Nymphes que l'on retrouve maintes fois, ainsi que du mariage rituel à un arbre* sacré : par exemple, Déjanire qui est courtisée par le fleuve Achéloüs qu'Hercule vainquit avant de la prendre pour femme ; de même pour Persée et Andromède ou bien saint Georges et le Dragon* (Frazer).
Mais, « tous les mythes* primitifs où des Dieux séduisent des nymphes se rapportent semble-t-il, a des mariages entre des chefs helléniques et des prêtresses locales de la lune. » Robert Graves.
Et si tous les arbres sont des Nymphes et épousent des rivières Naïades, leurs enfants sont des Taureaux, chefs fondateurs de cités, tels Alcinoos (cf. notre art. romancé sur Ulysse* et Nausicaa) !
Elle est aussi Junon/ Jana (la parèdre de Janus)/ Diana (Danna), Jeunesse (de lindo-européen *Ya passage, ce qui circule), latin jani déesse du commencement (janvier). Mais cet Y (j) est à coup sûr un symbole sexuel féminin et masculin. Il évoque bien lidée de jet, de jaillissement, de fécondation éjaculer et de naissance, de même dans les mots Joie, Jubiler, Y(j)odler, Jouir : cest le cri primal (cf. note in art. Apollon*). Rappelons que Janus est le père de Fons qui signifie encore fontaine en provençal !
« La Terre toute puissante et l'éther (aether) de Zeus : lui, engendre les hommes, et elle, quand elle est imprégnée des gouttes humides de la pluie, donne naissance aux mortels, aux pâturages et à toutes espèces d'animaux. Aussi l'appelle-t-on non sans raison, la Mère de toutes choses. » Eschyle.

Déesse aux serpents, Néolithique, Grèce.
Vu le 9 oct 03 sur < swastica.com/swastika.goddess/htm > au sujet de cette image de la déesse au serpent de Crète : « Le renforcement de l'association du svastika* avec une figure de déesse est le fait que le svastika peut être vu comme deux symboles de serpent se traversant - le serpent étant universellement associé à la Grande Déesse dans la religion antique. Isis, la déesse le plus largement vénérée en Égypte antique et dans les mondes de la Méditerranée, a été associée au serpent. Le son de son nom évoque non seulement le sifflement d'un serpent mais, curieusement, les quatre lettres qui composent son nom (is + is "surgissement")n lorsqu'elles sont mises l'une sur l'autre, forment le symbole du svastika, et la croix formée par les deux i (X)n est absorbée dans le svastika formé par les deux s (
) Partout dans les cultures antiques de l'Europe* et la Méditerranée, le svastika a été largement employé comme symbole* pour représenter la Grande Déesse, avec les déités féminines Astarté, Athéna et Artémis, toutes étant associées à ce symbole. Une des images de déesse les plus vieilles que l'on a déterrées - une figurine principale de Troie (Illion)n datant du troisième millenaire AEC - un svastika* est inscrit sur son triangle sexuel. » Cf. art.
Déméter est quelques fois dite Eurôpé, cest à dire au large regard ou aux yeux de vache : nest-elle pas ici lAudhumla de la mythologie germano-scandinave (cf. art. Abondance*)? Dautres fois, comme à Phigalie en Arcadie, elle est représentée avec une tête de cheval et des serpents grouillent dans sa crinière poséidonienne comme dans celle de Méduse larchaïque Déesse Soleil démembrée par le cataclysme mais re-naissante et moqueuse, sa chevelure rayonnante emmêlée de civelles.

Déméter aux serpents et aux épis, M. n. Rome
Déméter est la fille du Titan Kronos (cf. § in art. Astrologie* nordique). Cette déesse de la vie, de la mort et de la renaissance de la terre, exhibe-t-elle ici les nouveaux épis en dépit de laction des serpents/ civelles de la Grande Submersion?
« La grande déesse terrienne dÉleusis est Déméter, la Terre Mère, la terre fertile de lagriculture, la terre cultivée, qui est aussi la terre où le grain meurt, pour renaître, et dont la fille Perséphone épouse du roi des enfers Hadès est une redondance chthonienne, souterraine. Mais, parallèlement, lAntiquité classique connaît des divinités de la terre élémentaire sauvage: la mère de Déméter nest-elle pas Rhéa, épouse de Cronos (Saturne), et son aïeule Gaia, épouse dOuranos?
« Rhéa cette terre vierge primordiale sera assimilée par les Romains à Cybèle7 , la Magna Mater, la mère de tous les dieux, et en particulier de Jupiter, le roi des Olympiens. Donc, très vite, le symbolisme des divinités terrestres a tendance à se polariser autour dun couple de valeurs antagonistes : une materia prima, noire, originaire (la kêmia des Égyptiens qui a donné notre mot alchimie*), sauvage, chthonienne, funéraire, opposée à une terre ordonnée, travaillée, féconde et labourée, à la fois refuge et conquête exodique des hommes, «Terre pure» du bouddhisme amidiste, Terre promise, Terre des Saints des différentes traditions sémitiques ou celtiques. » Encycl. Univers.
Mais, pourquoi ne pas citer aussi leurs équivalents nordiques Erda, Jordh et, finalement, la Terre Sainte (Helgo-Land) qui fut assimilée à lAtlantide par Spanuth ?
« La terre diurne, cultivée, est symbolisée dans la théogonie par Déméter-Cérès qui appartient à la deuxième, sinon à la troisième génération divine; elle est essentiellement la déesse du blé; et lodyssée de la déesse à la recherche de sa fille Perséphone-Proserpine ne fait quindiquer le rythme cyclique qui fait passer du diurne au nocturne, et vice versa, aussi bien les graines des céréales que les saisons de la terre et même le destin des hommes ou des fils des déesses, qui «ressuscitent» tôt ou tard.
« Bien que, dans la mythologie* classique, les valeurs métallurgiques soient plutôt liées au feu dHéphaïstos-Vulcain grâce à lintermédiaire, indispensable à lagriculture, du soc de charrue une valence métallique est introduite dans la mythologie de la terre. La charrue, inventée par Athéna, fille de Zeus* et sur dApollon*, sert à faire régner un ordre apollinien sur la terre, aussi bien dans les champs que dans la fondation des villes avec Romulus8 (cf. § in art. Rite*)n (
)
« On a donc affaire ici à une terre fécondée, une Vierge Mère parturiente, sinon à une terre virilisée par le soc comme par la bêche ou en général par tous les instruments aratoires (en sanskrit langala, la «charrue», est quasi homonyme de linga, le «phallus»). » Encycl. Univ.
La Déesse Mère est aussi Perséphone la Déesse du Blé dhiver (qui passe six mois sous terre), donc de la fécondité. On la prend pour sa fille depuis cette nouvelle Ère qui vit re-naître la terre gastée par le kataclysmos de Théra au 15ème s. Et, elle est aussi Amphitrite, et donc Héra (la Terre du Marais
qui reverdit après le cataclysme boréen du 13ème s.)

« Les vieilles croyances de la Méditerranée sont caractérisées avant tout par le culte dune Grande Déesse, divinité toute puissante qui règne sur la nature et sur les hommes. Sans elle, rien ne pousserait, ne naîtrait, ne proliférerait. Les plus vieilles tombes de Crête quon appelle quelquefois Candie ; des Cyclades ; de la Grèce continentale (aux temps quon appelle helladiques) ; ont révélé un même visage de cette déesse première, à travers laquelle les Méditerranéens ont exprimé leur reconnaissance et leur peur. Leur reconnaissance car cest elle qui fait germer le blé semé en terre, qui donne aux arbres leur feuillage et leurs fruits, aux hommes leurs enfants, au sol son humus. Leur peur aussi car elle règne sous la terre, ténèbres compactes, immobiles, ce domaine mystérieux où vont senfouir pêle-mêle les graines, les animaux, les hommes morts, les âmes. Tout se crée par elle, mais tout se perd aussi en elle. Aussi est-elle représentée, selon les cas, sous des traits bienfaisants comme une Mère immense qui accueille en son sein tous les êtres et engendre à linfini tout ce qui vit ou comme la Maîtresse des morts et des esprits des ténèbres : celle qui frappe, qui anéantit et que lon représente, alors, tenant en main des serpents ou dominant des fauves. (
)
« Cette Grande Déesse, cette Terre Mère comme lappelaient les Anciens, on la retrouvera dans tous les mythes* de lAntiquité méditerranéenne avec ce double visage de bienfaitrice et de reine des morts. Par la suite on lui adjoindra un compagnon, un dieu mâle qui demeure sous sa dépendance et dont lHistoire porte déjà la marque dun destin tragique. Car ce dieu, assimilé le plus souvent à la végétation, et quon représente parfois sous laspect dun arbre10, dun feuillage ou dun épis, naît et meurt chaque année pour renaître. Chaque année, quand les feuilles tombent des arbres et que le grain séjourne dans lobscurité de la terre, le dieu mâle meurt lui aussi. Et ce cycle dramatique de mort et de renaissance indéfiniment répétées est à lorigine des mythes les plus beaux et les plus dramatiques. Car tous ces dieux qui meurent et dont des peuples entiers pleurent la disparition saisonnière avant de célébrer leur résurrection Attis en Asie Mineure, Adonis en Syrie, Dionysos en Grèce sont indiscutablement très proches de nous. Ils expriment, à travers leurs épreuves, langoisse de lhomme devant la nature : la mort des feuilles des graines, de la vie végétale drame quil assimilera peu à peu à son propre destin*. Et, à force de confondre son destin avec celui de ses dieux, lhomme finira par découvrir en eux des êtres nés pour lui, dont les épreuves deviendront une passion, des dieux venus expressément pour lui apporter le salut. Ainsi est né il y a quelque deux mille ans et plus, sur les bords de la Méditerranée, cette intuition prodigieuse qui fait du dieu le sauveur de lhomme, et de lhomme un dieu en puissance » . Jacques Lacarrière, Au cur des mythologies, Félin, 1994.
« Je suis la nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes*, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. Cest moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du Ciel, les souffles salubres de lOcéan, le silence lugubre des Enfers (
)
« Puissance unique, je suis par lunivers entier adorée, sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents. Les Phrygiens, premiers nés sur terre, mappelaient Déesse Mère de la Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de lîle de Chypre, je suis Venus de Paphos ; chez les Crétois armés de larc, je suis Diane Dyctinna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Stygienne ; chez les habitants dÉléusis, lantique Cérès. Les uns mappellent Junon, dautres Bellone11 ; ceux ci Hécate, ceux là la déesse de Rahmnonte
Les Égyptiens, Isis 12 ; Nanto Suelta chez les Gaulois et chez les Baltes Verthus13, selon Tacite » . Apulée, Les Métamorphoses.

Épona, trouvée en Rhénanie
On pourrait y ajouter Épona, Sirona, Rosmerta, et Bélisama qui furent aussi assimilées au culte dIsis avant dêtre phagocytées par les saintes vierges mères à partir du XIIIème siècle (Persigout)

Pain de mariage, Chypre.
« Aphrodite, Perséphone, Freyja Hel (Nerthus), les déesses de lamour, donc de la fécondité, et de la mort sont les aspects contraires cest à dire complémentaires de la seule Mère Primordiale. La Vie, ou lAmour, et la Mort sont les frontières mystérieuses du principe féminin lui-même » . Aniela Jaffé, Apparitions, Fantômes, Rêves et Mythes, Mail Mercure de France 1983.
Cest elle aussi qui figure sous les traits de lArtémis grecque, de lArtémis orthis de Sparte et de lErtemi lycienne (cf. germ. erde), ou de la Diane romaine :
« En fait, Diane est une divinité assez ambiguë. À lorigine, elle semble patronner les prima, les commencements. Cela lapparente effectivement à Heimdall, et aussi à Janus14. Cela explique également son rôle de patronne de la procréation et de la naissance des enfants, (du Dieu Fils en particulier dont elle serait alors et la Mère et la Jumelle*, cf. art. Apollon*)n.
« A sa fête*, aux ides daoût, les femmes romaines se rendaient en procession dans un bois consacré ; celui ci abritait une source et, disait on, une nymphe dont le nom, Egeria, fait référence aux accouchements. Par la suite, Diane devint une déesse de la chasse et de la fertilité sauvage (antérieure à lintervention de lhomme). Enfin, très tôt assimilée à la Grecque Artémis, elle en vint à patronner aussi le monde nocturne et souterrain. C'est en effet cette assimilation qui la fait accoupler à Hercule dans le premier lectisterne collectif romain, et qui lui donne son aspect de déesse lunaire (Mondgöttin) » . Alain de Benoist, Les traditions d'Europe.
Artémis était née en Ortygie, le pays des cailles voyageuses et était soeur dApollon dHyperborée, quHomère relie à Iphigénie15 : « avec elle sébattent les nymphes, filles de Zeus, enfants des campagnes, au ravissement du cur maternel de Létô. Sa tête et son front les dominent toutes, on ne peut sy tromper, bien que toutes rayonnent de beauté
» Homère, lOdyssée.
Artémis est dite Aléithyia nom où lon retrouve Thuya, Thulia la Thulée sacrée Aléthéia la Vérité*
elle qui sort toute nue dune fontaine comme Diane au bain et qui, par bien des côtés, est notre déesse des accouchements, Maïa !
Toujours en Grèce, Héra Xoanon est un pal/palladium en poirier, ce qui est caractéristique des figurine dHéra (du Marais) : il est noir et or (chryséléphantin?, cf. #B, art. Vierges-Noires*)
Chez les gnostiques, la Déesse Mère évolua en Athéna Sophia Assina la sage, ce qui explique le nom de la basilique de sainte Sophie à Constantinopolis.
La fille de Diane et de Lucifer/ Prométhée est Ara Dia, Hérodias16, devenue Hérodiade, sans rapport avec le personnage néo testamentaire. On sait quune confusion a été développée ultérieurement par les chasseurs de sorcières entre notre déesse et cette reine qui aurait fait demander la tête de Jean le Baptiste par sa fille Salomé17, personnages très fortement légendaires si lon en croit Robert Ambelain dans son remarquable livre Jésus ou le mortel secret des templiers (Laffont l970).
La Déesse Mère sappelle Déa Arduina dans les Ardennes, et son nom se retrouve dans Danaée, Danaéens, Danes et enfin Diane dont les prêtres sont les Dianici, ce qui referme la boucle ! Certains auteurs lidentifient à Freyja° la Vanadise
Le 1° Mai était la fête* de la Bonne Mère Phrygienne (frugienne) cest à dire Cybèle celle à la hache (cf. labrys, bipenne in art. Francisque*).
Disons aussi un petit mot dHécate : on traduit quelquefois son nom par nuit sans lune, période pendant laquelle aucune vache nest fécondable ! Ceci, seul, est déjà de nature à expliquer son côté
maléfique !
Chez les Nordiques : Disâ est lâme de la terre et le moi de chaque âme (P. Y. Guillaume) ; elle est Nertha, Jordh et Gerdha pour les Suèves, mais aussi Audhumbla/ Abondance*. Dun point de vue runique* ce trinêtre maternel est composé de Uruz
, de Perthru
et de Birkana
. Bien avant notre fête des mères (qui est devenue surtout la fête du commerce), la Nuit des Mère était le Solstice dhiver, cette Nuit de Veillée (all. Weihnacht, Nuit dIn-auguration) qui verrait naître le Dieu Fils, ce soleil nouveau pour la nouvelle clarté Neu Helle au moment de Jul* (lépiphania) :
« Le culte de la lumière créatrice était célébré dans le plus grand des mystères et dans des sanctuaires souterrains consacrés au vieux couple universel de la Terre Mère et du Soleil. Il était représenté par la Déesse Mère » . Michel Moreau, cit.
Il se pourrait fort que la soleil ait été une forme archaïque du culte de la déesse mère. En effet, compte tenu des trois genres pratiqués dans les grammaires des peuples indo-européens anciens (le français moderne na plus que deux genres quand le gaulois en avait trois), ce genre féminin ne peut être un hasard, dautant que cette Soleil donnait le jour, rituellement lors du solstice dhiver, à un Dieu fils. Mais, nous le verrons à plusieurs reprise, la Déesse mère est aussi la Terre, quand elle nest pas la Lune : nous ne ferons donc pas de ce trinêtre fonctionnel un sujet de dispute !
« La triplicité est une sorte dexpression superlative de lunité, mais elle exprime aussi lhabitude dune vision triple du monde, des êtres et des choses dans lauthentique prolongement de la tripartition fonctionnelle* du monde indo-européen* bien mise en évidence par Georges Dumézil. » Philippe Walter, Le Devin maudit, Ellug Grenoble, 1999.
La triplicité de la Terre Mère est fonction de son état. Ainsi Jordh/ Nertha est la Terre, Héra la Biche Mère est la Terre Mère noire du Grand Marais
Màj 03 juin 03 :
LA NUIT DES MÈRES
«« La fête nordique dite de la nuit des Mères est mentionnée par Bède le Vénérable (De temporum ratione , XIII) qui rapporte cette expression (Modranith) comme désignant, aux temps païens, la veillée de Noël. En première approximation, cette appellation atteste une influence celtique irrécusable et renvoie au culte des Mères (Matres, Matrae, Matronae) qui, sil ne paraît pas avoir été connu de la Scandinavie à proprement parler, a joui dune popularité bien établie dans tout le reste de la Germania : tant en Allemagne continentale quen Frise, on a la preuve de lexistence de divinités féminines de la fertilité-fécondité, conçues dabord comme donatrices. Presque partout, on a retrouvé des stèles et des gravures représentant des femmes, debout ou assises, tenant dans leurs mains des fruits ou des cornes dabondance ; on les appelle Gabiae, Alagabiae (daprès un thème initial intéressant qui évoquerait lidée de chance) ou Dea Garmangabis, noms dans lesquels revient constamment gab , qui signifie «don». Telle est, par exemple, la Nehalennia frisonne. On peut aussi, naturellement, penser à lIdhunn nordique avec ses pommes de jouvence.
Sans doute ces femmes peuvent-elles être mises en relation avec certaines déités ou représentations fatidiques (cf. art. Destin*)n, telles les valkyries. Mais il est plus satisfaisant de les considérer comme une résurgence récente, ou comme une coïncidence, favorisée par les influences celtiques, avec une notion très ancienne, celle des dises (dísir ), qui présidaient à la naissance de chaque être humain et le dotaient dun destin propre, et mieux encore et en remontant plus avant dans le temps, avec cette Terre-Mère dont les gravures rupestres de lâge du bronze scandinave (~1500 à ~400) attestent lextrême popularité ainsi que lextension de son culte. Avec ces deux thèmes de destin et de fertilité-fécondité, qui sont en interaction, on se trouve au cur de ce que lon peut considérer comme un des états archaïques de la religion nordique ancienne (3ème Fonction* dumézilienne)n.
La nuit des Mères mentionnée par Bède le Vénérable et associée à la fête de jul (Noël) cest-à-dire au sacrifice rituel et saisonnier aux Alfes (álfablót ) fête* de la fécondité par excellence, serait alors ou bien une perpétuation ou bien une résurgence intéressante dune attitude cultuelle aussi vieille que le monde nordique. Et, à lépoque où écrit Bède, dans le monde anglo-saxon plus ou moins coupé de la souche scandinave, il nest pas interdit de chercher, derrière la nuit des Mères, un souvenir plus ou moins inconscient du culte autrefois voué à Frigg ou à Freyja, lune et lautre maîtresses de la fertilité-fécondité. »» Régis Boyer.
Màj proposée par notre correspondant et ami <pierre.albuisson@wanadoo.fr> ce 10 avril 04 : Parlant de la Terre-Mère, le Mabinogion nous dit : « Une terre fertile devient une terre de désolation quand les Déesses gracieuses et libres donnant la Vie ont été abusées. Il est dit que la terre sera reconstituée une fois les gardiennes reconnues et honorées : alors, nous entendrons à nouveau :
"LE RIRE DES PUITS A LA TERRE"
Chez les Celtes : En Irlande la Déesse Mère se nomme Delbaith, cest la forme indifférenciée, landrogyne° primordial, père de Ethné (> ethnie) et Mère des Dieux, et père de Elatha (cf. Elethéia?) roi des Fomoré18 ou père dEri lirlande, (lien), et de Elada la science. Elle est la mère et lépouse de Lug (feu, lumière et logos).
Dans une autre version nous apprenons que Brigantia Brigitt, la triple Brigitt, mère de tous les dieux, représentante des trois Fonctions* à la fois, est la femme et la mère du Dagda. Elle engendre avec Bress (cf. Beth et Bez égypt.) les trois druides primordiaux dIrlande : Brian, Incharba et Luchar, tous trois fils de Dana19 qui est elle-même la mère du Dagda le père des dieux
Les déesses ou génies germaniques Bethen pourrait bien leur correspondre? Rappelons que les Bisses suisses sont des ruisseaux canalisés à flanc de montagne, et la parenté de tout ce petit monde avec les mot gaulois bith Vie
Elle est aussi Bélisama (> latin bellum) déesse guerrière avec ses cavalières amazones* 20, proche du romain Mars, du gaulois Camulos, et de Sucellus le Celtibère.
La première femme dIrlande avant le déluge* qui engloutit le Château des Merveilles centre du monde, et plus particulièrement résidence du Roi Pêcheur Posites, était Cesaire la grêle, (cf .Hagal à larticle Runes*, et aussi Celtes*).
En Grande Bretagne : La Déesse Mère de Glastonburry21 , qui est un omphalos*, est réduite à une vulve, une Mandorle
: figure quon retrouve sur les Blasons* et sur les chapiteaux des églises romanes. Nous la retrouverons, figurée sous les traits de Sheila na Gigg, lIrlandaise, dans larticle Sexualité* dans celui parlant du Mythe*
En Gaule, Rosmerta est la plus puissante des Déesses Mères. Elle est souvent associée à Lug. Morgane, Viviane, Mélusine sont aussi des Vierges Mères et sont toutes fêtées à la Chandeleur ou fête* dImbolc (cf. aussi Abondance*). Chacune delle est préférée par une teuta/ tribu particulière, il en est de même pour Épona.
« Les deux fées° qui entourent Merlin sont Viviane/ Ana et Morgane/ Morrigane, deux grandes figures de la Déesse qui, même si elles nen font en réalité quune, permettent ainsi de souligner la double filiation traditionnelle des Druides historiques en Europe occidentale : indo-européenne* et néo/ mégalithique ». Bernard Bouyer, revue Message, n°54.
Léglise de Lerné, en pays chinonais, abrite une statue en bois dite de sainte Némoise22 qui a le bras cassé. On lappelle la bergère ou la fileuse, elle a le pied droit palmé : cest donc une Reine Pédauque, Pé dAuca pied doie ou de grue (cf. la Rune* Algiz
)!
Les Reines Mères Guenièvre23 et Yseult/ Essylt (Aurore), sont aussi à leur place ici et méritent une précision : par nature la Reine Celtique passe dun souverain à un autre, soit parce que cela remonterait à un hypothétique matriarcat archaïque de lépoque où lon ignorait le rôle de la semence masculine (?) et où lon tuait symboliquement (cf. § gui° in art. Arbres* des Dieux le vieux Roi Soleil tous les ans au Solstice dHiver (de même pour le sacrifice de son jeune substitut, en fait remplacé par un animal), soit parce quelle représente la Souveraineté et que le roi en exercice nest pas son maître, mais son dépositaire (cette formule est, de loin, plus enrichissante que la précédente).
Lorsquon dit quelles offrent lamitié de leurs cuisses aux jeunes druides° stagiaires, cest par extension de leur rôle initiateur* : la druidesse joue le rôle de Mère Primordiale dans ces stages dinitiation et peut être leur apprend elle les secrets de la jouissance féminine, base dune bonne partie de la stabilité du couple, en même temps que certaines techniques de contrôle des naissances : dune part, par la maîtrise de soi avec la pratique du coïtus interruptus, qui est dordre spirituel ; et dautre part, sur le terrain pratique, par le rôle de léponge vinaigrée et de la feuille de lierre, ou de la tige de persil, voire de la Rue qui ont dû être découverts fort peu après le rôle du sperme dans la fécondation. La Grèce archaïque était déjà très au fait de toutes cette question et nous la citons parce quelle nous en a laissé des traces écrites (cf. art Sexualité*) !
Il se peut aussi que, consciente de sa valeur, la Déesse Mère/ Druidesse ait cherché à procréer avec les meilleurs de ses stagiaires, pour enrichir le pool génétique des îles (génératrices disola génétiques). Ceci pourrait expliquer leur décollage intellectuel et spirituel et la particularité claire et lumineuse de leurs Sages/ Ases
.

Après loccupation romaine, les Matres/ matronae gallo romaines :
Le nom gaulois de ces Matres est Martes Nemetiales Mères du Bois Sacré, nom où nous remarquerons une r ainsi que la racine contenue dans Németon : voilà qui nous permet de comprendre le nom de la basilique et du quartier parisien de Mont-Martre et nous semble plus convaincant que Mont de Mercure, quoique
après avoir lu notre étude sur lAstrologie* nordique, on puisse tout à fait concevoir quun németon/ tertre astronomique un ballon ait été dédié par les initiés* de première fonction* au Mercure gallo-romain Lug, tout comme le fut le Mont-Dore en Auvergne !
Il est aisé de concevoir que sur un tel ballon/ németon on ait déterminé le positionnement exact de lEscarboucle (cf. art. Blasons*) ou Muhlespiele avec ses huit rais en Étoile ou Rose de Wotan (Mercure en sa fonction dHermès* lorienteur) et que la Nuit des Mères y ait été déterminée comme étant comprise entre le sud-ouest où se couche le soleil, et le sud-est ou il se lève au solstice dhiver (
, cf. art. Astrologie* nordique) car cest là le lieu de la naissance du Dieu-Fils Soleil et de la Neu Helle ou Nouvelle clarté que les Grecs appellent épiphania ! Une festivité religieuse qui, compte tenu de sa prégnance populaire, sera reprise avec le succvès que lon sait par
la nouvelle foi !

Remarquons sur cette image combien les plis calculés par le sculpteur de la seconde matrone, dont voici deux autres exemples plus détaillés plis fort peu naturels, convenez-en ressemblent à lArbre de Vie/ Yggdrasil des Nordiques càd à lIrminsul* des Germains) : nest-ce là quun hasard ?
Nous nen croyons rien car, dune part ces matronae ont été diffusées à un grand nombre dexemplaires et, dautre part, les Seins de la Déesse sont un vivant symbole*, depuis au moins le
paléolithique !
Dans léglise romane de Mailhat, à 30 km au Nord de Clermont-Ferrand, il y a une Déesse Mère qui allaite deux serpents ; il en est de même sur une colonnade du cloître de labbaye de Lavaudieu.
À Langon, près de Redon, il existait une chapelle Ste-Véner (!), dont le temple païen quelle à recouvert ne pouvait quêtre consacré à Vénus. Elle était invoquée par les nourrices afin davoir plus de lait. Elle nest devenue sainte Agathe la Bonne, quau XVIIIème siècle

Vénus de la nécropole de Puput, Tunisie
Il faut cependant préciser que les Gaulois ne figuraient jamais leurs dieux, et que : « cest seulement lincorporation des croyances celtiques jointe aux possibilités données par lécriture (vulgaire)n empruntée aux Romains qui conduisit à lapparition des monuments que nous connaissons pour le culte des matrones. » Rudolph Simek.

Un Trinêtre ? Nous aurons pu remarquer sur la figure ci-dessus les deux enfants qui font ressembler ces Martes gauloises (cf. prénom Marthe et la pseudo sainte Marthe) à un trinêtre (triglav). Par la suite, ils se sont réduits à un seul enfant symbole de maternité et de descendance, le Fils (et le Dieu Fils de la Soleil, Sol/ Saul). Cela peut servir à comprendre lévolution qui conduira vers les XIIème/ XIIIème siècle à la mode bénédictine ou cistercienne des vierges Mères pariturans ou lactans, puis aux Vierges Noires que nous retrouverons un peu plus loin, en 2ème partie, # B

Cette triple déesse que nous venons de rencontrer à plusieurs reprises, figure le Trinêtre au féminin qui est aussi représenté par les trois Grues° sacrées* (garanos) du Grand Marais. Lune de ces trois figures était patronne des poètes, lautre des forgerons et la troisième des médecins. Les fonctions de la première et de la troisième échurent à Apollon* son jumeau, et la forge à Vulcain Héphaïstos24 cest à dire Hémérophaïstos celui qui brille pendant le jour qui représente le Soleil. Car la Déesse Mère* triple Brigit25 connaît trois états : la Jeune fille, la Nymphe et la vieille Sage (femme).

Divinité tricéphale de Cébazat (P. d. D.) & La Vierge de Polignac
À gauche, on remarquera les deux visage de ce trinêtre, pris dans les boucles temporales. À droite, la Vierge de Polignac (cf. art. Apollon*!) nous semble particulièrement intéressante parce que la figure montre la filiation verticale entre laïlleule (Anna), la nymphe (Marie), et lEnfant solaire ou Dieu Fils. Les figurations des Martes/ Matrones gallo romaines sont habituellement horizontales et le Trinêtre est un être unique ayant trois faces mais, ainsi réalisée, la Vierge de Polignac fait la transition vers lattitude parturiente des Vierges Noires que nous verrons un peu plus loin
Lapparition de ces trinêtres nous a semblé, à nous qui sommes très béotien, des plus naturelles, comme les phases26 de la Lune. Mais dautres, plus profonds (ou plus intellectuels) nhésitent pas à parler à ce sujet de triplication majestive
Chez les Hindous, à côté des dieux masculin tri fonctionnels* formant leur Trinêtre, Sarasvati est restée une déesse trivalente qui est encore la synthèse des trois fonctions* comme si son évolution ne concernant pas le monde social, corporatif les varna (et non les castes) elle était restée la Mère, la mère de toute la famille.
En Russie : on a trouvé la Vénus ci-dessous,en ivoire de mamouth et datée de 22 000 AEC (!) à Kostienki

Màj 8 févr. 04 proposée par notre correspondant Slan a Gaël : « "LADA" est chez les Russes la Dame Blanche et ce mot est prononcé phonétiquement La Hada en Espagnol, La Fée. D'ailleurs en Celtibere moderne on a trace d'une autre locution que les Russes ont gardé mais qui à été bien gommé ici en France, adjectif relatif à une particularitè du Dieu Lug : Dico, hadar "prédire, annoncer, enchanter, non loin de hablar (*bha, bla Nr.t), haedo "hétraie, lieu planté de hêtres" ( = tertre sacré, Nr.t : cf.<cromlechpyrene.com> et aussi <info@cromlechpyrene.com> ).
Màj 20 mars 04 : Vu sur le site <ifrance.com/ilion> de mythologie russe, en français « Le culte de la Grande Mère de l'univers est commun à toutes les tribus préhistoriques de l'époque. Les archéologues trouvent souvent des statuettes aux traits féminins soigneusement soulignés. De telles statuettes sont typiques pour tout l'espace européen, y compris la Rome et la Grèce les plus anciennes. Nous ignorons le nom porté par la Mère du monde dans la région slave. L'auteur de l'article est tenté de croire que son nom était Slava, d'où la désignation des gens habitant le territoire où son culte était répandu sous le nom de "Slaves". De telles formes sont bien connues: ainsi la plus grande communauté des tribus slaves du 9-ème siècle, celle des Krivitches, reçut son nom d'après le dieu principal qu'ils vénéraient - Krive (Krivitches, patronyme du nom Krive, signifie "les fils de Krive").
L'image de cette grande déesse pénétra la mémoire populaire si profondément que 5-6 millénaires de changements historiques et, par conséquent, mythologiques ne réussirent pas à l'évincer ni à la remplacer par une autre image. "Mère-Terre Humide", toujours dormante, donatrice de grandes forces à un héros, resta un personnage des contes russes jusqu'au 19ème siècle.
Bannik - esprit des bains, lieu de divination et de magie. Il est hostile aux hommes. Pendant les fêtes de Noël il aide les jeunes filles à interroger l'avenir, à deviner à l'avance leurs promis. » (cf. aussi notre art. Sirènes*)
Mutation ? Il y a un autre point qui excite notre curiosité, cest que, dans le culte de la Déesse-Terre/ Déesse Mère*, a surgi un culte à la Lune tout à coup dirait-on et qui, déjà, introduit une tri fonctionnalité destinale dans le culte de la Mère. Elle devient ainsi tout à la fois et Vierge, et Nymphe27 -Mère et grand-mère Maïa28 la Sage (les trois phases visibles de la Lune) et les trois Nornes/ Moires/ Parques ou les trois fées du Destin*, puis les trois Charites/ Grâces (cf. article Danse*), voire les trois Muses archaïques. Toujours ce trois qui ne nous quittera plus

Dès lors, les rites* nont plus lieu dans la grotte où sourd une murmurante source de Vie
et de Mémoire, mais en plein air, par pleine lune et par temps clair, sur des lieux dégagés, németons, tertres ou sommets car la lumière réfléchie porte à la réflexion : où allons nous dans cet infini stellaire ?
ou Avant de savoir où lon va, il faut savoir doù lon vient !
Cela porte au symbolisme*, puis à lintellectualisation des concepts
Les druidesses, prêtresses de la Lune telle Circé le Faucon ont leur place à côté des Grands Sages qui établissent les premiers discours sur les astres ou astrologie*, prémisses de notre astronomie* scientifique car cest eux, conjointement, qui organisent les études des chères têtes blondes de nos ancêtres et, ont alors lieu les initiations* en trois paliers, pendant
vingt ans !
Ce surgissement culturel, qui, pour lEurope du Nord, débute avec la civilisation mégalithique puis saffine avec les Atlantes*-boréens, nest-il quune apparence, un artefact ? Un fait est : il y eut une révolution psychologique, intellectuelle et sociologique après lépreuve de la Grande Catastrophe de 8500 AEC. On nous objectera, et on la fait : Cest parce quil y a eu une mutation génétique dans le grand marais Maglemose, la preuve en est que : les Aryens sont plus blancs, et ils sont xanthos (blonds), et ils sont grands, et ils sont ingénieux, et ils sont indépendants, et ils ont inventé la démocratie, et leurs moeurs sont supérieures à celles de Romains, et encore ceci
et encore cela
Cest bien possible, mais nen jetez plus car avec lantiracisme institutionnel ambiant cest louverture de la chasse29 assurée ! Mais, nous sommes ici sur un terrain culturel et mythologique, il ne sagissait là que de citer un amusant concentré dauthentiques citations antiques !
Implications psychologiques :
Nous avons pu lire ça et là (Bachofen, Évola) que les oppositions hommes femmes ou sociétés matrilinéaires et sociétés patrilinéaires, étaient irréductibles. En fait, il ne sagit là que dun héritage culturel qui nous semble peu compatible avec lesprit de synthèse plus exactement de synécisme qui a découlé de la guerre de fondation* des Ases et des Vanes (laquelle figure aussi lopposition matriarcat/ patriarcat) et que représente si bien le dieu solaire Balder (Apollon), prophète si lon veut, dun cosmos vivant, dun all-leben
Niant aussi cette opposition, les psychothérapies Jungiennes traitent le rapport à la mère dune manière très différente de la psychanalyse Freudienne : au lieu de le vivre comme un interdit refoulé quil conviendrait de détruire et lon sait que cest impossible car cela conduit à de nouveaux refoulements en cascade, une spirale infernale qui va même jusquà la destruction sociale ce que, dailleurs, Freud admettait comme une destiné dramatique lobjectif est de réintégrer la part féminine indispensable dans la personnalité masculine, ou la part masculine dans la personnalité féminine : Jung nommait Anima cette part équilibrante de lhomme et Animus celle de la femme :
« LAnima, la femme, est toujours un peu la Mère, le refuge unique qui renvoie aux origines alors que lAnimus, lhomme, recouvre différentes manifestations de la virilité qui se projettent dans lavenir. En effet, si lhomme vit limage féminine comme un retour à son origine, la femme vit linstallation de cette figure masculine comme un but à atteindre en se détachant de lorigine la mère. Cest ce qui explique sans doute la diversité des figures masculines intérieures qui ont été incarnées dans lenfance dune femme, non seulement par le père, mais aussi par les frères, les cousins, les professeurs, les prêtres, les médecins, les hommes célèbres, etc.
« Quune personne qui a eut une mauvaise mère et le sait vienne à créer inconsciemment limage dune mère idéale, dune personnalité secourable sorte de fée marraine protectrice elle reçoit ainsi de son inconscient lénergie maternelle secourable quelle ne peut attendre de sa mère. Que cette image sélargisse jusquà une symbolique divine de la Mère céleste ou de la déesse mère initiatrice des mystères, elle peut alors, grâce à cet archétype*, mobiliser lénergie correspondante quelle na pas reçu de lêtre humain limité quétait sa mère. Est-ce une illusion, un fantasme ou une fonction psychique réparatrice qui tend à restaurer lindividualité ? » Marie Claire Dolghin, Les Saisons de lAnnée, Séveyrat, 1989.
Nous disions donc que la triple déesse est aussi Lune Brillante dont dautres noms sont Brigitte°, Brizo déesse des naissances, Athéna lAsine, Diane° ou Artémis° chez les Grecs. Ce sont là les trois âges que lon a déjà vu dans larticle Destin* en étudiant les Nornes/ Parques/ Moires et leurs descendantes dans nos Contes de Fées, puis leur évolution esthétiques jusquau Muses/ Charitès !
<
Chambre des fées, Coincy F02.
LAbbaye Royale de Fontevraud : dernier habitat des Déesses Mères ? Cette abbaye, unique par sa mixité (relative), lest plus encore, sans doute, par le fait quelle fut dirigée par 36 abbesses successives issues de la plus haute noblesse et cette lignée ne fut stoppée que par décision de
la Révolution.
Folklore :
Dans les Recueils de folklore ou les Dictionnaires de superstitions, nous trouvons des rites* de passage à travers une Pierre percée, un Arbre* creux (cf. notre Festival dAspremont, Tome I) ou par un tunnel sous les racines du vieux Chêne Sacré*: ainsi les mystères druidiques faisaient ils re-naître les impétrants, les Mystes pour les Grecs et les Thüler nordiques à la nouvelle vie annuelle et à la connaissance spirituelle du Nord (la Clé), par le passage à travers la fenêtre de visée solsticiale, en traversant la Pierre, le Dolmen ancestral, par le Trou
Ing (ou Ø) ou Bouche sacrée* de la Déesse Mère, Sheela na Gig / Baubo / Bethen (cf. infra : compléments Màj) ! Telle est lépiphania, la réapparition du Dieu Fils au Solstice dHiver lors de la nouvelle clarté du Soleil, cest à dire sa Neu Helle ! (cf. art. Astrologie* nordique).

Voilà, en guise de conclusion, qui nous ramène du concept de Mère Divine à la mère de chacun ; de lidéalisation, du modèle, à la douce réalité
* * * MAÏA * * *
En Grèce : Maïa, la plus âgée des Pléiades, était la fille du Titan° Atlas (cf. § in article Atlantide* boréenne) et, tout comme Calypso la cachée, elle vivait dans une grotte sur le Mont Cyllène, en Arcadie. Elle (ou une autre Maïa) conçut avec Zeus* le petit Mercure/ Hermès* qui vola les troupeaux dApollon mais les lui rendit ce qui est manifestement un rite* (cf. les Vaches de Cooley in myth. Celt.) et qui, pour se faire pardonner, lui offrit la lyre à trois cordes quil venait dinventer. Or, puisque ce type de Déesse Mère* a toujours trois visages30, nous supposerons donc que la troisième figure était Vesta (Ouesta)/ Hestia (Héra du Marais) sur (et épouse) de Zeus (*Diew), la déesse du foyer domestique à qui lon donne des offrandes en début et en fin des repas (cest ce rite* païen qui est devenu le benedicite des Chrétiens)
Comment ne pas penser à la fuite dAriane avec [Thésée.pdf] <(clic) ce Héros Solaire et à ses 7 compagnons/ offrandes promises au Minotaure afin de repeupler lîle après sa destruction par lexplosion du volcan Théra, le terrifique Monstre de Santorin (lÎle de Saint
Taureau) ?
Repopulation quinitie, bien sûr, le rite* de la reine figurant Pasiphaé la Lune qui sera prise par le Minotaure le roi Minos sous son rituel masque* taurin rite probablement suivi de la pésentation publique des offrandes dAthènes : les 7 jeunes gens immigrants
À Rome : Maïa était la femme de Vulcain (Héphaïstos), un Titan° artisan métallurgiste fondateur de lOrdre professionnels (compagnonnique) des Forgeurs/ Fondeurs : les Cyclops (kuklops) qui avaient le front tatoué dun rituel cercle noir.
Le 1er Mai son prêtre, le Flamen volcanalis, lui offrait un sacrifice et, puisque Maïa semble avoir été en rapport avec la croissance des êtres vivants (en tant que Flore). Par confusion (?) avec Hermès son homologue grec, Maïa était associée à Mercure. Le nom du mois de mai dérive sans aucun doute du nom de cette Flore, déesse des naissances et de la renaissance printanière et maîtresse des sources :

Chez les Celtes, elle est Brigitte pour les Irlandais. Bien plus tard, la tradition chrétienne irlandaise fit de sainte Brigide la sage femme de la Vierge et la sainte protectrice des parturientes. Pour la remercier, les femmes délivrées de leurs couches lui offraient jadis des quenouilles31 chargées de filasse et ornées de rubans où lon retrouve certes la figure de la Bonne Fée penchée sur nos berceaux (cf. art. Destin*), mais surtout la Déesse nordique du mariage : Frigg et sa quenouille de lin bleu, chargée de la juste* répartition des biens communautaires, linflexible épouse dOdhin/ Wotan* en son Grand Marais, le Maglemose
Parenté : Réduction familiale de la Terre Mère ou Grande Déesse, Déa Maïa ou Déa Maïor (major) la Grand(e)Mère, est aussi Cybèle, celle à la hache le front ceint dune couronne de Tours comme le calatha dHéra
du Marais : on lui offrait une truie pleine, symbole dAbondance* et de fertilité, rite* bien proche de ceux de Freyja et de la Diane ardennaise Arduina, ou dAbnoba en Forêt Noire
Remarquons ici que, de notre point de vue de parentés culturelles, Cybèle nest pas une étrangère32 aux Européens, une orientale de cinéma dansant avec ses sept voiles, mais tout au plus une cousine indo-européenne dIllionie qui aurait gardé des attributs ancestraux plus nets que chez les bourgeois Athénienss
« Ces fils dun port interlope »33 comme le dit notre amusant ami Euphronios Delphyné, eux qui confinaient leurs femmes dans les rôle de ce que les Romains nommèrent Matrone

Déesse Mère hittite VIème Mil. AEC
Chez les Hittites : « On songe aussi à cette représentation, lune des plus archaïque qui soit, de la Grande Mère de çatal Hüyük sur les murs mis à jour par James Mellart dans cet immense site anatolien, lun des plus anciens du monde. On la voit, jambes largement écartées, avec quelque chose qui sort de son corps, un enfant peut être, ou un dessin mystérieux, de ce vagin qui lui valait la vénération de ses fidèles. Au temps où la sexualité était belle, sacrée, magique et gaie ! » Joëlle de Gravelaine.

Déesse mère Phénicienne -1000-800
COMPLÉMENTS
Mise à jour proposée par <pierre.albuisson@wanadoo.fr> le 12 mars 04, vu dans le § Magie & Spiritualität - Göttinnen von A -Z du remarquable site:

A/ - BAUBO et SHEELA-NA-GIG
déesses de l'humour et des plaisanteries ordinaires :

«« - 1/ Baubo est une déesse de l'antiquité grecque. Elle est la déesse de l'humour, du rire pétulant et des plaisanteries ordinaires. Elle va à cheval sur une truie. Le cochon est un très vieux symbole de parturition et de renaissance (Freyja va aussi à cheval sur un cochon). Baubo nous apprend comment nous pouvons, au moyen dune histoire drôle, irrévérencieuse et insolente, passer de la dépression et de laffliction à la force et à la joie de vivre de nouveau. Ainsi, elle a aussi rendu de nouveau heureuse la déesse Demeter avec ses solides histoires drôles et sa joie de vivre pétulante! [Nr.t : un mythème identique existe au Japon !]
[Rappelons le Mythe* :] Persephone la fille de Demeter fut dérobée par Hadès et fut emmenée dans le monde inférieur, puisque il ne pouvait trouver aucune femme qui voulait l'y accompagner volontairement. Demeter était en pleine affliction et douleur et, partout elle cherchait sa fille mais elle ne pouvait la trouver nulle part. Elle pleurait, se plaignait, implorait la grâce, mais rien ne l'aidait. Enfin, de son affliction vint une colère furieuse et elle maudit tout ce qui était fécond sur la terre. "Meurt, meurt, meurt !" criait-elle, et à partir de ce moment aucun enfant ne vint plus au monde, aucun froment ne poussait, aucune bourgeon ne s'ouvrait plus - les gens et les animaux menaçaient de mourir de faim. La terre elle-même était désolée. Demeter s'assit sur la margelle du puits et cria dedans le nom de sa fille. Cest alors que Baubo arriva sur la place : Baubo allait à cheval sur son cochon vers Demeter, elle dansa sauvagement, balança sa poitrine de droite à gauche et lui raconta quelques histoires drôles, salées !
Mais, puisque elle n'avait pas de bouche, elle faisait parler son vagin : elle levait sa robe et ricanait avec sa souris parlante à Demeter, sur quoi celle-ci fut arrachée définitivement à son affliction et à sa colère par la vue comique de ce vagin parlant, et elle en rit ! Alors, toutes deux s'assirent sur la margelle et rirent tant, que leur ventre se balançait, et elles riaient et riaient tant que cela devint trop, de même qu'Hades qui, finalement libéra Perséphone de nouveau et retourna à la surface avec sa mère. Elle ne pouvait cependant pas rester toute l'année sur la terre, car Persephone avait déjà mangé la nourriture du monde inférieur (quelques grains de grenade) et ainsi elle pouvait passer seulement deux tiers de l'année avec Demeter sur la terre et un tiers dans l'enfer - ainsi était le marché ! Demeter accepta cela. Elle devint de nouveau joyeuse et récupéra sa joie de vivre et ainsi la terre, les gens et les animaux redevinrent féconds [cf. art. r.t : Déluges*].

- 2/ Sheela-na-gig : Je suppose que Baubo est apparentée avec cette Irlandaise, si elle n'est pas même identique. Il y a de nombreuses illustrations de figures féminines de Sheela-na-Gig en pierre sculpté en Angleterre et en Irlande. Les représentations de Sheela-na-gig montrent une femme nue dont le visage a des yeux énormes, grands ouverts, un corps minuscule et ses organes génitaux distinctement visibles : Sheela-na-Gig s'accroupit avec les jambes écartées et présente sa Vulve. Dans beaucoup de cas, on distingue que cette petite figure écarte les lèvres de sa vulve avec ses mains. Il y avait des figures de Sheela-na-gig dans beaucoup de vieilles églises irlandaises qui avaient été construites avant le XVIe siècle. Plusieurs étaient visibles encore au XIXe siècle, mais les plus grandes furent endommagées ou détruites complétement. Souvent, on en trouve encore sur les églises, dans les châteaux ou d'autres bâtiments du Moyen-Âge.
Les Figures de Sheela-na-Gig étaient considérées comme un symbole de protection ou affirmaient une promesse de bonheur et de fertilité. La Vulve, l'entrée de l'utérus, est considérée, en partie jusqu'à aujourd'hui, comme un symbole de fécondité et de promesse dans presque toutes les cultures originales. »»
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Voulez-vous lire maintenant un long article compilé depuis les nombreux sites traitant de <Sheela-na-Gig> dans les Îles Britannique ? Cliquez alors sur le bouton :
[shelaety.pdf]
Vous pouvez aussi revenir le consulter après avoir terminé notre article.
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Vu dans le § Magie & Spiritualität « Göttinnen von A -Z » sur
<frauenwissen.at>
B/ La Cousine Beth : Les Bethen

Les trois Immortelles : Ambeth, Wilbeth et Borbeth.
«« Qui sont les Bethen ? Dans le Royaume Norique, à la première formation de l'Etat dans le domaine autrichien, les Bethen étaient respectées comme des déités nationales noriques, maternelles et sacrées. Elles étaient les donneuses de la vie et de la santé et elles étaient aussi considérées comme protectrices des mères et des enfants.
Les trois chaudes Bethen, Ambeth, Wilbeth et Borbeth forment la triade/ trinité divine comme Terre-Mère, Lune et Soleil.
La foi et le culte autour des trois "bonnes" femmes qui vont par le pays, donnant de sages conseils et distribuant des dons, subsistèrent très longtemps dans le peuple. Mais, le culte de Beth fut "occupé" [N r.t : phagocyté] comme beaucoup de choses d'ailleurs par l'Église* chrétienne, et la Triade des Déesses ne survécut ensuite dans la conscience populaire que sous la forme des "trois saintes pucelles" nommées Marguerite, Barbara et Catherine :
Margaretha mit dem Wurm - Marguerite avec le Ver [de la terre]
Barbara mit dem Turm - Barbara avec la Tour [Tholos de Thulée]
Katharina mit dem Radl - Catherine avec la Roue [Ouroboros]
des san die drei heiligen Madl - Sont trois saintes Vierges
Que signifie le mot Bethe ? Bethe porte la même symbolique que la Terre-Mère. On peut penser au mot bett, un lit car, primitivement, les gens ne dormaient pas sur des matelas, mais sur la Terre-Mère, mais aussi à notre mot bethen "prier" qui en est dérivé mais devrait en principe se dire "appeller la déesse". Cependant les trois Bethen ne s'appellent pas ainsi parce que les gens leur demandaient quelque chose, mais c'est parce que ce nom était justenent celui de la déité Beth qu'on appela son service et son appel de son nom dont le sens devint alors "prier".
Dans le mot bethe se trouve à la fois lidée dheureux présage et lidée de Frondienst qui est la corvée communautaire car la dite Corvée contenait primitivement les obligations cultuelles au service de trois Divines Dames (par suite de la destruction chrétienne de notre antique religion*, le mot reçut une nouvelle signification : ainsi le vrouwen-service l'adoration de trois Dames divines devint la corvée, une sorte d'impôt de corps qu'il fallait à rendre aux nouveaux propriétaires fonciers [elle était donc en cet heureux temps du Paganisme* beaucoup plus liée au respect et à lentretien de la Terre-Mère nourricière quau service matériel dun propriétaire foncier qui était lui-même à lépoque un membre constituant de la communauté*, même et surtout si sa Fonction* était de Protection, 2°, et ou de Commandement-Éducation, 1° ].
Les "danses et processions de mendiants" du Moyen-Âge, les "passages de mendiants" sur les chemins touristiques et les processions des Rogations, sont tous dérivés des Bethen. Une autre modification du mot Beth se retrouve dans le beurre (butter). Dans beaucoup de contes et légendes [Volk-Laure] apparaissent des femmes trayant, et faisant le beurre. Certaines légendes nous ramènent encore à une époque matriarcale : les femmes Salige [sauvages primitives, anté-chrétiennes : païennes*] font le beurre, filent le lin et aident les gens pour tout leurs besoins. Le beurre et le lait sont disponibles en abondance : les vachères d'un grand roi pavent son chemin avec des meules de fromage et remplissent les joints avec du lait frais, elles forment des balles de beurre jaune d'or [pour un symbolique jeu* solaire]. Dans une légende du Tyrol, "Dame Hitt" baigne son enfant dans du lait et l'essuie avec du pain blanc. Le bien-être, la santé, la richesse et la Joie de vivre sous la couverture, et l'Abondance* !
Mais le bouleversement se dessine avec larrivée du patriarcat [] : les dons divins de beurre, lait et pain sont punis et damnés comme "arrogance et athéisme" [cest un comble] ! Dame Hitt se fige en pierre et les vachères du Grand Roi, heureuses de vivre (et qui sont, en outre, bien visibles dans leur fréquentation des hommes) s'enterreront dans une terrible tempête de neige et de glace.
Ces Dames Divines figures du Bonheur qui font du bien aux gens et leur font un riche cadeau, devinrent des (mauvaises !) femmes athées, punies pour leur crime. Les Dames qui faisait le beurre en bénissant devinrent de mauvaises sorcières* qui volent le lait des autres puis s'envolent à travers les airs sur leurs barattes 34.
Là où la dévaluation ou la destruction des Divines Dames ne marchait pas (parce que simplement les gens ne cessaient pas de respecter les déités féminines et de les vénérer) ces Dames du Bon Vieux Temps reçurent alors la bénédiction chrétienne avec le nom de "Notre Dame" ou "notre chère Dame"...
Alors que la deuxième moitié du mot Beth s'applique à toutes les trois, la marque distinctive pour chacune des Trois Dames Divines se trouve dans la première moitié du mot : A, Wil et Bor :
Ambeth : Le mot vieil-irlandais an-u signifie la Mère des dieux et, de là s'est alors développé andera pour une "jeune épousée". En latin, on a annula, "la petite-grand'mère". Ainsi, est la romaine Anna Perenna, grandmère (pérenne) respectée du Temps : l'Anna éternelle. Anna Perenna était une déesse bicéphale et elle appartenait à la période du Nouvel An. Ses deux visages regardaient depuis sa porte du ciel, là où un cycle céleste fusionnait avec le prochain [cf. c/o les Romains : Janua/ Janus].
Dans le même cercle appartient aussi notre mot "ancêtre" (vieil-haut-allemand Ana) qui signifiait grand-mère ou primitivement la mère du clan*. Par exemple, comme sens premier commun de ces différentes langues, résulte la Mère.
Ensuite on peut inclure l'Ana celtique qui signifie "la Terre". Le mot allemand Anger en est aussi apparenté (depuis le vieil-haut-allemand an-gar "surface de terre délimitée". Dans la mère des dieux vieille-irlandaise (Anu) et la celtique Ana (terre), nous voyons la signification double de Mère primordiale et de Terre. La première moitié du mot d'Ambeth signifie donc la terre, Terre-Mère, mère terre divine et Ambeth est ainsi la personnification de la terre vierge-maternelle.
Mais, lÉglise* chrétienne a transformé la Terre-Mère Ambeth en mère Anna : Le culte autour de sainte Anne la mère de Marie eut au XIVe siècle un grand retentissement et fut en premier lieu un culte de la Mère. Anna était considérée comme une puissante patronne des femmes enceintes et des parturiantes ainsi que comme la "sainte" protectrice des
mineurs. Cette [nouvelle] origine d'Anna put ainsi détourner facilement la vénération dûe à la Déesse de la Terre Maternelle, Ambeth !
Ambeth/ sainte Anne est bien visible dans de nombreux noms de lieu (toponymes) ainsi que dans des prénom féminin. Les noms de lieu : Annaberg à Leibnitz dans la Styrie de sud, Amberg en Haute-Autriche, Ambach à Saint-Pölten... Dans les noms de femmes et de jeunes filles : Anna, Anette, Antje, Annika, Amelie...
Wilbeth : Le mot anglais wheel "roue" correspond phoniquement parfaitement au Wil du nom de Wilbeth. Si wheel signifie roue, il est cependant aussi utilisé pour spécifier toute la ronde. Ainsi par exemple le disque de potier rond s'appelle potter's wheel. Au moyen-haut-allemand wel ("rond") rejoint le bas-allemand waal pour parler de la pleine lune. L'anglais wheel avait probablement la signification originale de "disque de lune ronde (pleine)35 ".
A côté de l'anglais wheel, le mot hollandais Wil avec sa signification double de Temps [qui tourne] et d'heure (montre) : "la date" ! s'est maintenu dans la première moitié du nom de Wilbeth. Dans cette signification, on peut démontrer qu'appartient le vieil-haut-allemand hwîla, gothique hweila et moyen-haut-allemand wîl.
Concernant la notion d'une date déterminée, le mot wîl se rencontre comme expression du calcul temporel dans la signification importante de l'heure : "der wîle vier und zwenzic sint under tage unde naht" = (Wîle) "les vingt quatre heures sont sous le jour et approchent" ??, rapportée par dans la Kaiserchronik La Chronique Impériale (un ouvrage rédigé vers le milieu du XIIe siècle dans lequel ont souvent travaillé des clercs et qui fut réécrit jusqu'au XVe siècle. Cette Chronique Impériale copie dans un ordre chronologique les biographies des souverains de l'histoire de l'Empire romain ainsi que sa continuation dans l'Empire Romain-Germanique (les Empereurs allemands) et continue cette liste jusqu'à la présence historique du XIIe siècle mais, il ne s'agit cependant pas d'authenticité historique, l'ouvrage est à comprendre comme légendaire et poétique*. Grace à cela, nous savons aussi d'où viennent nos mots comme weile, Langeweile, verweilen... : "instant, ennui, demeurer"
Ainsi que le mot wil devint trop souvent wild "sauvage", la "femme sauvage" dans beaucoup de toponymes, ainsi la Vila, Dame Wil signifie maintenant la Femme Sauvage de Wil et nous repensons alors à beaucoup de Wildfräuleinsteine "Pierres des Demoiselles-Sauvages", Wildfrauenhöhlen "Grottes des Femmes Sauvages" et Wildfrauenlucken "Trous des Femmes Sauvages". Vous pourrez en lire plus sur les Femmes Sauvages, en cliquant sur : Saligen > [dans larticle original/ <frauenwiwwen.at>].
Wheel a le même radical que le gothique hvîl et le vieux nordique hvel. Ainsi que le développe l'islandais hiol et, enfin, le suédois et le danois jul (qui ressemble fort phoniquement aussi à l'anglais wheel) ! [cf. article r.t : Père Noël*]
[Dans lAncienne Coutume], le peuple fêtait Uul-Beth ou Jul, la fête* de la déesse Wilbeth au moment du solstice d'hiver mais, les chrétiens déplaçèrent la naissance de Jesus sur cette époque et l'appelèrent Noël [de Neue Helle Nouvelle Clarté, épiphania]. La Julfest est Notre Fête de Noël* d'aujourd'hui. Ainsi Jul-Beth est en principe le "Petit Noël" [Déesse-Fille], et aujourd'hui même, si vous leur demandez le sexe du Petit Noël, beaucoup de filles et de femmes de chez nous vous diront sans hésiter : « C'est une fille, naturellement ! »
Beth de Jul = Wilbeth = le Petit Noël = l'Ange, la Déesse ou Dame-Blanche
[étincellent au sommet du Tannenbaum !]
Jul est une fête de la lune ! Car ce n'est pas le solstice qui se trouvait en premier lieu au centre de cette fête, mais la lune. Autrefois, les gens calculaient le temps d'après les lunaisons (Monden, d'où vient ainsi le mot Monat "mois"), et on ne comptait pas les jours, mais les nuits. Le disque de la lune, visible ou invisible ou partiellement visible tour à tour, était lié étroitement à la notion de Temps. D'après la "Vieille Coutume", ce n'est pas le soleil, mais la lune qui réveille la vie en germe dans les personnes, les animaux et les plantes.
Wilbeth est une déesse de la lune 36. Elle est la Mère-Lune, la Maîtresse de la Vie et, ainsi, son attribut Wil-wheel symbolise le disque, la roue qui représente d'une part les 4 saisons, d'autre part aussi la renouvellement éternel de la Vie [l'Éternel Retour].
L'église catholique fit de Wilbeth la Katharina chrétienne dont le nom grec signifie la pure, la claire et celle-ci tient [comme par hasard !] la Roue de la Vie, le symbole de Wilbeth dans ses mains. Et Catherine est de nouveau l'une de trois vierges saintes.
Les lieux saints qui, blancs et clairs, étaient consacrées à Wilbeth la rayonnante [Lugina/ Lucine/ Blandine], furent occupés plus tard par le christianisme et furent appelés Maria Schnee "Marie Neige". Nous reconnaissons aussi dans Maria Schnee, "blanche comme la neige" [la légendaire Blanche-Neige des frères Grimm], la déesse claire et rayonnante en laquelle est aussi représentée Marie, elle qui porte une robe blanche rayonnante et un manteau bleu de ciel (!) encadré de brillantes étoiles
Noms de lieu : tout les lieux en "Marie" comme Maria Schutz, Villach (Carinthie), les Vilalp au Tyrol, Wildalm "l'alpe sauvage" en Haute-Autriche, Wildon en Styrie....
Borbeth : Le nom de Borbeth contient dans sa première moitié, la racine celtique borm auquel appartient notre mot warm "chaud". De même, par ici (A) on entend le celtique bor-co avec la signification de rayonnant, lumineux. Le vieil-anglais beorht dont la signification est "brillant, clair" rejoint le vieil-haut-allemand perahta (lumineux, brillant). Ainsi, le nom de Percht signifie aussi "la déesse lumineuse, brillante" Berchta, comme d'ailleurs tous les noms qui finissent en bert ou brecht et qui rappellent Percht ou Borbeth.
Dans le sens de "chaud", "lumineux" et "lumière rayonnante" s'insère encore la notion de "hauteur". Notre mot empor "en haut" contient encore le vieil-haut-allemand por qui signifie aussi "élévation, hauteur". Borbet est aussi la soleil maternelle, lumineuse. Du haut de sa hauteur, elle nous donne la chaleur et la lumière rayonnante.
Beaucoup de noms de lieu qui sont liés à l'Est (et à laurore !) renvoient non seulement à Ostara, mais encore à la déesse du soleil Borbeth : Hochosterwitz, Holzöster... Borsee en Haute-Autriche rappelle Borbeth - maisi aussi le pré avoisinant ce lac qui, avec son nom de Wildwiese "pré sauvage", renvoie à sa soeur Wilbeth. De même dans les noms de villes allemandes du Wurtemberg, Bettendorf et Bitburg, on peut encore reconnaître Borbeth. Un petit village en Allemagne du nom de Bethen (!) se glorifie d'être le pélerinage marial le plus nordique de l'Europe.
Borbetomagus : la pierre des trois pucelles, était le nom de l'exposition du Musée de la ville de Worms, en 1998 car, à l'époque celtique et romaine, la ville de Worms s'appelait Borbetomagus : ici aussi on reconnaît facilement Borbeth. Nous la rencontrons de nouveau dans la cathédrale en tant que Warbede. La dérivation étymologique donne warm "chaud" par la parenté du celtique borm à l'allemand ; ainsi le champ de Borbet devint Borbetomagus et, par déplacement de diphtongue et latinisation : Warmazfeld, Warmazia, Wormazia et, enfin, Worms. Le constructeur de la cathédrale, l'évêque Burchard indiquat que la vénération des trois femmes était un péché [cf. § in article/ r.t : Église*], ce qui nous amène ainsi à supposer que les trois femmes divines étaient très répandues et le culte autour de celles-ci encore très populaire au XIe siècle.
L'Église chrétienne imita Borbeth, enfin, Babett ou sainte Barbara qui, dans la légende religieuse, fut [soi-disant] enfermée par son père dans une tour parce qu'elle professait la religion chrétienne, [alors qu'il s'agit là d'un vieux mythe païen postdiluvial du temps où LA soleil était cachée par les poussières de l'éruption volcaniques de lIslande : ce mythe nous à été pieusement conservé depuis le XIIIe siècle AEC par nos frères Lituaniens]. C'est pourquoi, comme Barbara, Borbeth continue [ et continuera ] à vivre dans les "saintes" Trois Pucelles.

Borbeth / Barbara
Cette image montre encore clairement les attributs de la vieille déesse : clair et rayonnant, le soleil solarise la tête de Barbara / Borbeth... »» <ineubauer@a1.net> sur <Frauenwissen.at>
Biblio plus :
Robert Graves, Les Mythes Celtes/ la Déesse Blanche, Paris 1989.
Marija Gimbutas, The Language of the Goddess, San Francisco, 1989.
Marija Gimbutas, The Civilisation of the Goddess, San Francisco, 1991.
Heimgest, La Force de la Déesse, art. in Revue Irmin n° 3.
Patricia Monaghan, The Book of Goddesses and Héroïnes, Saint Paul Usa, 1990.
+
Biblio + 03 juin 03

Le Langage de la Déesse
Exhumation des Symboles Cachés
de la Civilisation Occidentale
Par Marija Gimbutas,
éd. Tamise et Hudson, 2001. ISBN 0-500-28249-8.
« Je me suis d'abord emerveillé sur l'édition reliée de ce livre en faisant un raid sur la bibliothèque d'un ami pour trouver du matériel sur une déesse-serpent romano-celtique qui me hantait. J'ai immédiatement eu un éclair en trouvant une paire de paragraphes sur cette déité obscure qui a inspiré une chaîne passionnante d'associations dans mon enquête. J'ai été aussi impressionné par son approche de la sémantique visuelle dans son catalogage du symbolisme préhistorique. Une lecture récente plus approfondie, dans une édition brochée plus maniable, à conservé et étendu ces deux réactions initiales. Ceci est un exercice formidable, une tentative d'appliquer une grande théorie du symbolisme archaïque aux artefacts archéologiques mais, c'est celui de quelqu'un qui a un il fermé sur les détails concrets qui font "la couleur locale".
Gimbutas l'appelle "archéomythologie" - essayant de rapprocher les disciplines de l'archéologie, la mythologie et des études de folklore. Son centre spécifique est ce qu'elle nomme la Vieille Europe, c'est-à-dire l'Europe pré indo-européenne où, pense-t-elle, les déesses ont régné en maîtresses absolues de la spiritualité humaine et de la culture. Le Paléolithique est connu, ses peintures rupestres célébrées et ses figurines fournirent des graines pour la floraison postérieure de l'iconographie religieuse dans le Néolithique. Un thème persistant est la continuité apparente d'associations symboliques, tournant autour d'un axe de déités féminines, de certains animaux et des formes abstraites, des âges de la pierre aux vagues des turbulents âges des métaux, directement dans l'âge moderne. Sa riche connaissance du folklore dans les régions moins bien connues de l'Europe - les figures des traditions Balte et Slave principalement - régénère (rafraîchit), immergé comme nous le sommes souvent dans les mythologies celtiques, nordiques et grecques.
Mais la chronologie n'est pas le cur du livre (quoique ceux le désirant ardemment trouvent quelques bons diagrammes au dos). Gimbutas organise son copieux tableau d'illustrations - d'art pariétal archaïque, de poteries, la sculpture, l'architecture, des os et des outils - et des textes d'accompagnement selon une large structure thématique. la Vie, la Mort et la Régénération sont les soucis centraux, chacun dominés par des constellations naturelles et symboliques d'images : zigzags, chevrons, méandres, serpents, flots, oiseaux, yeux, vulves, filets (réseaux), ours, colonnes, phallus, spirales...
Le schéma est immédiatement concentré et souple, reflétant la dynamique que Gimbutas perçoit en cette langue visuelle : concrète et attachée à la nature (elle refuse l'idée qu'il y ait là une chose telle que de "l'Art archaïque abstrait authentique"), de même que dans la migration profondément fluide d'associations d'une forme à un autre, entre des animaux, des parties de corps, de plantes et des représentations stylisées d'énergie.
Le travail de Gimbutas formant, comme il le fait, un des piliers les plus valables d'un "centrisme" du Nouvel-Âge de la Déesse, est mûr pour la critique. Ma réserve personnelle la plus grande consiste en ce que le totalitarisme mono-idéologique de la culture Judéo-chrétienne se cache toujours quelque part, jetant son il sur un large assemblage d'artefacts, ignorant des différences régionales et temporelles et faisant apparaître un universel pan-culturel, "la Grande Déesse" qui, en réalité, n'a jamais existé pour l'humanité archaïque.
Mais, comme votre propre expérience entre dans les périodes de communion sans frontières avec le monde naturel, les livres comme celui-ci font soudainement beaucoup sens. Peut-être y-a-t-il un élément de caractère unilatéral réactionnaire dans cette évaluation large de l'Europe préhistorique, mais opérer directement avec la divinité immanente n'est pas un projet équilibré raisonnable. Les obsessions de l'humanité préhistorique n'étaient pas aussi maniaques ou aveugles que les nôtres, mais l'obsession - à la fois personnelle et collective - a une profonde mais pas toujours 'malsaine' histoire. C'est donc un document de valeur sur une de nos obsessions les plus importantes, endurantes, sous terraines et masquées. » Gyrus. (trad. R.T.) MàjSite : < http//www.forteantimes.com >
Biblio + 20 mars 04 :
Les mystères de Notre-Dame des Trois-Epis et des cent Notre-Dame dAlsace. Brochure A5 (14,5 x 21), 60 pages, Prix 6¤10, couverture couleur par Jean-Marc Bélot avec un annuaire des cent Notre-Dame d'Alsace. Quont en commun une dame qui tend des épis, un dragon agitant larbre du monde, un calice, un clocher tors, un triskel, la rune ? Tout sordonne aux Trois-Epis, le petit Potala français, truffé de symboles. Suivez les indices vivants de notre lointain passé, sous les auspices de la Dame aux épis. Atlantis (Nr.408, 2002, p.96): A Notre-Dame-des-Trois-Epis, du culte ancestral de la mère du Blé à la vénération de la Vierge Marie, une continuité de dévotion marque ce site privilégié. Avec ce petit livre de mémoires et de découvertes, visitez lAlsace guidée par la dame aux Epis. Message (Nr.62, 2002, p.21): La récupération chrétienne de ces lieux sacrés est une injustice dautant plus douloureuse que beaucoup ne se croient chrétiens que par la fréquentation de ces sanctuaires immémoriaux. Heureusement, de multiples détails rappellent presque à chaque page les cultes antiques, grecs, celtiques ou nordiques qui ont précédé les chrétiens en ces lieux.
* * * * * * * * *


Les vierges volèrent du sud
A travers la forêt profonde,
Jeunes, toutes sages,
Pour régler les destinées ;
Sur le rivage de la mer
Se posèrent pour se reposer.
Les filles du sud
Filèrent le lin précieux.
Lune dentre elles,
Belle parmi les vierges,
Claire de teint,
Prit Egill dans ses bras ;
La seconde était Svànhvit,
Portait des plumes de cygne ;
Mais la troisième, leur soeur,
S'enlaça au cou du blanc Völundr.
Restèrent ensuite sept hivers,
Mais le huitième, trop languirent
Et le neuvième,
Force leur fut de fuir.
Les vierges soupiraient
Dans la forêt obscure,
Jeunes, toutes sages,
Pour fixer les destinées.
Edda poétique, Völundrkvida, 1-3
(màj 21 mars 04, Franz <fdes1@hotmail.com>)
La suite de cette article concerne les Vierges-Noires,
un avatar christianisé des Déesses Mères :
vous le trouverez sous ce titre dans un article séparé
mais, si vous voulezle consulter maintenant, en cliquez sur ce lien bleu!

1ère parution 2 mars 01, mise à jour 10 avril 04
Autorisation de citations :
