BESTIAIRE
Un survol des animaux de nos mythologies européennes :
attributs des Dieux et monstres fantastiques…


Deuxième section : # 2
Du Cheval au Cygne…


          « Dès les temps protohistoriques, les symboles1 les plus fréquemment utilisés pour décorer les couvercles d'urnes funéraires de l'âge du bronze sont des motifs solaires d'une grande diversité, motifs quelques fois entourés de chevaux (Gimbutas). Ce détail laisse fortement présumer l'existence ancienne de chariots solaires, et même l'organisation de véritables processions solaires à l'occasion des fêtes solsticiales. » Philippe Gallet, Lettonie II, Solaria N°5 : c/o J.C. Mathelin, 7 rue Christian Dewet, 72012 Paris. (cf. aussi notre art. Char Naval*).
          « Le cheval figure parmi les plus anciens signes rupestres, il prouve son appartenance à l’univers mental de nos Néolithiques ! » revue Ordos, n° 3.

Étymologie :


          Ñotre mot cheval vient du latin caballus, qu’on peut sans doute rapprocher du celtique caball2 “chien” (en celto-berbère3 kelb, d’où l’argot “klebs”, cf. aussi le grec kleps qui signifie “voleur… kleptomane”) : c’est cette racine consonantique CBL qu’on retrouve dans le nom de la chimère Kelpie, une jument chimère “mordeuse”, à tête de chien (cf. infra # 5/6) : c’est très kynésien tout ça…
          Au pays de Galles, le chien d’Arthur se nomme Kawall (mutation consonantique v, w <–> b) et : « Le héros irlandais Conan I Cernach possède un cheval, “le rouge de rosée” (soleil d’aurore), qui a une tête de chien (caball)n : il déchire le flanc de ses ennemis » et rappelle bien en cela les “alpha” de la race de chevaux Tachis4 (pron. “tar’hi”) qui sont capables de mordre un concurrent à mort :



*Mar : une autre famille de mots se rapportant au cheval vient de cette racine indo-européenne signifiant “idée de mer et de marais” (cf. art. Narval* et Justice*), laquelle a donné la racine celto-germanique °marah
: en allemand Mahrt (Macht) est la jument noire ou l’étalon puissant ; en gaulois c’est marko/ marka5 d’où le nom du roi Mark, l’oncle de Tristan ; mais en celtique, si le cheval se nomme Marc’h, Mark, Marca, c’est alors un “cheval de guerre” et cette racine se retrouve dans le nom des Marcomans, des Marcus et Marcius, et aussi dans celui des Marses de Rome qui étaient des cavaliers guerriers (Mars) et ont donné l’Ordre de Equites. 


Torque scythe à 4 rangs


Domestication6 du cheval :


          C’est probablement par le biais de son poulain que la jument s’est laissé approcher parce que l’homme avait aidé à sa “délivrance”, ou parce qu’il avait soigné son “petit” (lat. polo –> polain). Ensuite, elle – ou plus probablement son poulain qui revenait voir son soigneur (phénomène d’imprégnation chère à l’ancêtre des éthologues Konrad Lorenz) – avait dû se laisser charger puis monter et ceci nous mène vers une autre racine tout à fait différente, qui est celle du “cheval monté” :

Étymologie, suite : Mannus est, précisons-le, le cheval de luxe (noble) et, par assimilation de “nd” à “nn” : mandu, d’où le nom du peuple gaulois des Mandubiens 7 en Berry avec de nombreux lieux-dits et jusqu’en Grande Bretagne, tels la ville de Mandu-essedum…
          Remarquons donc au passage, que si l’homme est Mann chez les Germano-Scandinaves et man chez les Anglo-saxons, c’est essentiellement là un noble “homme-cavalier”, donc un Chevalier (cf. infra et aussi notre art. Blasons*), un centaure 8 cependant que, dans les langues latines, il est resté huomo/ homo l’homme de 3ème Fonction* de la glèbe humus des origines, par opposition à l’aristocratie* romaine des Marses, les envahisseurs cavaliers de 2ème Fonction derrière leur chef éponyme Mars.
          Les linguistes ont cependant montré que ces deux racines latines venaient en fait du même ancêtre indo-européen*…

          Dans la mythologie germano-scandinave, Sinmara est la compagne du Géant° Surt (l’éruption volcanique ou plus probablement la météorite diluviale*). L’une des racines de son nom est mara, qui signifie “cauchemar” en vieux norois ; quand à sin, nous avons Syn9 “Déesse du Droit et de la Justice* des Germains, fille de Sif et de Thor*” ?

          Chez les actuels Néerlandais, merrie signifie toujours "jument” et, remarquons-le, c’est la prononciation de l’Anglais Mary (Marie) signifiant “Princesse de la Mer” pour des Celtes Éburons et, chez les Ébro/ Hébreux –> Myriam (Cf. art. Celtes*)…


( Parthénon )


Chez les Grecs, le char* de Neptune/ Poséidon était mené par neuf chevaux sauvages. Ces “juments de la mer” ou “chevaux en furie” nous semblent-être les Errinyes ou Furies (dont la Kelpie #4/5) qui sont probablement les Neufs Vagues de la Grande submersion boréenne, et Moros signifiait en grec “part et partage”10 et est analogue au mot mœra “phase”, d’où le nom grec des Moires, les Déesses du Destin* que nous reverrons bientôt. On trouve aussi cette racine Mahr/ Macht dans le mot grec gigantomachia/ Combat des Géants équivalent au Déluge* boréen Ragnarök qu’on peut assimiler à un combat de chevaux fous (“Géants”) courant sur la mer (caballes/ kelpies, chez les Gorgones).

          More11 signifie “mer” en gaulois. Le vieil irlandais mahrah signifie “mort, épidémie12 ” ainsi que leur Morrigu/ Morrigane, “la reine des spectres et des enfers” selon une définition péjorative post évangélique de la Déesse de la guerre, qui a évoluée chez nous en Mari Morgan – sans autre rapport avec Marie que… la mer ! cependant que la traduction littérale du gaélique Mor Rigu est “la Grande Royale” !
          Les Chevaux Noirs du folklore breton sont des “âmes en peine”, des noyés de la mer et, du Holstein jusqu’à l’Alsace, marenta signifie “spectre” (noyé par la Grande Submersion boréenne) et… c’est dans le Lac Meare qu’on retrouva l’épée Excalibur (cf. aussi les art. Justice* et Narval*).

          Pour Marie-Louise Sjœstedt dans Dieux et Héros des Celtes (Terre de brume, 1998), le nom des Fomoiré est composé de fo “sous” et de cette racine de mort que nous venons de voir. Cependant, permettez-nous d’y ajouter le sens de Destin* (Moires) : ces Fomoiré seraient donc “ceux qui furent éliminés par le destin”, les esprits des vieux habitants qui sont maintenant sous terre, les habitants le Sidh* : ce sont cependant là des superstitions (de superstitio “croyances”, mythes* dégradées) propre à la période post évangélique de rédaction contre les mythes pagano-celtiques* !

Le Cauchemar : Et, puisque nous sommes dans les chevaux maléfiques, il nous faut parler de la Mare et du Cauquemare issus du March-Malaen breton, ainsi que de l’anglais night-mare et du français cauchemar 13. Ils sont à rapprocher de “la charrette fantôme” et du cheval de mort breton, l’angoissant Ankou, bien proche de l’angor14, celle qui vous réveille avec une sensation de piétinement sur la poitrine…



          La déesse slavo-scandinave de l’hiver, du sommeil et de la mort est Morava (ce qui et aussi le nom d’un fleuve de Tchéquie-Moravie) et le slavon mora signifie “sorcière” ; le russe mora, “spectre” ; le tchèque mura, “cauchemar” ; le latin mors15 “mort” et le grec moros16 “lot fatal” (cf. supra, Moires, art. Destin*). Remarquons particulièrement la parenté des racines “mar” avec mort et mer17 , ce qui signe son origine chez des peuples thalassiens (cf. art. Salasses*) :



          Et, l’on retrouve aussi cette racine dans le nom des saintes Marthe qui accompagnent les Dracs et dragons* locaux tels la Tarasque de notre bonne cité de Tarascon (sur la route des antiques fondateurs Phocéens/ Phéaciens venus du Nord en raversant le pays des Salyens) ; elle combat le même dragon que celui de Phocée/ Massilia et victorieusement bien sûr (c’est ce qui a donné une N. D. des Victoires à Marseille et aussi son église Saint… Victor 18).

          En védique Mârâ est la Mort, souvent représentée par la destruction, le meurtre et la peste (déesse Mâri, ou Durga). Dans le Bouddhisme (qui “mora…lise19 l’Indouisme comme le fera le Christianisme) elle est le Mal, les Tentations qui éloignent le Bouddha de sa mission. Toujours en védique, Martanda “né d’un œuf mort” (mart-anda) est celui des huit 20 fils d’Aditi (“déliement”) qu’elle rejeta et abandonna mort-né. Les sept autres sont les Aditiya, c’est-à-dire “les dé-liés” (cf. art. Vérité*).

Une autre racine indo-européenne existe aussi : c’est *eqw
(Rune* Eh, Ehwaz ). Elle a donné en latin equs21 et en grec hippo, assez proche de notre mot gaulois épos, d’où le nom de la déesse-jument gauloise Épona22, et le prénom féminin Eponine (cf. art. Abondance*) :
« Ancienne déesse des eaux et de la fertilité 23, peut-être l’Aurore* de l’Année à laquelle les Gaulois consacraient leurs chevaux, elle était représentée coiffée d’un diadème et enveloppée d’une grande draperie et portait corne d’abondance*, des fruits et une patère (verse-eau)n. » Jean Vertemont, Dictionnaire des mythologies indo-européennes (Faits et Documents, 1997).
Tirant la charrue, la déesse gauloise et romaine Épona se rapporte en fait à l’agriculture qui démarre (!) à l’aurore de l’année, ce qui peut expliquer la différence entre les deux racines, l’une pour les 1ère et 2ème Fonctions, l’autre pour la 3ème Fonction* dumézilienne. Mais Henri Hubert, qui la compara à l’Irlandaise Rhiannon, mit en avant ses attributions funéraires : ce qui confirme le rôle psychopompe reconnu au cheval (on pensera aussi au “bâton d’infamie”, un pal surmonté d’une tête de cheval, archaïque symbole du cimetière…)
« Le druide° champenois André Savoret constata que les légendes évoquant Rhiannon montraient le personnage déchiré entre les puissances de l’ombre et de la nuit et celles de la lumière du jour ; il en conclut que les deux cavalières, la Gauloise et la Galloise, personnifiaient l’Aurore*, mère du soleil, à l’instar d’Ushas l’aurore védique, sœur des dioscures de l’Inde, les Ashvin [Pégase et la constellation voisine du Petit Cheval, où l’on retrouve bien sûr le bige 24 solaire d’Apollon*/ le Bayard]n



« Sur quelques bas-reliefs, Épona apparaît munie d’une clef [qui signifie “Nord” en celtique]n… “ De même qu’une clef insinue ses dents de fer et ébranle les pênes d’une double porte verrouillée de l’intérieur, de même sont disposées ses étoiles” répondit le poète Aratos l’initié*, à propos de la constellation de Cassiopée [W]n, “la Cour de Dana” des celtes insulaire (Germanicus, Les phénomènes d’Aratos). » Cité par Raimonde Reznikov, ß.

Cette Épona, comme “aurore de l’année”, ne fait-elle pas suite au dé-vérouillage du Solstice d’Hiver lorsque le nouveau soleil ou *Diew-fils est enfin “dé-lié” de sa prison hivernale (“douze jours”) par la symbolique “clé” (W)… en plein Nord ?


Epona/ Sol sur son cheval à six pattes
Monnaie des Gaulois Rédones

Dans la préhistoire :


          
Le cheval est attaché à la roue solaire pour la période diurne ou de soleil ascendant, comme le cygne (ou la mythique Grue sacrée) le fut à la barque solaire pour la période nocturne ou de soleil descendant, si ce n’est de la soleil prisonnière du déluge*. La représentation d'un dieu solaire sur un char tiré par des chevaux appartient au monde "nordique" et il faut bien préciser ici qu’elle est inconnue chez les autre peuple avant le 12ème siècle AEC.

          « Dès les temps préhistoriques, le soleil est figuré par un char pour signifier son déplacement, et le cheval ouranien, d’un blanc25 d’une clarté solaire, devient rapidement son conducteur. Les chevaux, qui tirent le char du soleil, lui sont consacrés. Ce char solaire est celui de la déesse germano-scandinave Sol, et celui de l’Apollon grec… » J-P. Ronecker, Bestiaire Fantastique, Albin Michel 1971.
          Le cheval blanc est donc solaire et, rappelons-le, il est aussi psychopompe26 et c’est sans doute pourquoi on a trouvé des chevaux inhumés dans de nombreuses tombes princières : en France à Nanterre et Arras ; en Grande Bretagne à York ; et surtout en Europe de l’Est (cf. § Ases in art. Guerre de Fondation*).

          D’autre part, déjà dans la préhistoire, un culte du cheval semble avoir eu lieu à la Roche de Solutré, et c’est peut-être là le lieu de leur première domestication car, poursuivis en ce lieu par les Cromagnards, ils n’étaient certainement pas tous suicidaires : quelques-uns ont dû fraterniser, car seule la foudre est capable de les faire fuir et sauter une barre rocheuse en groupe (récemment encore à fond d’Urle en Vercors) !

Mise à jour du 19 déc. 06, extr. de l’art. Les info-européens* d’Alain de Benoist (cf. art. R&T) : « Il est certain que le cheval occupait une place cenitrale chez les IE, tant dans la vie quotidienne que dans le domaine politico-religieux, comme en témoignent un certain nombre de rituels (ashvamedha dans I’Inde védique, rite* romain de I’Equus October, sacrifice du cheval à l’occasion de l’intronisation des rois d’UIster, etc.), en même temps que le nom de la déesse celtique Épona, le nom de Hengist et de Horsa dans le récit évhéméristique de la conquête saxonne de l’Angleterre, un certain nombre de noms de personnes (ind. Ashvaçakra, vieux-Perse et avest. Vishta:spa, gr. Hipparkhos et Philhippos, gaul. Epopennus, vieiI-angl. Eomeer) etc. (202). Les jumeaux divins IE (Dioscures et Molions ou Aktorions grecs, Ashvins védiques, Alces germaniques, retransposés à Rome sous les figures mythistoriques de Remus et Romulus) sont eux-mêmes fréquemment présentés comme hippomorphes ou comme “possesseurs de chevaux” (surnom des Ashvyns dans les Védas), ou bien encore comme les enfants, les fréres ou les maris de déesses hipomorphiques, ce qui permet de les rattacher au symbolisme* de l’attelage par couple (20S). »

          Et un extrait du supplément © “mutthule.pdf” : « Paysans, les hyperboréens l’étaient sans aucun doute. Ils ont apporté, au cours de leurs migrations, des graines d’origine nordique totalement inconnues avant eux dans les contrées méridionales. Eleveur encore plus que cultivateurs, ils rassemblent d’immenses troupeaux de moutons et surtout de bovins, ils portent aux chevaux un intérêt qui se transforme vite en culte. L’animal de trait et de selle prend un véritable caractère religieux et se trouve consacré au soleil. »

Dans la mythologie nordique :


          “Lors de la création du premier couple d'humains Ask et Embla, "chêne et charme", c'est Hœnir qui leur donna le sens (intellect et compréhension) ce qui fit dire à notre “farceur, mais néanmoins ami” Euphronios Delphyné : « Voyant ainsi ses compagnons de jeux* naître à la vie, le cheval Ehwaz-Eqwus, se mit à h(o)ennir ! » Petite plaisanterie utile car elle nous remémora la célèbre légende de “l’élection” de Dirais : “le premier, le cheval désigna Dirais comme roi des Perses (<– Phérès) contre ses cinq concurrents malchanceux” car, de même,
on dit que le cheval est un animal solaire parce qu'il hennit à l'apparition du soleil !



          Concernant le rôle psychopompe du cheval, rappelons ici que le cheval de Siegfried qui vient prévenir Krimhilde de la mort de son époux, s’appelle Grani, c’est à dire “soleil” (cf. racine pré indo-européenne GRN, cf. art. Apollon*). Et c’est à cheval que les Walkyries viennent chercher les “élus” d’Odhin/ Wotan* sur le champs de bataille… ou les “âmes” appelées à re-venir dans leur génos :
          Le même Odhin-Wotan*, dieu souverain, mène cette Chasse Sauvage de Jul au Solstice d’Hiver/ Neu Helle et ainsi que celle de Walpurgis, la veille du
1er Mai, avec son cheval à huit pattes Sleipnir “le glissant”. Alors, mais seulement après cette cavalerie27 divine – dite “infernale” par l’Église* – pourront avoir lieu les splendides et significatives Fêtes Cosmiques (zodiacales) de l’Arbre de Mai car :
          « Sleipnir est né de Loki, le dieu incontrôlable, et de l’étalon du Géant° constructeur d’Asgard (le “Domaine des Dieux”). Il vient d’un monde de forces non dominées [daïmons*]n mais aide, avec Odhin, à l’ordonnancement du monde. De même Pégase porte le foudre de Zeus mais est né du sang de Méduse28, vaincue par le héros Persée : son origine est le chaos – ou l’Océan [en furie]n d’après certains mythes* [cf. art. Atlantide* boréenne]– mais son destin* est le triomphe de la lumière et de la vie après l’intervention de l’homme ou du héros ([“celui qui combat la ténèbres hivernale”]n. Au cheval est donc liée l’idée de régénération du monde ordonné après la destruction et le chaos. C’est la raison pour laquelle, dans les Védas, le sacrifice du cheval est célébré comme re-présentation de l’origine du monde. » Claude Denys, revue Antaïos n° 2. (Cf. aussi § “étalon or”, dans l’art. Monnaie*.)

          Citation que nous pouvons compléter par celle de Jean-Jacques Mourreau (in La Chasse Sauvage, revue Nouvelle École N°16, Copernic, 1972) :
          « Sleipnir, le cheval de Wotan, est le fils de Loki métamorphosé en jument et couvert par l’étalon du géant Svaldilfari “entrepreneur de pénibles voyages”, le même qui doit construire Asgard en moins d’un hiver… Mircea Eliade décrit Sleipnir comme le “cheval chamanique” par excellence. Un cheval à huit pattes figure dans les gravures du Val Camonica/ Vallée des Merveilles, dont certaines offrent une parenté avec les gravures pariétales de Bohusläns en Scandinavie. » (ce Val des Merveilles dont le Grand Dieu Triangulaire semble si bien figurer le dit Wotan… )


Mise à jour du 6 déc. 06 : Le mythe de la Grande Chasse de Jérôme Breballe :

          "L'important reste seulement d'entendre la voix du dieu aux corbeaux et, dans les nuages, le grondement des huit sabots de son cheval Sleipnir, menant inlassablement sa Chasse Sauvage". (Jean Mabire, Les dieux maudits).
          «« Dans maints villages, on rapportait autrefois que, par certaines nuits, l'on pouvait entendre et même voir, à travers les bois et les champs, déferler à toute vitesse ce qui était tantôt dénommé grande chasse, tantôt chasse sauvage ou chasse fantastique. Selon les endroits, la composition de cette chasse pouvait varier, mais généralement, on y trouvait une meute impressionnante et nombreuse, laquelle précédait  ‹dans une course folle‹ un ou plusieurs chasseurs montés à cheval. Parfois, ces cavaliers étaient des squelettes ou des espèces de cadavres, tandis que leurs montures étaient généralement étincelantes et crachaient le feu. Parfois encore, cette démoniaque équipée poursuivait un gibier qui se révélait presque toujours être un cerf. Le tout se déroulait dans un vacarme épouvantable et terrifiant, constitué par les aboiements de la meute, les sons des cors et les bruits des tirs. Il va de soi que ceux qui, par malheur, trouvèrent sur leur chemin nocturne la course de la grande chasse, n'eurent pas à s'en féliciter. Ils pouvaient déjà bien s'estimer heureux lorsqu'ils s'en tiraient vivants.
           En Basse-Semois, la grande chasse la plus connue est la chasse infernale de Bohan (1). Elle a été rapportée par de nombreux auteurs de livres de folklore et de guides touristiques, et la description qu'ils en donnent correspond assez à ce qui a été indiqué ci-dessus. Mais ce qui, à propos de cette grande chasse, mérite une particulière attention, c'est qu'elle se produisait non loin d'un lieu dénommé Bois Artus. En effet, dans une étude récente et fondamentale sur le mythe de la grande chasse (2), il a été relevé qu'une des appellations essentielles de celle-ci dans diverses provinces de France, est chasse du roi Artus ou chasse Artus.
          En l'occurence, ces dénominations ne font pas difficulté puisqu'elles font simplement référence au nom  ‹Artus‹   d'un personnage légendaire que le mythe a intégré. Par contre, il est d'un intérêt prodigieux de constater qu'à Bohan, la grande chasse se déroule près d'un lieu appelé Bois Artus, et qu'à des centaines de kilomètres de la Basse-Semois, on retrouve la même grande chasse mais s'appelant, elle, chasse Artus. On peut donc en déduire qu'il ne s'agit pas de souvenirs légendaires propres à l'Ardenne et qu'il serait possible d'expliquer par l'histoire et le folklore locaux. Par exemple, on a fait du chasseur maudit de Bohan un mauvais seigneur ‹lequel a d'ailleurs réellement existé à la fin du XVIIIème siècle‹  qui reviendrait, la nuit, expier ses méfaits. Or, la très grande diffusion des récits de grande chasse au travers de l'Europe, particulièrement de l'Ouest et du Nord, contrarie toute interprétation régionale et témoigne, à l'inverse, de ce que l'on se trouve en face des restes épars d'un mythe fondamental.
          En définitive, qu'évoque la grande chasse? C'est, selon moi, le souvenir du plus important des dieux des anciennes religions nordique et germanique. Odin (ou Wodan*), puisque c'est de lui qu'il s'agit, n'a pu survivre au christianisme que sous la forme d'un chasseur fantastique. Dans son excellent livre sur les dieux* et la religion* des Germains*, le professeur Derolez l'indique d'ailleurs clairement: "Nous trouvons peut-être, écrit-il, une dernière trace du Wodan du continent dans la croyance populaire très répandue concernant le chasseur sauvage" (3). Toutefois, il ne s'agit pas de n'importe quel souvenir du dieu Odin. En effet, les récits mythologiques relatifs à celui-ci sont nombreux et lui confèrent différents rôles. Parmi ceux-ci, deux sont particulièrement importants et pourraient avoir survécu dans la grande chasse.
          En effet, on se rappellera que, dans le vieux monde nordique, la plus heureuse destinée qui pouvait être assignée à la vie d'un guerrier, était de tomber un jour ou l'autre au champ d'honneur, les armes à la main. L'âme du combattant était alors saisie par une Walkyrie et entraînée vers cette espèce de paradis* militaire qu'était le Walhala. Là régnait aussi Odin, qui se trouvait ainsi à la tête d'une armée de fantôme. Or, on a vu justement dans la grande chasse une survivance de cette troupe d'âmes guerrières, hantant, la nuit, le monde entier. Il n'est donc pas étonnant que l'on décrive souvent les cavaliers qui accompagnent ou même qui mènent la grande chasse comme des fantômes ou des cadavres, voire des squelettes. Bref, une première interprétation  ‹et peut-être la plus juste‹  ferait de la grande chasse ce bataillon fantôme de soldats nordiques, conduits par Odin à travers toute la terre.
          Mais il pourrait exister une autre interprétation, et, quant à moi, je la préfère. En effet, il ne faut pas perdre de vue, ainsi que le souligne fort bien l'écrivain normand Jean Mabire, que : « Odin est avant tout un dieu voyageur. Aucun élément de l'immense Nature ne lui est étranger. Il chevauche dans les nuages, il galope dans les chemins et il plonge sous les vagues. Au fond des mers ou au sommet des collines, il cherche toujours la sagesse. Sa vie est une quête perpétuelle. Car la sagesse n'est pas immobile mais mouvante. L'esprit ne reste jamais en repos. Il souffle avec le vent, légère bise ou forte rafale. C'est lui qui fait frissonner les arbres; les idées voltigent parmi les feuilles mortes emportées par la tempête. Il faut se hâter de les saisir » (4). La grande chasse serait alors le souvenir de cette course du dieu Odin, toujours à la recherche d'un savoir plus grand ou d'une connaissance plus approfondie de la Nature. Au vrai, ce ne serait plus, dès lors, seulement à la divinité païenne mais aussi à l'esprit qu'elle incarne  ‹ à savoir: le questionnement perpétuel et la soif d'apprendre et de découvrir sans cesse‹   que ce serait attaqué le christianisme missionnaire et totalitaire de nos régions. Ainsi c'est dans la légende qu'était confiné l'Esprit, par des prêtres* qui pensaient détenir la Vérité*, totale et exclusive de toute autre.
          Mais le mythe* a survécu et l'Esprit n'est pas mort. Et bientôt, aux fantômes de la grande chasse pourraient bien succéder de nouveaux guerriers, en pleine possession de leurs forces, et combattant, non plus à la suite d'Odin, mais toujours aux côtés de l'Esprit et de la Nature.

Notes et références :

- (1) Sur les manifestations de la grande chasse à Bohan-sur-Semois, voir notamment: PIMPURNIAUX Jérôme, Guide du voyageur en Ardenne, 2ième partie, Bruxelles, 1858, pp. 231-234; MONSEUR, Eugène, Le folklore wallon, Bruxelles, s.d., pp. 1-2; DELOGNE, Théodule, L'Ardenne méridionale belge, Bruxelles, 1914, pp. 62-63; ROUSSEAU, Félix, La chasse infernale de Bohan, extrait des Légendes et coutumes du pays de Namur, Bruxelles, 1920, dans Le Sanglier, n°51, 16 septembre 1960; LUCY, Gaston, La chasse infernale de Bohan, in Presses-Annonces, n°33, 8 septembre 1972.
- (2) Il s'agit de: MOURREAU Jean-Jacques, La chasse sauvage, mythe exemplaire, in Nouvelle Ecole, n°16, pp. 9-43. On lira aussi avec intérêt: BOURRE, Jean-Paul, La chasse sans armes, dans L'Autre Monde, n°12, pp. 10-17. Et bien sûr, on n'oubliera pas Victor HUGO, Le Rhin, tome II, Bruxelles, 1842, pp. 104 et ss.
- (3) DEROLEZ, R., Les dieux et la religion des Germains, Payot, Paris, 1962, p. 74.
- (4) MABIRE, Jean, Les dieux maudits. Récits de mythologie nordique, Copernic, Paris, 1978, pp. 79-80.

----------[Synergies Europeénnes, Combat païen, Mai, 1993] -----------


          Le Cheval apparaît comme étant l'un des archétypes* les plus fondamentaux de nos mythologies : « Comme l'arbre*, il relie tous les niveaux du Cosmos : le terrestre où il court, le souterrain où il se rend régulièrement comme animal psychopompe (Hermöd se rend chez Hel sur Sleipnir pour aller tenter de récupérer son frère Balder), et le ciel où il s'occupe fréquemment de tirer le char de Sol/ Sunnu, la soleil, ou de mener divers cavaliers (Walkyries, Chasse Sauvage…)
          Les chevaux nordiques du soleil sont Arvakr “tôt éveillé” et Alsvidr “très rapide” 29. Mais on dit aussi dans leur mythologie que c’est le cheval Skinfaxi “crinière brillante” qui “provoque la venue de la lumière du jour” (Austro-Aurore) en tirant le char de la Sol mais, en fait, ils sont deux : “Coureur matinal” et “Tout puissant”. Hrimfaxi “crinière de givre” est celui du crépuscule qui apporte de nuit, la rosée, les frimas. Skinfaxi et Hrimfaxi sont donc les deux chevaux du soleil, cheval du jour dans son trajet céleste, et jument de la nuit dans son trajet marin, eux que les Anglo-Saxons ont gardé dans les supports de Blasons* que sont Horsa et Hangist…

          « Une liaison entre l'arbre-axe (du Monde)n et le cheval apparaît notamment à travers la pratique du nidh. La saga d'Egill, ou celle de Grettir, nous rapportent cette pratique : une tête de cheval véritable – ou en figuration – était plantée au sommet d'un pieu "pour attirer la malédiction30 sur un lieu ou chasser les mauvais esprits d'un lieu". » Revue Ordos, N° 5 (on pensera à nouveau à la Grande Submersion)…

Mise à jour du 7 déc. 06 : Sleipnir, le cheval d'Odhin/ Wotan* :


           «« Sleipnir (du vieux norrois, "celui qui glisse derrière") est le cheval à huit jambes d'Odin. Il est né du coït de Loki (qui avait pris la forme d'une jument) et de l'étalon géant SvaDilfari ; Snorri nous rapporte ce fait dans son histoire des Géants* bâtisseurs (Gylfaginning, 41 ; on comparera ce récit à celui de Hyndluljód, 40). Snorri raconte que Sleipnir est le meilleur de tous les chevaux des Dieux* (Gylfaginning, 14  ; cf. aussi Grímnismál, 44) ; HermoDr, en chevauchant Sleipnir pour se rendre dans le Hel (le séjour des morts), saute au-dessus de la palissade entourant Hel (Gylfaginning, 48). Odin chevauche également Sleipnir pour se rendre en Hel (Baldrs draumar, 2) ; Haddingus, pris par Odin en croupe, voit toute la mer sous lui (cf. Saxo, Gesta Danorum, I, 24). Le Sigrdrifumál, 15, évoque les Runes* qui seraient inscrites sur les dents de Sleipnir. Sleipnir est très souvent cité dans les chants de l'Edda, mais rarement dans la poésie des scaldes. Son nom semble donc assez récent et n'est sans doute apparu que vers la fin du Xème siècle, pour désigner la monture d'Odin. Quand à l'histoire racontant sa naissance, par Loki transformé en jument, elle ne date vraisemblablement que de Snorri.
[?]rt
          Snorri est de robe grise et possède huit jambes. Plusieurs sources mentionnent ces caractéristiques (Snorri, Gylfaginning, 41 ; Hervarar Saga ok HeiDreks, strophe 72). Odin est toutefois représenté monté sur son coursier à huit jambes sur des pierres sculptées du Gotland, datant du VIIIème siècle (Tjängvide ; Ardre). Sur d'autres pierres, Odin est à cheval, mais le cheval a très normalement quatre jambes. Ce qui nous permet d'émettre l'hypothèse que les anciens Scandinaves dessinaient huit jambes pour suggérer la vitesse. La représentation dessinée est ensuite passée dans le langage de la poésie et s'est généralisée.
[mais aussi : 8 jambes = jument pleine]rt
          Les images d'Odin représentent souvent le Dieu à cheval. Bon nombres de ses surnoms indiquent le rapport d'Odin aux chevaux: Hrósshársgrani ("celui qui a la barbe en crin de cheval") et Jálkr (le hongre). Les archéologues se demandent si Odin doit réellement être liée au culte du cheval. Il existe une interprétation mythologique naturaliste courante mais fausse, du mythe de Sleipnir: ses huit jambes représenteraient les huit directions du vent.
[c.à d. les 8 stations sacrées du Soleil, cf. § Muhlespiele ou Escarboucle in art. R&T Astrologie nordique]
          La légende veut que la crique d'Asbyrgi, dans le nord de l'Islande, soit l'empreinte du sabot de Sleipnir.
          Le sculpteur norvégien Dagfinn Werenskiold a réalisé un bas-relief de bois représentant Odin monté sur Sleipnir. Sculptée entre 1945 et 1950, cette œuvre orne la cour de l'Hôtel de Ville d'Oslo. A l'époque contemporaine, Odin a été rarement représenté à cheval.
          En 1911, un navire de dépêche de la marine impériale allemande avait reçu le nom de Sleipnir. Sous le IIIième Reich, on avait gardé l'habitude de donner le nom de Sleipnir aux bâteaux. En 1965, la marine norvégienne a donné le nom de Sleipnir à l'une de ses corvettes.
          Depuis 1983-84, Sleipnir est également le nom d'un champ pétrolifère norvégien situé entre Stavanger et la côte septentrionale de l'Ecosse. »» extr.
Figures animales dans la mythologie scandinave par Julia O'Laughlin ; in [Synergies Europ., Combat Païen,Janv 92 Source: Rudolf Simek, Lexikon der germanischen Mythologie, Kröner, Stuttgart, 1984.

Dans la mythologie grecque :


          
Le quadrige est en rapport avec les quatre directions de l’espace, les quatre moments du jour et les quatre saisons de l’année : l’aurore/ printemps au doigts de rose ; le “grand midi”/ été tout blanc de chaleur ; le crépuscule/ automne (hesper/ vesper) couleur de bronze comme les feuilles mortes et, enfin, le trajet dans l’eau noire de la nuit quand il passe derrière la terre ou quand il semble mourir dans les douze jours du solstice d’hiver que nos cousins Indous appellent “la ténèbres hivernale”…

          
Ailleurs : « Poséidon se métamorphosa en étalon pour féconder Déméter qui s’était changée en jument pour échapper [ou accéder ?]n à ses assiduité. De cette union naquit Aréion, le cheval légendaire qui servit à Héraklès dans l’expédition contre Élis (Hélixioia?) et la lutte contre Cycnos [le Cygne]. »

          
Le Cheval (du guerrier) est psychopompe : « Dans le Phèdre,
l’âme est décrite comme un cocher menant un attelage de deux chevaux, un bon et un mauvais, alors que l’Iliade qualifiait l’Ha(i)dès de klytopôlos, c’est à dire “célèbre par ses poulains, comme si les prairies (leimôn) d’Hadès nourrissaient des chevaux, et les âmes platoniciennes vont paître les prairies de “la plaine de vérité” (pédion). » Bernard Sergent, Enfer mode grec, in Rituels de deuil, travail du deuil, Tobie Nathan et coll., Pensée sauvage, 1995.
        « 
Les quatre chevaux d’Achille furent sacrifiés sur son propre bûcher funéraire afin que leur âme conduise (gr. pompaien) celle de leur maître au royaume d’Hadès. »




          « Le Cheval de Troie, offrande de paix adressée à Athéna (originellement la Dame Blanche, c’est à dire la Grande Déesse des Anciens), était construit en épicéa, arbre consacré en Grèce à Artémis, Déesse Lune présidant à l’enfantement31, et c’était un cheval car il fallait un animal consacré à la Lune, aspect astronomique de cette même Grande Déesse. » J–P. Ronecker, Le Symbolisme animal.
          Et, voici donc notre noble animal devenu lunaire, ce qui n’étonnera pas ceux qui savent que “le cheval blanc est la monture de Diane32 ” en laquelle on peut voir l’ancienne Déesse Mère des Danes, la triple Brigite des habitants de l’Eire, ou notre Epona gauloise “la Grande Jument”, et Athéna elle même qui inventa le harnais sous le nom de Pyrène la rousse (ou Pyréné)…

          Les chevaux blancs du bosquet de Diomède aux sources du Timave/ Timao, sacrifiés à Héra d'Argos et à Artémis33 d'Étolie (!)
étaient marqués au fer à l'image d'un loup par les Vénètes.

          Selon Salomon Reinach : « Hippolyte serait un cheval sacré* mis en pièces par ses adorateurs dans un sacrifice solennel, juste comme le fut Dionysos Zagreus, fils de Zeus* » (rite* de Mémoire).

          En Arcadie, Dé-méter a une tête de cheval et, sous le nom de Démeter Érinus34, elle est une des Erinyes, une des Furies, terribles exécutrices de la Justice*. Concernant son rôle funèbre, signalons que les Harpies “dévorantes”, démons de la tempête et de la dévastation maritime, sont figurées soit comme des Sirènes*/ Elfes*, soit comme des femmes-juments : ces juments d’écume qui courent à la surface des vagues déchaînées, “démons aux cent pieds35 ” filles des “neuf vagues” du Déluge* du Nord.


         
Les chimères dévoreuses Harpies 36, et le cheval de mer Kelpie.

          Mais, si le temps était beau, les Grecs les nommaient Néréides, les filles de Nérée dont la partie positive du caractère symbolique fut affecté au “président” du Conseil des Anciens (Dag, Diète) qui est Posite/ Poséidon. De nos jours, nous appelons “moutons” ces Néréides qui courent sur la mer, oubliant qu’ils sont fils des ravageuses Neuf Vagues de la Grande Submersion atlante* boréenne et, ne dit-on pas encore de nos jours que “la marée arrive à la vitesse d’un cheval au galop dans la baie de Tombelaine/ rebaptisé Mont-Saint-Michel”, lieu qui était avant son occupation chrétienne un observatoire37 astronomique de Lug/ Mercure (un “ballon”) ?

          Le cheval des Muses est « Pégase [qui] les entraîne sur les hauteurs spirituelles, symbole clair de l’inspiration Sublime, de l’imagination créatrice. » Paul Diehl, Le symbolisme dans la mythologie grecque, P. B. Payot 1966.

          Selon les versions ethniques de la Mythologie, “Pégase, porteur du foudre de Zeus est né, soit de l’union de Poséidon et de la Gorgone Méduse, soit de la terre [reverdie] fécondée par le sang de Méduse” : ce qui pourrait signifier la renaissance de la terre gaste Gord/ Gerda, sous l’action du soleil [enfin libéré de sa prison] sur le dépôt de limon post-diluvial qui suivit le “retrait” des “neuf vagues” de Neptune, ce Schimmelreiter du folklore de Basse-Saxe, lui “qui n’apparaît que lorsque les digues se rompent”…

          Pour nous résumer, disons que le cheval symbolise pour les Grecs l’Océan primordial d’où naquit la Vie,
mais aussi les instincts : la Jument Noire symbolisera la mort tandis que le Cheval Blanc figurera la Vie, la Connaissance (Lune/ réflexion –> Munhippé). Pégase en est une forme sublimée qui, avec ses ailes, figure l’envol de l’esprit et de l’Âge d’Or de la Civilisation Engloutie (cf. les art. Elfes* et Sirènes*) : c’est alors qu’il devient solaire et qu’avec ses ailes il emporte le Soleil dans sa lumineuse course diurne.




Les Romains faisaient une distinction entre l'équus, "cheval noble" et le caballus (mot péjoratif, d’origine gauloise) ou "cheval de trait", et aussi la rosse (du germanique Ross, –> cf. le Rouge de la mythologie celtique et la… Rossinante de Don Quichotte).
          
In De Germania, Tacite nous parle des rites* des Germains : « Ils nourrissaient à frais commun des chevaux blancs comme la déesse : de l’étude de leur comportement, ils tiraient des présages ! »


Augure avec son Litùus

          « La “Canne Chevaline”, bâton que les chamans utilisent dans leurs transes, est une canne coudée à tête de cheval… » Voilà qui nous met aussi sur une des pistes de l’origine du Litùus* romain, bâton augural, tellement sacré* qu’il ne put être éliminé par l’Église* et est ainsi devenu… la crosse épiscopale (cf. art. Blasons*) mais, pour faire bonne mesure, rappelons qu’il était aussi devenu – toujours par la grâce de l’Église – le coursier/ manche à balai de nos So(u)rcières* !




Chez les Celtes :


          « Gravé dans la craie à flanc de colline, se découpe l’imposante et majestueuse silhouette d’un cheval qui ne mesure pas moins de 110 mètres de la queue aux naseaux. La stylisation de l’ensemble, remarquable, est identique à celle du cheval sur les monnaies celtiques de cette époque.
          « Cette représentation du cheval solaire d’Uppington White Horse dans le Berkshire (Angleterre), à été faite par les Belgae 38 qui arrivèrent du continent vers 300 AEC. Ce site, lieu de rassemblement du Tuata/ tribu, servait à la célébration de leurs Jeux* rituel. La colline s’appelle Dragon’s Hill, ce qui implique pour John Sharkey (in Celtic Mysteries édité par Thames & Hudson en 1975/ 1979) l’association de forces occultes chthoniennes, de géomanciens et de sourciers* (cf. art. Mélusine*)n. Les recherches de Guy Underwood suggèrent que plusieurs images de ces “puissances” sont superposées sous le cheval actuel.
         « Non loin de cette représentation se trouve un tumulus préhistorique ceinturé de grandes pierres levées, qui porte le nom local de Wayland’s Smithy 39. Selon la légende, quiconque laisse un cheval à coté des menhirs, à minuit, lorsque la lune est pleine, le retrouvera au point du jour, ferré par Wayland. On dit aussi que le fantôme de Wayland sort à cheval du tumulus lors des nuits d’hiver, en brandissant son épée magique40. » J.–P. Ronecker, op. cit.

          Remarquons qu’on retrouve dans cette légende, le forgeron, le Sidh*, les Mânes*, le cavalier de la Chasse Sauvage à la pleine lune du solstice d’hiver Jul° et l’épée de Justice* ou rostre de Narval*. La présence du Dragon* ne doit pas nous étonner : chez nous, principalement dans les Vosges, en Bretagne et dans le Massif Central, nombre de statuettes – quelquefois posées sur des colonnes 41 (cf. art. Astrologie* et Irminsul*) pouvant atteindre 15m – représentent un cavalier solaire surplombant, terrassant, ou sautant au dessus d’un nain* ou d’un géant <– anguipède (c. à d. “à queue de dragon”) dont le bas du corps est enfoncé sous terre (ce qui est un joli résumé des données boréennes concernant la Grande Submersion de l’Atlantide* locale).


       
La seconde illustration du Cavalier "à l'anguipède" vient de l’église* Saint-Hilaire de Melle (F.79).

          On dit de ce type d'image, fréquente dans les Charentes, qu’elle « représente Constantin écrasant le paganisme*. Elle se réfère tout aussi bien à la tradition gallo-romaine et montre le cavalier terrassant un personnage maléfique, " à pied de serpent ", et se rendant ainsi maître des forces telluriques. (Soc. Mythol. Franç.) » Màj 25-2-06.

Nous ne voudrions pas vous paraître excessivement “diluvio-maniaque” mais, puisque
ce “point de vue” nous a bien souvent permis d’éclairer nos recherches d’un jour nouveau, nous verrions plutôt dans ce “Cavalier à l’anguipède”, un Taranis “le tonnant”, un Thor*, un Apollon* vainqueur – en définitive – des Daïmons° primordiaux du sol, les Titans sortis du Tartare (volcanisme, feu et tremblements de terre), suivis de la Grande Transgression Marine ou peut-être même et bien avant, ces Dieux* sortant de la Grande Catastrophe et du Grand Hiver Fimbulveter qui s’ensuivit (cf. art. Déluges*). Mais notre “ouranien” fut – par bonheur – vainqueur de tous les “chthoniens”, vainqueur certes mais associé comme dans la Hiérogamie* où l’on retrouve ce “synécisme” qui est le propre à la Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes.

          Il arrive que ce “cavalier à l’anguipède” tienne le foudre de Taranis-Jupiter ou la roue cosmique à six raies (la Rune* Hag-all symbole* du Tertre Suprême) :

           « Le cavalier porteur de la foudre ou de la roue* n’en est pas forcément le possesseur, il peut en être le détenteur provisoire et en user comme Cuchulainn 42 utilise la roue ou le Gea Bolga [sorte de lance magique dont la description fait fortement penser à la foudre 43]. La foudre, ou la roue est alors symbole de la puissance ou de pouvoir légitimés par la Déesse à l’instar de la fameuse épée d’Arthur… » J-P. Ronecker.

          Mais ce géant anguipède nous fait aussi penser aux ennemis jurés des Celtes goïdéliques : les Fomoraig ou Fomoirés d’Irlande “les forces du chaos”, peuple mythique, chthonien, symbolisant les forces anti-évolutives, anti-initiatiques (cf. les Daïmons grecs in art. Dioeux*) qui, par leur caractère souterrain, sombre et “infernal”, évoquent les Kelpies écossais (cf. Bestiaire* #4/5) symboles* du cataclysme renouvellement qui mit fin à l’Âge d’Or boréen : on les retrouvera comme “noirauds” dans nos folklores et comme éternels ennemis du lumineux et auroral
Prince de Mai !
          Ce Cavalier à l’Anguipède gaulois devint Saint-Georges à l’époque chrétienne, lequel colonisa pratiquement tous les sites nommés Gargan (cf. Hercule)…

          De nombreuses monnaies* gauloises représentent le char* de Sol, la déesse Soleil, ce qui explique la présence de ce “cheval à tête de femme”. Cependant, sur d’autres pièces c’est une cavalière altière et elle y est souvent poursuivie par un loup menaçant (que les Nordiques nomment Fenrir/ Garm) !

  


          Devenue la déesse gauloise Epona, ultérieurement romanisée, qui était en fait la Déesse Mère*, elle prenait sur son dos les âmes des mortels, cette Déesse jument se retrouve dans le domaine celtique des îles avec Rigantona devenue Rhiannon et avec Macha (cf. Démeter)…

Archéologie : « Le Tumulus de Mané-Lud en Morbihan renferme un certain nombre de crânes de chevaux. À Penmarch, dont le nom signifie “tête de cheval”, une tête de cet animal est gravée sur un menhir, souvenir sans doute d’un ancien culte à la lumière. » Marcel Moreau, La Tradition Celtique dans l’Art Roman, réed. Courrier du Livre, 1995.
          « Le Cheval occupe une place toute particulière dans l’iconographie de l’art celtique. Il constitua dès le premier âge du fer un des rares thèmes figurés de l’art halstattien, probablement à cause de son lien avec la divinité solaire qu’évoquent également les oiseaux aquatiques (cf. Grue sacré in art. Irminsul*)n … » Venceslas Kruta.




          Il en était de même pour Solimara, la Mahra de la Sol, la “reine des chevaux du Soleil”, que nous voyons ici sur cette pièce de la Tuatha des Leuques – tribu de “ceux de Lug” – dans les Vosges, enjambant un saumon sacré*. Pauvre Solimara qui fut dénaturée par l’Église* jusqu’à devenir localement Souciau la sorcière* !…

          « Cuchulainn a deux chevaux, “Sabot noir” et “Gris de Macha” (la reine des chevaux d’Irlande)n, tous deux ont une intelligence quasi humaine. Ainsi, lorsque le héros se prépare pour son dernier combat, le Gris (cf. Horsa in art. Blasons*)n refuse de se laisser atteler au char et verse des larmes de sang. Plus tard, il guidera le vengeur Conal I Cervach vers le corps sans vie de son maître. Le Noir, lui, ira se noyer (!) de désespoir (cf. angst/ ankou –> Hengist, art. id.)n… »

Aux Indes : les jumeaux Ashvins qui symbolisent le cycle (solaire) Jour / Nuit, ont une tête de cheval tout comme Asha44, “le pénétrant”. Ils sont d’ailleurs fils d’un cheval et d’une jument et incarnent la Loi (Dharma) et la Connaissance.

Mise à jour du 7 déc. 06 : vu sur http://www.phenomenamagazine.com 13 oct 2005

Les Antiques Chevaux d'Iran avaient leur propre Cimetière
Par Stuart Miller - Source : iranmania


          La découverte du cimetière de chevaux vieux de 3.000 ans a été une surprise pour les excavatrices de Gilan Talesh. C’est la première fois qu’ a été trouvé un cimetière historique possédant une section où sont enterrés des chevaux, a dit CHN.
          Les chevaux sont l'un des animaux compagnons des humains des temps antiques. Cet animal était à leur service et toujours une grande aide dans différents aspects de la vie quotidienne, guerres, et travail. Par conséquent, sa mort était aussi triste que la mort d'un proche parent.
          « Dans la périphérie du cimetière préhistorique de Talesh, nous avons étonnamment rencontré un espace qui a été consacré à enterrer des chevaux. C'était la première fois qu'un tel secteur a été trouvé dans un emplacement historique, ce qui a posé beaucoup de questions » a dit Mohammadreza Khalatbari, chef du centre préhistorique de recherches'archéologiques, et directeur de l'équipe d'excavation de Gilan Talesh.
          « Il n'y a aucun doute que les chevaux ont apprécié un endroit spécial dans la vie des êtres humains dans toutes les périodes de l'histoire et de la préhistoire, mais le fait qu'il était si respecté par les êtres humains qu’ils ont consacré un espace spécial à leurs animaux dans le cimetière est l'une des dernières découvertes des archéologues » a dit Khalatbari.
          Selon lui, pendant les excavations archéologiques précédentes dans Calouraz et Shahdad quelques chevaux enterrés avaient bien été trouvés, mais la différence est qu'ils furent enterrés avec leurs propriétaires, et c'est la première fois qu’un cimetière spécial de chevaux a été découvert. »»


Dans le Folklore :


          « Ces traditions de l'arbre*/ axe associées au cheval et au neuf symbolique (cf. § chiffres in art. Runes*)n se sont retrouvées notamment dans une tradition comme celle de Saint-Lumine de Coutais (lumineux… Lug)n, en Bretagne. Chaque année, un cheval de bois45, le cheval mallet était fabriqué pour un rituel de pentecôte 46, en liaison avec un chêne. On lui faisait faire neuf fois le tour d'un espace circulaire de neuf pieds. » Revue Ordos, N° 5, mai 1995.
          Toujours dans nos folklore, les sources jaillissent souvent sous le sabot du cheval du Héros ce qui n’a rien d’étonnant car nous venons de voir que le cheval grec Pégase vient “des sources d’eau” : le puits Pagase. Nous rejoignons ainsi un concept assez fort pour avoir fusionné avec la tarière qui sert à émonder (mundus) les sources, c’est à dire avec cette dent spiralée du Narval* qu’est la corne du Lycornu (cf. art. Licorne*) !

          « Une fête* qui existe toujours, et qui a lieu en Cornouailles pendant la célébration
du 1° Mai, est la Fête de la Fourrure qui met en scène un homme déguisé en cheval de bois androgyne. Il exécute des sauts, bondissant vers les jeunes filles en relevant ses jupes pour exhiber un long bâton placé entre ses jambes. » J.–P. Ronecker.
          Ce qui est le reste d’un vieux rite* printanier de fécondité qu’on retrouve d’ailleurs en pays occitan où, par l’astuce d’une corde torsadée allant d’un genou à l’autre, le danseur frappe du gourdin phallique qui y est maintenu, le tambourin ou le chaudron qu’il tient devant lui, à chaque fois qu’il écarte les cuisses. Il est aisé d’y retrouver nos vieux rites* de fertilité mais aussi, sans doute, les restes ou les transformations d’anciennes danses* de la pluie auxquels il ne manque que le ronflement des rhombes : pluie et fertilité naviguent ainsi de conserve ce qui n’a rien d’étonnant (cf. les art. Blasons* et Thor*).

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Le Cheval-Dada du
Jour de Mai : nous transcrirons ici in-extenso une étude faite par l’une de nos correspondantes (“ma Sorcière bien-aimée”) qui signe ici habituellement ses œuvres du nom “Epona” :
          « Le Cheval-Dada est un curieux objet que l’on trouve dans certaines fêtes traditionnelles d’Angleterre. C’est un bâton avec une tête de cheval qu’un danseur chevauche comme un “balai de sorcière” et ce cheval, souvent habillé, peut avoir la tête recourbée, et un mécanisme anime ses mâchoires.
          « Le Cheval-Dada est la continuation d’une tradition sacrée très ancienne. La première représentation connue d’un homme avec un masque de cheval date de l’Âge de pierre et se trouve à Pinhole Cave dans le Derbyshire. Des graffitis de l’Époque médiévale situés dans les églises anglaises de Girton (Cambridgeshire), Shillington (Berdfordshire) et Wallington (Hertfordshire) représentent le Cheval-Dada.
          « Son nom allemand est Steckenpferd (Cheval-Bâton) et son ossature est alors un long bâton attaché à un corps en osier, avec un anneau pour le tenir. Sur deux très anciennes représentations on trouve l’Arbre de Vie de la tradition nordique (rune de l’Alce )n ornant leur tête.
          « Le Cheval-Dada était beaucoup plus qu’un simple divertissement du jour de Mai. Il s’agit d’une bête surnaturelle sur laquelle le Chaman* chevauche l’Axe Cosmique : Yggdrasil, que le mât de Mai symbolise, et qui signifie “coursier47 de Ygg”, coursier de Wotan*.
          « Les chamans Bouriates de Baïkal en Asie Centrale, dont les pratiques sont comparables aux anciens usages de l’Europe de Nord, utilisent un Cheval-Bâton en bois ou en fer, long d’une aune et muni d’une tête de cheval. Ce bâton symbolise le cheval que les chamans chevauchent vers les mondes d’en haut et d’en bas. Dans leur pouvoir d’entrer en transes, ils adjoignent au cheval bâton un tambour rituel dont la peau est faite en cuir de cheval tout comme les tambours rituels qui accompagnent le Cheval-Dada britannique !
          « Diverses formes de Cheval-Dada sont utilisées de nos jours, le plus célèbre étant celui de Cornish-Town à Padston.
Mai est accueilli au crépuscule (de la nuit de Walpurgis/ Wallburg) avec un Night-song (Chant de la Nuit). Le matin, le Old Moss est sorti de l’auberge du Red Lion et parade à travers la ville. La partie visible du cheval est noire et a la forme d’un bateau (!)n Le cheval a un masque féroce avec des mâchoires qui essayent de mordre48 : c’est une de ses caractéristiques.
          « En Europe du Nord, Bateau et Cheval ont le même pouvoir d’autorité49 : rune* du bateau kaun d’où viennent Kahn “canot”, Kœning, König, king, “roi, chef” (kon)n  ; et rune de la chevauchée Raido d’où viennent Ritter, rex et régula, ”règle et chevalier, roi, rite*”.
          « Le Hooden Horse de Kent (!) paradait la veille de Noël, Snap le dragon* paradait à Norwick, et le serviteur du dragon Whiffler portait un bâton décoré de rubans (cf. le Mai)n. À Padstone, la déambulation était menée par le Teaser, un homme habillé en femme qui dirigeait le cheval avec une massue rembourrée. Par la suite, la créature s’affaissait comme morte pour revenir à la vie à un certain passage du Day Song (le Chant du Jour, de Mai) lequel était joué tout au long de la journée. Le cheval poursuivait les femmes et les enveloppait dans ses jupes 50 .
          « À Padstone toujours, la fête du cheval était associée au
mât de Mai qui fut interdit en 1870 et réinstauré il y a peu de temps. Le Mât était un espar de bateau planté en haut de Cross Street au centre d’une croix incrustée dans la pierre. Le mât est donc un symbole de l’axe cosmique placé au nombril* de la ville. Au début des festivités, le cheval était transporté au traitor’s pool ou “bassin du traître” (cf. Loki)n dont les eaux sont sacrées (taboues)n, un quart de mille à l’extérieur de la ville. Là, il était censé boire…
          « À Minehead (Somerset), un autre Cheval-Dada, le Sailor’s Horse (cheval des hommes de mer), était placé à un carrefour le matin de Mai et il s’inclinait au lever du soleil (en salut)n. La légende (post évangélique)n veut que Saint-Georges visitant la ville, son cheval marqua le sol avec son sabot et par quatre fois (les 4 points cardinaux)n jaillit alors une source : la Fontaine Saint-Georges. Un vieux Day Song y fait toujours référence :


      »
(Où l’on retrouve le rôle du Robin (Hood), l’Homme Vert, le Feuillu…)

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          Le “glou-glou” de nos sources montagnardes nous semble bien souvent être des murmures (cf. art. Runes*), des paroles confuses, ou des hennissements de chevaux et ceci pourrait expliquer les résidus – post évangéliques – de rites* agricoles à Démeter, avec danses*, onomatopées et chants autour des sources sacrées*… mais toute source est sacrée, de nos jours plus que jamais, n’est-ce pas ?

Folklore ou éthologie ?


          « La vie en liberté des manades de chevaux a donné naissance à de curieuses coutumes qui ont un aspect proprement “folklorique”, si l’on applique ce terme à la vie collective des animaux. En proie au danger de l’attaque des loups, qui n’ont disparu des étendues semi-désertiques de la Crau et de la Camargue qu’au milieu du XIXème siècle, les manades avaient adopté un moyen collectif de défense qui a été signalé à diverses reprises, en particuier par P. Véran en 1806 et par le Dr Régis (Notes sur les Mammifères de la Provence, 1880, p. 39). À l’approche des loups, les haras de chevaux et de juments se réunissaient en cercle, les poulains à l’intérieur, chaque bête présentant le postérieur à la circonférence du cercle de manière à écarter l’agresseur par des ruades, tandis que les étalons (grignoun) galopaient à la périphérie en cherchant à l’atteindre à coup de dents et de ruades. » Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin, ATP Aubanel 1975.


Au Danemark
, il a longtemps subsisté dans les populations agricoles un rite – interdit par l’Église– qui consistait à verser du sang de cheval à l’Est (aurore rose) et à l’Ouest (crépuscule bronze) : « ce qui ferait considérer le cheval comme l’incarnation de l’Esprit de l’Année Solaire, fils de la Déesse-Jument. » Robert Graves, Les Mythes Grecs, Fayard Pluriel, 1967.


Mosaïque de Vienne (F-38)


Dans l’Histoire : Le cheval “bayard” figure dans de nombreuses régions et il est bai, c’est à dire roux, solaire ! Il n’est pas le cheval de Bayard, mais c’est lui qui a donné son nom au Chevalier Ponçon du Terrail, notre héros dauphinois qui était natif de Pontcharra/ Bréda aux frontières de la Savoie.


Histoire naturelle :


          La jument porte son poulain 354 ou 355 jours ! Ce chiffre est remarquable car il est celui d’une révolution (année) lunaire ! Nos ancêtres n’ont pas pu ne pas le remarquer, d’où l’importance de “la plus belle conquête de l’homme” dans toutes nos mythologies* et son rapport à la Lune.

          Mais, nous avons gardé pour la bonne bouche cette belle citation de Claude Denys : « Le cheval est pour le Chevalier l’instrument de sa Quête. Le cheval instruit l’homme, l’oblige à dompter en lui le coté obscur (…) L’équitation est l’alliance sacrée de l’homme démiurge avec l’enfant du Vent et du Soleil (…)
          « 
Le cheval révèle les faiblesses du cavalier et, par ce fait même, l’éduque. Tout bon cavalier doit donc recréer l’harmonie51 en lui-même avant d’espérer l’obtenir dans le couple homme-cheval. Mais sa récompense sera la possession complète des forces de la monture dans le respect de sa beauté et de sa fougue naturelles. (…)
          « Pour le Chevalier, qui lors de son intronisation reçoit les éperons avant même la remise de l’épée, la principale école de vaillance et de loyauté, hormis la guerre, sera le tournoi au cours duquel la bonne entente avec sa monture est le préalable nécessaire à toute réussite. »


Dans la littérature :
 « …La jument frissonna comme une femme (…) il ne dirigeait plus son cheval, sa folle jument aux cheveux de femme qui, talonnée, fuyait éperdue (…) Au loin, dans l’étendue, les chevaux nus galopaient comme des vierges folles… » H. de Montherlant.


Biblio Pus : Wagner Marc André, Le Cheval dans les Croyances Germaniques, Paganisme, Christianisme et traditions. (19-12-06)

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LA CHÈVRE
Le sujet a été partiellement traité plus haut sous le titre “Bouc”.

          « En grec, son nom Aïx signifiait également un météore enflammé, un éclair, une étincelle. Une autre racine grecque aéga se retrouve dans le nom des Aegyptoï chez qui « Apollon s’en allait dîner… »
          « En sanscrit, son nom Aja voulait dire aussi “non-né” et, de ce fait, l’animal a figuré la substance primordiale non manifestée, c’est à dire Prakriti la Mère du Monde, identique à la pélasgique Eurynomé. » Raimonde Reznikov, Les Celtes et le Druidisme, Dangles, 1994.
          Et, ce “météore enflammé” peut être une piste pour ces “Aégyptoï – qui ne sont pas les Égyptiens actuels – chez qui Apollon se rendait pour dîner : un pays englouti par un séisme” en Héspérie, chez les Hellades qui pleuraient des larmes d’ambre* (cf. art. Atlantide* boréenne et Déluges*)…
          D’autre part : « Le Palais englouti de Poséidon s’appelait aégaé (“de la chèvre”)–> » …de la chèvre Amalthée bien sûr, puisqu’elle était là avant52 Zeus qui téta cette salvatrice nourrice et, ceci ferait des Æguptoï, non des Égyptiens53 – ceux que nous connaissons – mais des ancêtres crétois ou santoriniens, si ce n’est… des Ouraniens de Thulé dans l’Atlantique Nord, l’Océan… de Poséidon !

Chez les Nordiques : HeiDrun, la chèvre symbole d'abondance* (Màj 7 déc.06)
          « HeiDrun est le nom d'une chèvre de la mythologie nordique. D'après le Grímnismál, 25, elle séjourne dans le Walhall et se nourrit des feuilles de l'arbre LæraDr. De son pis jaillit un hydromel limpide qui coule directement dans les coupes des Einherjær – les guerriers tombés au combat. dans l’honneur ! (voir également Gylfaginning, 38). Dans le Hyndluljód, 46, 47, Hyndla reproche à Freyja, outragée, d’être aussi souvent "en rut" que HeiDrun. Le spécialiste néerlandais de la mythologie germanique, Jan De Vries, pense que les noms tels HeiDvanr et HeiDraupnir, dérive d'un mot cultuel, heiDr, désignant l'hydromel des sacrifices
[cf. art. Ambroisie]rt. Sinon, la signification du mot reste obscure [–> “païen”]rt. Le mythe* de la chèvre qui donne de l'hydromel doit être une interprétation typiquement nordique du vieux mythe de la vache originelle et nourrissière (AuDumla). Chez les Grecs, nous avons la chèvre Amaltheia, dont les cornes produisent l'abondance*. » Extr. Figures animales dans la mythologie scandinave par Julia O'Laughlin ; in [Synergies Européennes, Combat Païen, Janv 92 Source: Rudolf Simek, Lexikon der germanischen Mythologie, Kröner, Stuttgart, 1984.



“Tête de Chien”, Gravure rupestre du Tassili54

LE CHIEN


Étymologie : indo-européen *can ; latin canis ; grec kyon55 / kynos –>kynthos d’où le mont Kynthe “Mont de la Connaissance” (ou “Mont de la Chienne” ?) et le prénom Cynthia : « Les Kynésioï sont à l’occident, le dernier peuple… »
          Sanscrit çvan, baptisé Maha Kamuka “le Grand Aimant”, de kama “amour”, mais aussi “aimant” (magnétique), cf. infra.

Ancienneté des races g canines : « Tous les peuples de l’antiquité reconnaissaient l’incontestable supériorité des Celtes* en matière d’élevage canin. » Reznikov.
          Déjà dans l’antiquité sont apparues, avec la sélection méthodique, des races de chien spécialisées, il y en a cinq grandes familles :

- les chiens de chasse “courants” qui permirent de renouveler la chasse rituelle du cerf Cernunnos*, la transformant en rituelle “chasse à courre”.

-
les chiens de chasse à la course “lévriers”, qui deviendrons symboles de fidélité.

- les chiens de “terriers”.

- les chiens de “bergers”.

- et enfin les chiens de “garde”, par recroisement avec le noble loup d’où est issu notre actuel “berger allemand”, traqueur et sauveteur apprécié dans les avalanches et autres catastrophes (histoire de racheter la mémoire de Fenrir sans doute…) 



          « Le chasse, acte sacré* comparable à la guerre, nécessitait une initiation* et ne pouvait se pratiquer qu’assortie d’un rituel destiné à obtenir une protection divine. Les chiens, précieux auxiliaires des hommes, non seulement participaient aux diverses cérémonies mais, lors des sacrifices de remerciements offerts aux dieux, recevaient leur part d’hommage.
          « À l’époque gallo-romaine, le jour de la fête de Diane, les chiens couronnés de fleurs pour bien marquer que la fête* se célébrait en leur honneur, se régalaient avec leurs maîtres au banquet suivant le sacrifice. » R. Reznikov, id.

Chez les Nordiques : le chien a un rôle funéraire, depuis Fenrir (cf. Loup infra) – le fils de Loki qui brisa sa chaîne magique* Gleipnir (“celle qui enlace”) et ravagea Asgard le domaine des Dieux lors du Ragnarök – et, depuis ce funeste jour, il est Garm qui veille sur Gnipahellir la “caverne en surplomb”, ou Gnijahelli “Roc Géant ou sacré”* qui est l’ouverture de Hellheim (cf. Hell in art. sacré*) à l’entrée du Niflheim, chien qui tourne ses quatre yeux vers les quatre points cardinaux du Pays des Brumes et des Ténèbres, l’Atlantide* boréenne/ Thulé l’engloutie (bien proche du mythe* d’Argus chez les Grecs doro-héraclides)
          C’est lui aussi qui aboie quand Odhin-Wotan* passe, même s’il est grimé (g/Hrimvotn 56 ) : « les chiens seuls voyaient Hela (cf. Hécate, infra) quand elle parcourait le pays” (Krappe). De nos jours encore ils hurlent à la mort quand elle s’arrête pour “couper le fil de la vie” d’un villageois (cf. art. Destin*). »  
          Comme l’âne, le chien-loup (ou berger allemand) porte aussi une croix sur le dos, mais chez lui c’est la croix d’argent de Taranis Sucellus/ Thor, ou rune* gebo “Don des Dieux” : il est alors dit “Royal” !

Garm, ce chien du Destin* qui est bien proche du garma (karma) des Nordiques – ce qui confirme son qualificatif que nous devrions traduire par “chien du Destin” – est donc le cousin (germain) du Cerbère gréco-latin, “le chien d’Hadès de l’Antiquité grecque : monstre à trois têtes mais qui en eut autrefois cinquante, puis cent” comme les hécatepous, c’est à dire “beaucoup”, et fut vaincu par Héraklès figurant le printemps récurrent.
          « Le premier chien fut forgé par Héphaïstos, il était d’airain. Son créateur lui insuffla la vie et l’offrit à Zeus. Le chien est fils du feu céleste, né dans les entrailles de la terre. » Raimonde Reznikov, C&D, op. cit.
          Orth(r)os, le chien de Géryon, était la progéniture des monstres Typhon et Echidna (mi-femme, mi-serpent, fille de Phorcys le sanglier ravageur et de Céto le terrible cétacé, et le frère de Cerbère et de l’Hydre de Lerne, voire même de Chimère, tous personnifications du déluge* nordique ou tout au moins de tous les mortels cataclysmes. C’est avec sa mère Echidna qu’Orthros donna le jour au Sphinx et au Lion de Némée : nul doute qu’il s’agisse là de Fenrir/ Seth/ Sekhmet, sous ces diverses formes ethnicisées…
          D’autre part Hécate (la Lune Noire) qui hantait les carrefour – ce qui la rapproche d’Hermès – se transformait couramment en chien (ou en jument sauvage, cf. caball infra, les Érinnyes) et on représentait souvent sa qualité de trinêtre (cf. Déesse Mère*) sous une forme tricéphale dont l’une des têtes était celle d’un chien (la fin de la vie, cf. art. Destin*).
          Par ailleurs, le chien faisait partie des attributs d’Asklépios/ Esculape, “le dieu* de la médecine capable de ressusciter les morts” et l’on pensera ici à son collègue égyptien Anubis (cf. infra)…
          Mais le “monstre” qui garde l’antre de Charybde (et Scylla, cf. art. Ulysse* & Nausicaa) n’était probablement qu’une otarie, ce qui expliquerait son “cri de petit chien” et c’est ce kokytès qui servit à désigner les cris des pleureuses rituelles (que nous n’appellerons quand même pas “professionnelles”, quoique les citées grecques s’étant en-bourgeoisées, les rites* s’étaient affadis et seul ce “petit commerce” pouvait encore faire illusion en affichant la “puissance financière” de la famille en question…)

Dans le monde étrusque :
on est aussi en droit de penser que Tu-chulcha, l’homme-chien (le dieu-chien) des enfers glacés (inferno57 <–> inverno) et compagnon de Charun/ Caron, est une version ethnique de Fenrir, le fils monstrueux de Loki ou, tout au moins, de leur commun ancêtre archaïque.

À Rome : le chien « était l’emblème des pénates (dieux domestiques révérés). Dans les maisons romaines, au milieux des statues des pénates, se trouvait habituellement une statue de chien qui “symbolisait la fidélité des dieux et leur mission de gardiens”. » Ruffat, cité par Eloïse Mozzani.

Dans la mythologie celtique : c’est un animal de combat, Caball, mais ce nom est aussi la figure de la “jument féroce”. C’est pour cela que Cuchulainn est dit “le chien {ka(n), ku(n)} de Culann”.
          Le roi d’Ulster s’appelait Conchobar, “Secours de chien”. Il était un des pères de Cûchulainn, “le Chien de Culann”…
          « Partholon – l’Éburon qui s’était installé en Irlande/ Hibernie juste après le déluge* nordique – s’était fait chasser de l’île par des êtres fantastiques qui portaient des “têtes de chien” ! » Était-ce là un ordre de guerriers ? Étaient-ils d’autres envahisseurs (
Guanches 58 ?) ou y-eut-il confusion avec les Cavales de la Mer figurant le raz de marée boréen avec ses neuf vagues successives ?

Màj 12-10-04 proposée par slan@, vu sur membres.lycos.fr/quetzcoatl/ :

Voulez-vous lire maintenant une mise à jour sur les Guanches par le biais d’un article en pdf accessible en cliquant sur [guanches.pdf] 59 ? Vous reviendrez automatiquement dans notre article pour le terminer…)

          Toujours dans leur mythologie*, Art le fils de Conn (“chef”) doit aller chercher dans sa quête la fille du roi des Tête de Chien, les Coinchid qui habitaient une île au milieu de l’Océan (!), pour avoir le droit de régner sur l’Irlande.

En Égypte : c’est le chien égyptien Anubis, le dieu à tête de chacal – ce nettoyeur du désert – qui est l’embaumeur d’Osiris démembré par les œuvres du funeste Seth.

Au Moyen Orient : Est-ce pour cela que dans le tardif Islam le chien est l’animal impur par excellence, le Kelb du Maghreb (cf. la chimère Kelpie) : ici, c’est son côté Fenrir/ Cerbère domine… (la racine de cette langue – pour le moins syncrétique et tardive – est analogue à la racine grecque klepto “voleur”...)

Au Sahara central : « des gravures rupestres fournissent de nombreuses représentations de personnages pourvus d’une tête de chien, et ces personnages – qu’ils soient mâles ou femelles – semblent animé d’une force surhumaine » : Ordre de guerriers ou envahisseurs ? Ou les deux à la fois (voir l’illustration en tête de ce §) ?

Aux Indes : « Sirius B, le Grand Aimant Maha Kamuka est un Chien. Dans leur ciel, la chienne Sârama garde, pour son maître Indra, le troupeau doré des étoiles et des rayons solaires ; ses deux petits, les Sârameya, surveillent les morts dans le royaume souterrain de Yama, le père des hommes. » R. Reznikov.

En Chine : le Chien céleste T’ien-k’uan, “rouge comme le feu, orage et météore à la fois, accompagne les Immortels dans leur apothéose” (Pédrazzani). Tout ceci est bien dramatique et funèbre et nous fait repenser avec morosité à notre affreux diluvien et nordique Fenrir.
          « L’étoile Sirius, “le Loup Céleste”, garde la palais du Seigneur d’en Haut, c’est à dire la constellation de la Grande Ourse, considérée comme l’Autre Monde ; aussi, pour obéir aux ordres de son seigneur, le Loup céleste prend les hommes dans sa gueule et les jette dans un abîme. Voilà un canidé dont la fonction évoque curieusement les chiens ou fauves androphages [cf. art. <r.t> Blasons*] mais aussi les mythes* gallois concernant Arawn et son royaume d’Annwfn, l’Abîme… » R. Reznikov.


Mais chez nous, au XVIème siècle encore, Corneille Agrippa (mort à Grenoble en 1533), médecin de la Famille de Savoie, philosophe versé dans la magie* (cf. art.) et accusé de sorcellerie, avait un chien appelé “Monsieur” dont on a fait l’incarnation du diable* ou de son démon* familier. On raconte qu’aux « approches de sa mort, comme on le pressait de se repentir, il ôta à ce chien un collier garni de clou qui formaient des inscriptions nécromantiques60 » (cité par Eloïse Mozzani) : s’agissait-il de Runes*, ou de lettres étrusques leurs éviodentes cousines ? On ne sait, mais on peut toutefois se poser la question : Runes* secrètes –> Magie* (cf. ces 2 articles*)…




          Est-ce lui qui, sur ce “Gobelet aux Dieux*” du Musée de la Civilisation Gallo-Romaine de Lyon, lorgne la Corne d’abondance de la Déesse Mère (Dea Artio) en quémandant de la patte, cependant que son compère le Serpent-Dragon* (Niddhog) tente d’abattre l’Arbre du Monde (cf. nos art. Irminsul* et Déluges*) ?

Folklore :
Nous avons vu que dans les superstitions post chrétiennes qui conservent des bribes de la mythologie germano-scandinave : « les chiens hurlent à la mort quand Hela s’arrête pour “couper le fil de la vie” d’un villageois… »
          Les Bretons les nomment alors “les chiens noirs des Monts d’Arrée” : « En Armorique, c’est le Chien Noir, Ki-Du. Il accompagne les trépassés au séjour des ombres. Il est le compagnon de l’Ankou. » J.–P. Persigout.
          Dans le folklore du Pays de Bade, ce sont les Hundchen à trois pattes : des petits pains de la Neu Helle (cf. art. Fêtes # 1-Noël* ainsi que Astrologie* nordique, § Jul°) qui, jetés dans le feu*, sont censés protéger de la foudre et de la tempête, souvenirs du cataclysme – il vaut mieux brûler Fenrir quand on l’a sous la main ! – reste de ce rite* sacrificiel nordique appelé Alfablot ou Sacrifice aux Elfes*…
          Nous ne nous étendrons pas sur tous ces chiens noirs qui figurent donc le diable* chrétien mais, nous signalerons sa capacité à trouver des trésors (engloutis?). D'ailleurs si le mot allemand Hund signifie “chien”, en Bavière il signifie aussi “trésor caché” 61! Cela a-t-il suffi à faire naître la légende ? ou est-ce le résultat de la kala, la “prescription secrète” des troubadours* (cf. art.) ?

Tarot : deux chiens figurent sur la XVIIIème lame : sont-ce les 2 du zodiaque ?


Urne de Glozel / < glozel.net >

LA CHOUETTE  

Étymologie : vieux français choue, du francique kãwa; son nom grec glaux (–> Glaucé) signifie “briller, celle qui resplendit”. Chez les Allemands, elle se nomme Eule (owl en anglais) et c’est elle qui à donné son nom à la Saga du Farceur Eulenspiegel – ou Uilenspiegel en flamand – le “Miroir de la Chouette”, ce qui se réfère aux “préceptes/ Lois de la Sagesse/ ou Vieille Coutume” codifiés dans le… Spiegel.
          Cette Chouette est “un des anciens du monde” et c’est cette racine eule qui a donné son nom à notre hululante Hulotte et, par déformation au Chat-Huant (cf. infra).

          Oiseau nocturne, elle symbolise* avec ses grands yeux aux aguets, la connaissance rationnelle, réfléchie, émanant de la clarté lunaire (réflexion) en opposition avec la connaissance intuitive (instantanée) provenant de la lumière du Soleil (que seul l’Aigle peut regarder en face). Elle est un des rares oiseau à faire des réserves de nourriture comme un écureuil : elle est donc symbole de sagesse – celle de l’Asine Ethéna (assina) – de la clairvoyance des devins et des druides, et donc des so(u)rcières* diabolisées par la “nouvelle foi” judéo-chrétienne…

          « Les tombes mégalithiques, les stèles et les urnes funéraires portent des images de la Déesse-Chouette ornée de seins, ou dont le corps représente un labyrinthe* créateur de vie, avec une vulve en son centre. » Marijas Gimbutas, in Burenhult, en son magnifique livre L’Âge de pierre, Bordas, 1994.
          Et, dans cet esprit (!), nous penserons aussi aux urnes funéraires de Glozel, mais celles-ci semblent masculines, voire même hermaphrodites (cf. § Loki in art. Hermès*).

Chez les Nordiques : la chouette Tutosel qui précède la Chasse Sauvage d’Hellequin/ Harlequin/ Wotan 62 est, de notre point de vue, le nom d’une tribu : “ceux du sel”, Teuta-sel (ou sal), comme les Coriosoles d’Armorique ou de Normandie venus ( ? ou l’inverse) en tous cas cousins de ceux de la Salzkammergut d’Autriche…
          Nos ancêtres les Francs considéraient qu’un hibou installé dans un colombier était de bonne augure – et sans doute fort utile en cet endroit – et celui qui l’aurait délogé aurait été condamné à une forte amende.



Tétradrachme, Vème S. AEC


Pour les Grecs :
« L’oiseau d’Athéna, symbolise la réflexion qui domine les ténèbres». Victor Magnien, Les Mystères d’Eleusis, Paris, 1950…
          Ennemie de Dionysos aux cornes de taureau, elle fut pour cela chargée de guérir les ivrognes grâce à un coquetèle de trois de ses œufs macérés63 dans du vin.
          Mais, la chouette est de mauvais augure pour
les Romains qui avaient tout à craindre de la Sagesse d’Athéna, “résistant” à leur invasion destructrice !

Chez les Celtes : la “fille fleur” Blodeuweed fut “transformée” en hibou : il s’agit là manifestement d’un degré initiatique…

Màj 27 juin 04, vu sur le Site des Druides du Québec : «« Le Chat-huant : Suite à la perte de statut officiel auprès de l'institution romaine et de la fakirisation du druide par l'Église* naissante, la population gallo-romaine ne pourra plus compter sur l'institution druidique pour l'encadrer. Comme la nature a horreur du vide, c'est à partir de ce moment qu'on a vu naître dans les campagnes des confréries païennes de sorciers* de village. Évidemment, dans les pays celtiques à la fin de l'Antiquité et au tout début du Moyen-Âge, il y avait une telle pléthore de petits sorciers qu'on va finir par les confondre avec les anciens druides.
          En gros, les sorciers* ne font que poursuivre la pratique populaire des anciens celtes*. Dans l'ère gallo-romaine, le sorcier va prendre la relève des prêtres* de campagne ayant appartenus à la classe druidique. Donc, le Cauanos, le Hibou, le Chat-huant, vont prendre graduellement la place des Ecconnes. Ce nom va au cours des siècles se franciser pour devenir Chavan, mot [qui n’est pas] sans rappeler Savant. Dans l'Irlande médiévale, le terme drui (druide) va devenir synonyme de sorcier. Aussi certain que l'Église eut raison des druides, elle aura la plus grande difficulté à enrayer le phénomène de la sorcellerie. Incroyablement, cette pratique populaire va réussir à se maintenir en marge du catholicisme. Cette tradition va passer l'Atlantique vers la Nouvelle-France avec les autres bagages culturels. Au Canada Français, la Chouennerie (à ne pas confondre avec Chouannerie) va désigner cette tradition. Dans la tradition populaire, la Chouennerie est le domaine de la parole, de l'oralité et le terme chouenner veut dire dire des merveilles. Selon Jean-Paul Persigout, "le Hibou est un des aspects de la déesse jeune, c'est-à-dire de la nature pendant les neuf mois ensoleillés; beauté fugitive, son aspect hibou hante les nuits du subconscient masculin" (in Dictionnaire de la Mythologie Celte, p. 49.). Ou plus simplement, dans nos campagnes le Hibou est plutôt synonyme de sage. Le Chavan, Chat-huant ou Hibou, est alors le sage du village, bref le sorcier. Ou, comme nous le rappelle Robert Dun :
          « Un autre indice de la survivance païenne est la démonisation et la persécution de la chouette. Le cri de cet oiseau était utilisé comme appel de rassemblement par les participants à des réunions secrètes en vue de combats, de cultes clandestins ou d'initiations*. Les chouans de Bretagne et de Vendée n'ont fait qu'utiliser une tradition millénaire paradoxalement retournée contre une liberté qu'elle avait d'abord servie. ...La chouette est l'oiseau de Minerve, déesse de la sagesse casquée (encore la sagesse), des guerriers initiés. Elle ne pouvait manquer d'être déclarée démoniaque et porte-malheur par le clergé. Les paysans apeurés la clouèrent sur leurs portes en signe de ralliement à l'Église* et pour se protéger des représailles exercées à l'aveuglette, comme celles qui eurent lieu en terre cathare. " (Les catacombes de la libre pensée p. 168.)
          La Chouette ou le Hibou, symbole* lunaire par excellence, est signe de rassemblement. C'est quand la lune est pleine, au clair de lune, que se produisent les rassemblements nocturnes. La lune, selon la forme et la position, indiquait la date des rendez-vous, le lieu étant trouvé en suivant le cri de la chouette. À l'époque des insurrections des Patriotes, c'était bien par le huhulement des frères-chasseurs que le volontaire trouvait son chemin. On est pas très loin en fait de Till Uilenspiegel, le personnage libérateur mythique de la Hollande dont le nom signifie "Till Chouette Miroir". Si la chouette représente la pleine lune, le lièvre quant à lui désigne ses phases. On en comprend alors mieux le sens caché; la chouette, la sagesse, le lièvre, la ruse. N'est-il pas donné au lièvre dans les contes le pouvoir de fuir l'adversaire pour se réfugier dans les ronces, lieu interdit même au renard? »»


La Bible la qualifie d’oiseau impur et, dans cette ligne, le Moyen Âge la diabolise comme tout ce qui est païen* quoique, dans les monastères « on la voyait comme un idéogramme de la méditation (sagesse) Ce n’est donc pas un hasard si le thème fréquemment choisi pour nombre d’ex-libris est précisément un hibou ou une chouette perchés sur des livres. » Cenzato & Santo Pietro, cités par Mozzani qui précise : « elle est aussi, parfois, la représentation de l’alchimie*. »


LA CIGALE


          Cet insecte méridional et chanteur est consacrée à Apollon* qui est aussi, entre autre, le Dieu* de la Poésie et de la Musique. “La Cigale annonce le temps des moissons en chantant : « Sego ! Sego ! », “Scie ! Scie !”, proverbe occitan.


Màj du 18 déc. 06, proposée par notre visiteur nordiste Coupi@ : 
voulez-vous lire maintenant un article très complet d’Évelyne Duret

La cigale et l'homme - De la biologie au symbole ?
Cliquez alors sur ce bouton
[6gales.pdf] et retour dans notre article…
http://www.inra.fr/dpenv/duretc39.htm
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« Voici d’autre part quelques cigales des… Ferroë : pas frileuses ! » René.

          
http://www.faroestamps.fo/?sprog=&side=24cd0820430c102e441c5b265ab983ec
http://feroe.ifrance.com/mainpage.htm
http://www.um.dk/en/servicemenu/Publications/PublicationsInOtherLanguages/PublicationsEnFrancais/DocumentationDanoise/LesIlesFeroe.htm



LA CIGOGNE


L’étymologie
la fait venir du latin ciconia, en vieux français “ceoigne” et “soigne”. La racine nordique Kan "chanter" pourrait figurer dans ce nom. Et d’aucun prétendent qu’elles étaient l’oiseau sacré des Sicuones.

          Les cigognes sont les héritières probables des qualités de “conductrices” des mythiques Grues Sacrées* des marais (cf. infra), les oiseaux d’Héra/ Junon qui sont réputés “voyantes” : les cigognes s’affolent en effet, peu avant les tremblements de Terre ! Comment alors ne pas penser à la grue sacré lorsque nous lisons : 
          «
Dans le symbolisme*, la cigogne personnifie le ciel funèbre, le ciel où le héros céleste, c’est à dire le soleil, est mort. » Gubernatis.

Souvenir de la vieille Fresia nordique, sans doute, les anciens disaient que les cigognes ne s’établissaient que dans les “pays de liberté”.…
          Il faut remarquer que, depuis la submersion de l’Atlantide* boréenne et la fuite des Grues delphis du Grand Marais Maglemose, c’est sa parente la cigogne d’Alsace qui apporte – ou emporte – les âmes ! Mais pourquoi, “Dieux désarmés”, les a-t-on remplacées chez nous par des choux potagers ce qui n’est guère conforme à la fonction psychopompe des oiseaux chez les Celtes, les Germains, les Latins, les Grecs et les Égyptiens (cf.nos art. Elfes* et Sirènes*) ?
          C’est d’autant plus surprenant que les sages-femmes qui parlent de l’état du “travail” de leur parturiente, ne disent pas “choux64 ” mais “petite pomme, grosse pomme, etc.” : souvenir de Maïa la sage-druidesse… d’Avallon sans aucun doute !…

Nommée pelargos par les Grecs
, était-elle l’emblème des anciens Pélasges ? En tout cas nous savons que tuer une cigogne était puni de mort en Thessalie. Son caractère d’oiseau sacré65 s’était conservé au XVIème siècle encore car un vol de cigogne autour d’un gibet provoquait l’annulation de la sentence… On pensera bien sûr à sa parentée avec la grue sacrée des Nordiques (cf. infra)…


En Roumanie, comme en Alsace, la cigogne apporte aussi les enfants. Mais, ici, la piété familiale qu’on lui prête, lorsqu’elle porte ses vieux parents sur son dos, est une mauvaise interprétation de la pariade qui, dit-on, n’a lieu que de nuit, la “nuit des cigognes” : en Moldavie, les filles des villages avaient toute liberté sexuelle cette nuit là et les enfants nés neuf mois plus tard étaient appelés “les enfants de l’amour”. C’est seulement après ce “mariage à l’essai” qu’elles annonçaient à leurs parents leur désir d’épouser tel garçon ! (D’après J.P. Ronecker)

LA COCCINELLE


Étymologie
: “celle qui a des élitres rouges” comme la cochenille, coccum en latin. La coccinella septumpunctata, dévore les pucerons et elle est donc la grande amie d’Achélaos “le maître des vergers”.

Les Alsaciens la nomment Marienkäferle : les Fêtes du Mai sont donc aussi sa fête ! La terminologie française en est assez proche et fort évocatrice puisque nous l’appelons la Bête à Bon Dieu*… en hommage au Grand Ase sans doute !
          Mais ce mois de mai est surtout caractérisé par la présence des hannetons ravageurs des cerisiers, qu’on appelle en alsacien Maikäfer, le cafard : terme générique pour cette famille d’insectes !

LA COLOMBE


        …Ou Palombe est l’oiseau de Vénus, Sophia ! Dans l’imagerie chrétienne elle symbolise le “Saint Esprit”, et de ce fait, elle occulte tous nos oiseaux qui représentent la vie, l’anima/ âme (cf. art. Sexualité*) .



Propulseur azilien

LE COQ

          Le Coq, qu’il soit magdalénien, gaulois, lusitanien ou grec, salue le soleil ! C’est un animal psychopompe “conducteur des âmes” vers la lumière du Soleil ! Voici donc deux traits qu’il partage avec le cheval ce qui, sans doute, fit dire à Proclus :




En Grèce il est l’attribut d’Apollon* car il est “l’image du soleil qui naît”. Il est aussi l’emblème d’Asclépios, d’Hermès* et d’Attis, dont on pressent bien sûr la parenté : il s’agit là des manifestations “ethniques” du même *Diew “ciel diurne”, dans sa manifestation aurorale annuelle de “dieu-récurrent”, de “dieu-fils”.
           De la même manière Zeus* a été assimilé au “dieu au coq” des Crétois velchanos, c’est à dire “Ceux de Vulcain” ! Sur un sceau du Musée Grec de Tégéa, le coq a la forme très caractéristique d’une serpette druidique (mais le sceau lui-même, visible par transparence sous l’étagère en verre, est un svastika* sacré).
          Son nom dorien était kokkos 66, mais on disait en grec classique :



Chez les Nordiques : Gullinkambi, “crête d’or”, est perché sur Yggdrasil (l’Irminsul*) ou sur les remparts du Walhalla et il éveille les Einherjär, l’armée des “héros tombés au combat” – dans l’Honneur – et qui se tiennent prêts pour le combat final. Il ne chante qu’une seule fois (équivalent au grand “pan”) pour les appeler au combat de la fin du monde, celui du “destin* des Dieux*”, le Ragnarök, contre les “Géants*” menés par le funeste loup Fenrir. En contrepoint, c’est un “coq rouge” Rotehahn qui donne l’éveil au monde de Hel ou Hela.


Fibule gauloise

Pour les Aïnous aussi, à la suite du déluge* : “La déesse Amaterasu, la Soleil, avait disparu dans une caverne, mais c’est le chant du coq, associé à celui des dieux (Kami), qui la fit réapparaître” (cf. Galdr/ mantras)…

En Chine, le Coq Céleste, ou “oiseau de l’aube”, fait son nid dans l’arbre Fu-sang qui est l’Arbre du Monde et qui pousse au pays de l’aurore.


Au Moyen Âge : dans les pays germaniques, “Le Coq Rouge67 attaché au clocher”, est un signe de révolte paysanne, c’est le Rote Hahn des chants de Lansquenets, les “brigands” de la “guerre de Trente ans”. Précisons que c’est par un glissement phonique qu’il est devenu Rote Fahne, le “drapeau rouge” des sociétés industrielles, perdant par là toute sa symbolique* culturelle enracinée…  
          En Angleterre, les charnières de meubles étaient traditionnellement faites en forme de coq (à cause des chevilles ou clavettes peut-être : cf. art. Sexualité*).
          Les expressions populaires ont retenu : faire le cog, pour “faire le beau”, ce qui finira invariablement par un “combat de coq” entre adolescents…
          On trouvera aussi le “coq” dans l’art. Sexualité* car, de la Grèce antique à l’Angleterre, ce sybole phallique à la crête rouge est psychopompe : c’est manifestement lui qui apporte… les enfants et, par conséquet, son nom anglais Cock est celui du pénis : il n’y a là rien de graveleux, c’est simplement conséquent…
          
« Le coq° a une grande importance lors du Carnaval, car les coqs en chantant attirent les âmes des morts et les repoussent vers le haut. Leur musique, comme toute musique, est psychopompe. Donc, les morts sont à la fête avec les vivants, mais ils se cachent sous des masques, et l’on retrouve Mardi-Gras » Baeckeroot, op. cit.19-12-06.


Le dieu aux corbeaux
Cogolin, Dijon.

LE CORBEAU
et la corneille


Étymologie(s) :
C’est un oiseau solaire, de Kor, kar, gal “pierre levée (solaire), menhir” et de bal, bel, belenos* “le soleil”, d’où corbel, corbeau, corneille, Coronis en latin, Kornyx en Grec.
          Mais, en Germanique, c’est la racine Rabe-Ram d’où le prénom Bertrand, adaptation de Bercht-Ram “brillant corbeau”. Assez proche en est le Bran 68 des Gaulois, donnant son nom au peuple des Brannovices et à la ville de Brann-iolum, devenue par la grâce de l’Église*… Saint-Corneille. 

Le corbeau symbolise les facultés intellectuelles que sont la Pensée et la Mémoire, ce qui est le sens du nom des corbeaux d’Odhin/ Wotan* que sont Huginn & Muninn :




Chez les Nordiques : le corbeau est dit “mouette d’Ygg” (Wotan) dans une kenning scaldique (métaphore poétique à récurrences culturelles nordiques). Sur cette reproduction du casque de la tombe XIV de Vendel (S), on remarque nos deux corbeaux pilotant Odhin-Wotan*, casqué lui-même d’un corbeau, lance basse contre le Dragon*/ Wurm Jormundgand69 qui, vous le remarquerez, est la figure archétypique* de Saint-Georges terrassant le dragon*… de la Grande Transgression Marine et/ ou du météorite Surt ui s’abîma dans la Mer du Nord au XIIIème s. AEC (cf. notre art. Déluges*).
          Ces deux corbeaux d’Odhin-Wotann sont Hugin “force de la pensée” et Munin "esprit" (en grec Mens) càd… mémoire ! Ils parcourent le monde et informent leur maître de ce qui se passe dans le multivers*.
Les deux corbeaux symboliseraient, selon Pierre Grappin (in Mythologie germanique) le principe de création, et les loups, le principe de destruction. C’est une suggestion intéressante mais un peu courte car la distinction entre ses compagnons les loups Geri et Freki, et Fenrir le fauteur du cataclysme, est de ce fait occultée et ne prend pas non plus en compte la Louve nourricière romaine, non plus que ceux des Ordres initiatiques* grecs.
« Les corbeaux sont souvent et particulièrement cités comme les oiseaux du champs de bataille de sorte que les morts qui vont à la Walhöll chez Odhinn, sont aussi appelés “pitance des corbeaux” (ce qui est un autre exemple de kenning)n. Ainsi les corbeaux étaient également des oiseaux des batailles, et les
bannière des armées nordiques des temps viking représentaient à l’évidence souvent un “corbeau” (vn. hrafnsmerki)… » Rudolf Simek, dict. ß.

Màj du 27 juin 04, vu le 20 mai 04 sur le site de “reconstitution” : http://www.guerriers-avalon.org/notes_hastings.html : « Bannière au corbeau : c'était la bannière de Fitz Osbern, un des plus fidèle, valeureux et puissant compagnon de Guillaume. Elle est representée sur la Broderie de Bayeux. Sa couleur y est bleu nuit, la couleur que les Vikings associaient justement au dieu Odin, l'Ase aux corbeaux (il est dit accompagné de deux corbeaux, Hugin et Munin, signifiant : la Mémoire du Monde, et la Pensée/Sagesse). Odin est souvent évoqué comme présidant au sort des batailles. Ce n'est pas la preuve que Fitz Osbern sacrifiait au dieu Odin, mais que la symbolique* était encore très forte. D'ailleurs, rien que le nom Osbern signifiant l'ours des dieux, comme nombre de noms de familles normands, reflète encore un attachement à ces vieilles racines païennes. » Arnaud le Fèvre (<membres.lycos.fr/hagdik> et La Maove, revue des Oiseaux Migrateurs de Normandie).

Màj du 27 oct. 03 : Voulez-vous lire maintenant le très intéressant article d’Yves Kodratoff, Le Galdr du Corbeau d’Odhinn, vu sur son site < nordic-life.org/nmh > :

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En Grèce :
les corbeaux sont consacrés à Apollon*, le dieu venu d’Hyperboré*, c’est eux qui indiquèrent l’emplacement de l’Omphalos* (Strabon)70.
          Quand à la
corneille … “cet oiseau qui était blanc avant d’être devenu noir” nous dit la mythologie, c’est aussi l’attribut d’Athéna., ce qu’il faut rapprocher de : « l’oiseau qui symbolisait l’envol de l’âme était noir comme le corbeau ou la corneille lorsque celle-ci se rendait dans un séjour souterrain, mais il était blanc comme la colombe, l’oie ou l’alouette, lorsqu’il se rendait dans un Au-delà céleste. » Message n°51.

Plus à l’Est: Chez les Aryens de Perse ils ont un rôle d’augure et de mauvais augure : ils sont les attributs et les messagers de Mithra (“contrat” ; comme ceux d’Odhin/ Wotan*) et ils viennent apporter à l’initié* appelé Corbeau (cf. Kronos in art. Astrologie nordique*) l’ordre de sacrifier le taureau.

Chez les Celtes : Brenn, Brennus, est le nom d’un parsonnage (initié*) “corbeau”, mais, ce nom signifiant “hauteur, colline”, nous supposerons que cela signifiait ‘le haut ‘instruit)” ou “votre altesse”. Cela peut expliquer que les corbeaux aient de même une grande place auprès de Lug. Ce sont les bavards lugos, et la déesse de la guerre Bobd est une corneille. Dans le Breudwyt Ronabwy, les “corbeaux” d’Owein sont massacrés par les soldats d’Arthur, puis ils les massacrent à leur tour : ici, ce sont des guerriers, un Ordre !
          « Le nom du corbeau du Tuata des Lougos fut donné à la ville de Lyon (Lug-dunon) par leur prêtre Momoros car ils avaient couvert les arbres d’alentour pendant que les Gaulois creusaient les fondations de leur cité. » Pseudo-Plutarque.
          La Corneille est la manifestation de Macha la triple déesse d’Eire, Mère des Dieux, fille d’Étrange et d’Océan et, Selon Pline : « 
il existait au fond de l’Océan un Port aux Corbeaux », (celui de Kronos l’Ur Ahn… cf. art. Atlantide*).
          Il est remarquable que les corbeaux veillent toujours sur la Tour de Londres où l’on dit que leur départ serait le signe d’une catastrophe imminente : c’est dire si les Beefeater les protègent et les soignent “comme la prunelle de leurs yeux” (encore une résurgence du don de l’œil de Wotan à la source de Mimir…)

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Màj du 27 juin 04 : Voulez-vous lire maintenant l’article de Alberto Lombardi
Du corbeau dans les traditions indo-européennes* ?
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Màj du 19 déc. 06 : Voulez-vous lire maintenant l’article proposé par notre visiteur
Coupy@ : Un Oiseau Futé, par
Margaret G. Zackowitz ?
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Au Moyen Orient : Le corbeau est par contre considéré comme un animal impur dans le Pentateuque (La Bible : Levit. II, 14-15 et Deut. XIV, 14) ce qui est contradictoire avec leur ascendance “Ébro” (Éburonne), mais conforme à leurs deux autres autres ascendances, l’Égyptienne et la Babylonienne…

De mœurs étonnamment familiales, un couple de corbeaux s’unit pour quarante ans !

Dans nos blasons*, le corbeau est demeuré fidèle aux Francs comme au Celtes : vous en trouverez quelques uns dans notre article Blasons*, ce que nous compéterons ici par ces quelques exemples :

     
Armes des Arrigoni di Milano + Armes de la famille de Machault et de la ville d'Arnouville
lès Gonesse : “d'argent aux trois têtes de corbeau de sable, arrachées de gueules”
. JCC


Le “bâton coucou”
Grotte de Lascaux.


LE COUCOU


Chez les Grecs : Il est dit “l’Oiseau de Héra” parce qu’il surmonte son sceptre depuis que Zeus* “la séduisit sous cette forme d’annonciateur du printemps en se blottissant en son sein” et c’est ce “sceptre que lui vola Zeus”…
          Le coucou se disait en vieux français cialle du latin coccula, sur une racine d’origine germanique Kuckuck qui est une onomatopée.


image/ < lecygne.free.fr >

LE CYGNE
Il est – en partie – traité avec la Grue mythique (# 3/3). 


Histoire naturelle : tout comme la Grue, il est interdit de chasse chez les anciens Bretons, mais se différencie d’elle par son port majestueux etpar le fait que ceux de nos contrées sont muets ce qui réduit ] ici – le “Chant du Cygne” à… néant !
          Le cygne est un animal mi-terrestre, mi-aquatique, un oiseau solaire qui tire le char d’Apollon (cf. Lohengrin de Richard Wagner). L’allemand Schwann vient de sven tout comme die Sonne, “la” soleil (cf. racine *sva “bon”) tout commr l’anglo-saxon swan. En grec, c’est kycnos.
          
Le cygne sauvage (cygnus cygnus) nidifie en Finlande mais passe l’hiver dans l’Ouest de la Baltique et les marais de la Mer du Nord (un restant du Maglemose).



Chez les Grecs et les Hindous : L’Œuf du Monde est l’œuf de Léda/ Oie et de Zeus/ Cygne qui sont deux pôles comme le yin et le yang. C’est le Brahmanda couvé par le Hamsa71 -Brahma qui recherche le sommet de l’Arbre du Monde (comme les Elmer/ Dioscures), le nouvel axe du pôle après le Grand Cataclysme…

Dans la mythologie nordique le Cygne est l’attribut de Balder (ÅApollon*), le fils d’Odhin/ Wotan* et de Frigg : « Il y a deux oiseaux blancs sur la source sacrée d’Urd, sourdant des racines de l’arbre Cosmique Yggdrasil (Ourdrassil) l’Irminsul* où veillent les Nornes”. C’est eux qui donneront leur nom à l’espèce des cygnes.
          « Deux personnages sont accompagnés du cygne : c’est Lohengrin et “Aphrodite d’Or” qui le chevauche… »

Dans la littérature médiévale, son surnom est Godard – comme on dit Martin l’ours ou Goupil le renard, ou Margaud le chat : on remarquera la racine God “Dieu Bon”).
          « Au XVIIème siècle, Godard est traditionnellement le nom du mari d’une femme en couche. » Lévy-Strauss. Et, selon le Littré, les Godards pratiquaient autrefois les couvailles ou la couvade.
          Remarquons la curieuse proximité phonique et conceptuelle entre le “Cygne”/ Grue et son “signe” vers le Sud salvateur (cf. art. Déluges*, Origine* Polaire et § Clou in Irminsul*)…

Le peuple indo-européen* des Svanètes, “Ceux au Cygne”, habite actuellement les montagnes du Caucase.

Cl. T T


Devinette : ce “cygne noir” est-il un “jeune” ou le rejeton d’une autre race, réapparu chez des cygnes blancs ?

L’ADSC, Association de Défense et deSauvegarde des Cygnes a été fondée par Mme Jocelyne Payot, 8 allée d’Ouessant, 77176 Savigny le Temple (près Melun), tel 01 60 63 22 84, site Internet < adsc.free.fr > … (si vous y arrivez !…)

Mais il existe un très beau site : < lecygne.free.fr > de Nelly Johnson
Le cygne, son histoire, ses légendes, son mythe, anatomie et
cygnes immortalisés dès le Moyen-Âge, peintures, sculptures, poésies ...


Màj 10 nov. 03, vu sur <nordic-life.org/nmh/liedtot.htm> le site d'Yves Kodratoff
(cf. notre art. Runes*)


Eh! Garçon, garçon,
Bien-aimé garçon,
Où as-tu laissé ma couronne?
Je l'ai jetée…
Là dans l'eau !

Là-bas au fil de la rivière rapide.
La couronne nageait,
Les cygnes piaillaient :
Cela me plaisait de l'entendre.
(Chant populaire lituanien)


*** 1ère parution 1er août 01, Màj le 19 déc. 06 ***


               

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