ARISTOCRATIE

( Majores )



Étymologie : La racine grecque aristo signifie “excellent1, le meilleur, le plus brave, noble” et figure dans le nom Aristéas2 “le meilleur” et par conséquent dans notre mot aristocratie qui est “le gouvernement des excellents” – tandis que Eupatrides signifie les “bien nés” !
          Tous ces mots viennent de l’indo-européen *Ari, “les plus”, de *Ar “les adaptés”, donc les meilleurs, en latin majores (cf. infra). Remarquons d’autre part que Ar signifie aussi “récolte” en grec : c’est ce que la Terre-Mère nous donne de… meilleur.
         
 « Saviez-vous que le dieu Arès signifiait "brave, noble", et avait la même étymologie qu'aristos (et qu'arya en sanscrit) ? » màj @ Ferrer.

Quelques citations et réflexions :




         « Au cours de leur émigration, les Nord Atlantiques devinrent, comme conquérants et comme porteurs de culture, comme colonisateurs, les Seigneurs3, les Nobles par comparaison avec les classes inférieures des peuples conquis et leur moindre niveau culturel. Le sanskrit arya désigne l’homme des trois castes (varna)n supérieures, celui qui commande, et aryani, la femme de la troisième caste. La présence du mot ario dans le celtique, et du mot Aria comme nom propre dans le vieux persique, le scythe et le vieil hindou montrent encore clairement le parcours continental des Armanen migrant vers l’Est. » Herman Wirth, L’ascension de l'espèce humaine, Diderich Iéna,1928.

Il y a deux grandes conceptions à ce “gouvernement des meilleurs” suivant les civilisations et les cultures : l’une est un concept de supériorité, donc de domination, et l’autre est un concept de plus grande conscience et des responsabilités qui en découlent vis à vis de la communauté* et donc de service dû à cette communauté, du rôle d’exemple et de pédagogue, avec l’esprit “fédéral” qui en découle (cf. § Subsidiarité° in art. Fonctions4).

Dans le Sud Est méditerranéen – peut-être est-ce dû au modèle du Soleil écrasant et dangereux sous ces latitudes – un chef de tribu vainqueur devient Roi Dieu. Il n’élève les chefs vaincus des autres tribus que s’ils ont su reconnaître – à temps sa “divinité”. C’est donc chez eux un concept hiérarchique centralisateur qui gouverne une armée de cadres et de sujets soumis, serviles. L’exemple typique en est l’Égypte totalitaire.

Dans le Nord Ouest européen au contraire, chacun peut, et doit tenter d’être le meilleur dans sa fonction* et dans son métier (ind. varna)C’est alors l’ensemble des meilleurs de chacun d’eux qui fait l’aristocratie (de service) et le terme de noblesse (cf. infra) s’applique à leurs vertus humaines et sociales. À chaque niveau –  ainsi que dans chaque métier – on se choisit un Maître par “élection”, en reconnaissance de ses qualités.
          « La formule “la gloire qui ne flétrit pas”, en védique aksitam çravah, en grec homérique klé(w)os aphthiton, a été relevée dès 1852 par A. Kuhn. On s’est aperçu depuis qu’elle s’applique à l’un des principaux ressorts de l’existence dans le monde indo-européen*. Pour un membre de l’aristocratie, mieux vaut la mort que la honte, puisque la mort est inévitable, et que seule la gloire – la gloire de la lignée – permet qu’elle ne soit pas un total anéantissement. Plus généralement, ces formules sont, selon l’expression de Calvert Watkins, des “signaux” servant à transmettre les idéaux et les valeurs* de la communauté*. » Prof. Jean Haudry, Nouvelle École N° 47.

Un genos original ? Les alliances matrimoniales des “meilleurs” étaient caractéristiques de la pacifique Grande Fédération Nordique et prouvent les échanges – mieux : la parenté, au moins culturelle – entre ces civilisations que le Hollandais Herman Wirth appelle les Atlantes du Nord et ceux du Sud.
          
L’hypothèse de l’apparition d’un genos particulier (cf. art. Clan*) renforcé par l’endogamie entre jumeaux* réels, c’est à dire consanguins et/ ou les alliances entre les meilleur (aristoï*) ou “frères en initiation” n’est certes pas à repousser à priori pour expliquer l’apparition de cette “civilisation” originale de l’Atlantide* boréenne.

          On verra au sujet des Vestales, (dans l’article traitant du Feu* et aussi dans notre article romancé sur Ulysse* et Nausicaa), que
la hiérogamie* était réelle entre le roi – le “Kon” celtique “chef du clan” – et la grande prêtresse de la terre, et l'on peut se demander si elle n'avait pas lieu aussi avec le Collège des Vierges : les Vestales. Ainsi, le "droit de cuissage" – bien plus qu'un vulgaire “droit au viol” de la part d'une aristocratie* qui était élective à l’origine, rappelons-le – ne serait qu'une survivance d’un rite* sacré*, ce que par la suite les mythologues nommèrent bizarrement prostitution5 sacrée par confusion avec d’autres rites proche orientaux dans lesquels les hiérodules se faisaient payer afin de se constituer une dot (diminué du racket de type fiscal au profit de l’entretien du Temple* et du… sacerdoce).

         
 Un changement de mœurs dut donc s’établir en faveur du mariage qui fixait les géné/ “gens” de ces êtres à “l’esprit clair, lumineux, xanthos” et que son modèle, d’abord pratiqué par les “meilleurs” des trois fonctions* entre eux (ce qui créa une aristocratie), fut présenté au peuple des diverses teutas/ tribus comme le mariage de la Nature, certes, mais aussi comme un mariage princier 6. C’était celui des Dieux*, dont nous avons vu qu’ils figuraient à l’origine ces ancêtres Atlantes* boréens descendants de “Ceux des Mégalithes”, nos “vieux ancêtres” Ur-Ahn, les Dieux “Bons” (good, gut –> God, Gott), ceux que les Romains appelleraient plus tard et dans le même esprit que leurs ancêtres : les Mânes* (les Bons).

          Il était nécessaire de se poser ici la question car s’il s’agissait là d’une évolution ethnique (qui est toujours en cours, ou… en involution), nous aurions eu affaire ultérieurement aux “descendants” de cette aristocratie particulière, celle-là même qui dirigeait l’Atlantide/ Schérie, noblesse issue des lignées fondatrices “royales” mais d’extraction élective 7 ce qui est évident dans ce pays inventeur du Thing ou Parlement. Ceci n’exclut évidemment pas la présence d’une aristocratie de guerriers (un Ordre du Loup) venus des forêts continentales (Ases?) comme “meilleurs” de la IIème fonction* (cf. art. Blasons*) ?
          D’autres points de la mythologie* nordique précisent que les Ases n’acceptaient pas les unions entre parents proches, unions pourtant traditionnelles chez les Vanes. Il n’est donc pas exclus qu’il se soit agit, au moins chez ces Dieux* vanes, d’une “race sélection” fixée par le mariage des frères et des sœurs “jumeaux” tel que celui de Freyr et de Freyja* (cf. art. Jumeaux*) mais,
il est bien plus probable encore que le terme de “frère et de sœur” s’appliquait à des membres qui, Frères d’un Ordre Initiatique*, se considéraient de ce fait comme des Pairs : les meilleurs de chaque clan*. C’est bien comme cela que – n’importe où dans le monde – naissaient les aristocraties ] nous ne parlons pas de celles de l’argent : il ne s’agit là que de ploutocraties !…

          Dans cette hypothèse, les couples Hermès + Aphrodite, comme Apollon + Artémis (le parallèle est évident), seraient alors des “jumeaux*” atlantes boréens, des frères ou des cousins,
ou mieux encore de deux des “meilleurs” du collège “Aristo” qui formaient les jeunes initiés 8 du Grand Sage, l’Alt Ase que les Grecs Doriens nommeraient… Atlas.

          Et, cette “opposition” des Ases et des Vanes dans leur “guerre de fondation*” ne dut concerner que leurs chefs, leurs aristocraties c’est à dire leurs “Dieux”! Elle nous semble essentiellement civilisationnelle même si elle reste en partie caractérologique. En effet, les Vanes navigateurs et arboriculteurs sont les représentants de l’eau et de la terre, alors que les Ases guerriers et cavaliers sont voués à l’air et au feu. Ce sont ces “quatre forces” qui recoupent les archétypes* de Jung et nous les retrouverons aussi dans l’article traitant de la combinatoire du Svastika* sacré.




La Rune de la Noblesse Odal : signifie “héritage inaliénble 9 ” (<– sol du peuple), “noblesse, lien* avec les ancêtres” et, dans le très long article étudiant les Runes* nous rapportons cette Triade Fonctionnelle (en fait, comme bien souvent, les trois fonctions* figurent dans la même sentence, mais plus ou moins clairement) :

- 1ère fonction* :
Par son graphisme, bien proche du gamma grec g symbole du genos, cette Rune Odal évoque la descendance iNg (génitif) et le Lien Sacré* du mariage : disant cela on a presque tout dit de la Rune de la Lignée, de la Noblesse : Adal en germanique, d’où le prénom Adèle et le terme social d’Edl en gaulois (!), ou d’Odilmadr en norois, l’edelman ou “homme libre10 ”, qui est celui que le roi appelle pour défendre le sol sacré* contre une invasion (cf. 2° fonction*) mais, nos “édiles” sont-ils encore Nobles ?


- 2ème fonction : « Les Kerels flamands (Kerl <–> Karl)n étaient des hommes nobles qui entraient dans le schéma tri fonctionnel* de Dumézil. Leur nom même indique qu’ils appartenaient à la caste guerrière et ils savaient que leur mission était de défendre le sol sacré*. La conscience de cette mission impliquant l’initiation*, ces hommes étaient des initiés qui, au Moyen Âge, ont lutté pour le “droit odilique” contre le “droit féodal 11 ” qui était de tout autre nature. Le droit odilique lié à l’initiation, a tenu bon jusqu’au XIXe siècle (!) en Norvège. Dans nos régions, il avait été balayé (†)n dès le milieu du Moyen Âge. » Kœnraad Logghe.




- 3ème fonction. Chronique anglo-saxonne : «  Edhel (ethel “héritage” en anglais)n est dans chaque amour et plaisir, quand il jouira souvent de son bon droit, des fruits de la terre là-bas dans sa ferme » son patrimoine ancestral (propriété familiale inaliénable)n. Et Wardle précise : « Les Germains de l’Antiquité fondaient le “Sol d’Odal” sur la fidélité (féod) et la croyance ; le sol restera aussi longtemps en leur possession qu’ils le transmettront dans le meilleur état à leur descendance. Le “Sol d’Odhin” se léguait ainsi aux enfants et aux petits enfants. Le paysan Odal amplifiera cette coutume, en devenant le meilleur propriétaire terrien et le meilleur éleveur de bétail. » (Les comices agricoles perpétuent cette noble tradition)n.

Le concept archaïque correspondant à Odal semble être Midgard le “jardin du milieu” (celui des Hommes, clos, protégé par le Walburg ou le ruban vébond qui est probablement sa symbolisation)n et « le trésor de l’enfantement, le pays natal, la mère patrie. » Wardle

Lieu dit : Ethel en Cornouaille bretonne, près du menhir “phallique” (gnomon à boule) de Locoal-Mendon.

Les Runes… nobles : Odal est quelquefois présentée comme étant la Rune d’Odhin, du savoir “magique*”, c’est à dire de la filiation avec les ancêtres morts (Mânes*) : de ce fait elle est en rapport avec la protection de la Tradition (Bojorix).
Algiz/ Alce ou Rune de Vie : Il est intéressant de remarquer ici que le mot anglais pedigree, “pied de grue” ou arbre généalogique, est précisément en rapport avec cette idée d’équilibre entre pureté du Génos, du clan*, et acquisition de nouvelles caractéristiques dans le pool génétique12 de la communauté* élargie par l’exogamie (dans les limites homo-géniques ou aristocratiques). C’est ce problème qui fait verser du sacra au casta (cf. les art., Fonction*, et Magie*) lorsqu’on est plus capable de le dominer !

Aristocrates car élus et portés sur le Pavois : le Roi et même l’Empereur chez les Celtes, Rix et Con, et chez les Germains, Rikr et Kœnig, ont encore longtemps été ainsi élus et portés sur le Pavois ! Sauf chez nos tardifs Francs Saliens car l’irruption du Christianisme, servilisant celui qu’il a choisi pour sa (trop souvent triste) besogne, annihile ce concept éminemment “aristo-démocratique” de leur assemblée d’égaux – le Dag (Diète) des Anciens du Clan* – pour tomber, via sa conception de royauté sacrée – par l’Église*… d’origine orientale – dans l’absolutisme mono-archique, rançon obligée de toute mono-idéologie.
          Sociologiquement,
la Table Ronde celtique est un symbole de gouvernement “aristo-démocratique de type confédéral” : chaque Chevalier Comte (probablement le délégué d’une Comté) y donne son point de vue. L’on y discute fraternellement et l’on cherche ensemble une synthèse réaliste et, en cas d’échec, le Roi Arthur – le Vieil Ours° – tranche : il met fin au dilemme au nom de l’intérêt de la communauté* (cf. art. Lien, nœud*) !
          Chez les nordiques, cela correspond à « L’Althing (“haute assemblée” ou “assemblée des anciens” : Dag)n qui réunit tous les hommes libres, impose le respect de la loi commune, c’est à dire
l’ordre, sans lequel il ne saurait y avoir de liberté. De ces païens islandais, les voyageurs étrangers ont pu dire stupéfaits : “ils n’ont pas de roi, seulement une loi”. Aucune nation n’a été plus rebelle au totalitarisme politique ou religieux que ce peuple de l’Atlantique nord, longtemps fidèle au souvenir de ceux des leurs qui avaient fui la dictature des premiers monarques norvégiens. » Jean Mabire, Les Dieux Maudits, Récits de Mythologie Nordique, Copernic,1978.

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         Mais, les sociétés indo-européennes qui fonctionnaient parfaitement avec leur schéma tri fonctionnel souple, éducatif, adaptatif, voient alors celui-ci se transformer en un système de classes héréditaires (“casta”). L’introduction de la Loi Salique14 en Gaule franque est le tournant décisif qui nous a orienté (!) au Sud Est, vers le Moyen Orient “judéo-chrétien”.
          On voit alors les trois Fonctions* se figer et les héritiers “dégénérés” – c’est à dire dont les vertus inhérentes aux fonctions qui leur valaient leur “position” élue, les ont quittés – conserver leur pouvoir local tant qu’ils manifestent leur servilité (dulie) envers le pouvoir central, lui même asservi au nouveau pouvoir (mono) idéologique ecclésial.
          Louis XIV, un Médicis soucieux d’éliminer cette aristocratie féodale souvent frondeuse, n’eut de cesse lui aussi de la neutraliser : c’est là l’origine de l’extension considérable de la cour de Versailles. Et bientôt, tout ces anciens nobles dénaturés par les plaisirs frelatés et, qui pire est,
prisonniers pour dettes de jeu à Versailles – une ville “franche” pour eux – ne donnèrent plus l’exemple des vertus qui doivent venir d’en haut. Cependant que, les autres institutions, la petite féodalité régionale, les corporations, les villes franches et en définitive tout le petit peuple des villes et des champs vont se révolter sous les impôts excessifs qui n’auront servi qu’à enrichir les usuriers, profiteurs et spéculateurs, car comme le disent les dictons populaires :




          L’aristocratie héréditaire qui dégénérait ainsi dans les plaisirs frelatés de Versailles, considérait donc n’avoir que des droits et plus aucuns devoirs15 : elle n’avait de ce fait plus aucune prétention à cette “élection” tribale.
          C’est par suite de cette dégénérescence de nos “aristo versaillais”, que Marivaux écrivit :

« Plutôt qu’être bien né, il vaut mieux être bien fait ! »


À la fin du XVIIIème siècle : les anciennes loges de maçons* opératifs (c’est à dire professionnels) et de maîtres architectes des XIVème et XVème siècles, ont des contacts avec des réformateurs qui désirent former une association où les représentants des “métiers” de IIIème fonction* et des “classes” résultantes des 1ère et IIème fonction* pourraient « discuter affaires et politique dans une atmosphère amicale et “éclairée”. Cette nouvelle institution hérita naturellement des rituels, des allégories et des symboles* des divers fondateurs dans une doctrine globalement déiste et fraternelle et c’est dans les premières décennies du XVIIIème siècle que la “Franc-Maçonnerie” est fondée en Angleterre en 1717… » nous dit une légende…

À cette époque chez nous, les luttes d’influence et l’absolutisme royal ont donc détruit les aristocraties* naturelles et le pays est maintenant dirigé par des incompétents et des profiteurs : cela ne peut plus durer ! Cette association de rénovateurs culturels, mais aussi politiques, prend alors pour modèle cette Freemasonry inspirée des corporations de francs-maçons/ libres bâtisseurs de cathédrales qui initiaient leurs apprentis par degrés jusqu’à devenir Compagnon, Maître et Grand Maître, et instillaient dans leurs œuvres des symboles* de l’Ancienne Coutume (Gérard de Sède, Le Mystère Gothique16). 

          En conséquence, le mot “aristocratie” est devenu bien trop décrié, surtout à notre époque où l'esprit chevaleresque et la courtoisie (Noblesse des sentiments) vont bientôt être tournés en ridicule par les “nouveaux et zélés zélus” : « ces remplaçants de nos “aristos” que sont les politiciens insipides émissaires d’occultes lobbies du tout économique planétaire. » Euphronios Delphyné…

Idéal aristocratique : les jeux et compétitions entre enfants et adolescents s’appellent agones17 en grec, d’où “l’idéal agonistique” qui consiste à être le meilleur, le premier des épreuves, à surpasser ceux de sa catégorie, idéal qui imprégnait l’éducation au début du siècle, au moment de la renaissance des jeux olympiques avec Marrou et Coubertin. 
         On n’oubliera cependant pas de relativiser cet idéal car “on ne saurait être le meilleur en tout” : la
retenue est aussi une attitude typiquement “aristocratique” et il n’y a rien que les Grecs détestaient autant que l’hybris, “la démesure” ! Faute de le savoir, des jeunes se surmènent jusqu’à l’échec (!) qui en ces périodes de surmenage peuvent générer de graves déboires : dépression, drogue, suicide… Avis aux parents exigeants !




Majores


          “Les Meilleurs”, du latin melior dont la racine indo-européenne *Mel, “miel” se réfère à une idée d’abondance* mais aussi de “moudre” (anglais miller et allemand Müller, “meunier” ; Mjölnir “le concasseur” étant le marteau de Thor*).
          Ce nom était donné dans l’antiquité aux Ancêtres qui, fondateurs de la civilisation, étaient donc les meilleurs des Patriciens ; le mot a donné Maire, Maïer, Meyer, Mayor, Major.
          Dans l’article survolant les causes et les effets de la Guerre de Fondation* des Ases et des Vanes, nous montrons que la nouvelle civilisation de l’Âge d’Or (atlante* boréen) conserva, dans une fusion nommée “synécisme”, ce qu’il y avait de meilleur chez chacun des peuple Ase et Vane (ce qui explique la présence conjointe de dieux vanes et de dieux ases dans le panthéon nordique) et, par la dialectique (thèse + antithèse => Synthèse) appliquée aux éléments contradictoires – contradictoires parce que mal élaborés, c’est à dire immatures – il se fit un progrès dans les concepts d’où émergèrent de nouvelles idées, plus “claires et lumineuses” comme le ciel diurne *Diew –> “divines” en un mot ; et le nom d’Ases/ Sages fut alors donné aux meilleurs d’entre eux.



          Nous reviendrons souvent, et souvent bien mieux, sur ce concept dans le cours de nos articles plus proches de la recherche des Origines de l’Arbre de Mai…

Mais la Grande Submersion détruit la civilisation des meilleurs : les Dieux* !


          
Les Étrusques croyaient à la nécessité de deviner ce qu'auraient désiré les dieux s'ils vivaient encore parmi eux (cf. art. Mânes*), et de leur obéir – ou de les apaiser par des rites* complexes et observés rigoureusement (cf. “casta” in art. Magie*). De ce fait, la caste (!) religieuse extrêmement nombreuse et puissante de devins était issue de l'aristocratie tout comme chez les Brahmanes Hindous et les Flamines Romains.




Nobles


           Du latin nobiles “les bien connus” : patriciens ou plébéiens qui ont occupé des magistratures curules (assises).

          L’origine de la noblesse est le propre des deux premières Fonctions* dites “de protection” et de “commandement”, comme étant elles-mêmes, naturellement, l’extraction des “meilleurs” issus de la troisième fonction*, la base, le fondement, l’origine et ce, par le procédé de l’Initiation*.
          Remarquons bien ici que, si l’homme est Mann chez les Germano-Scandinaves et man chez les Anglo-saxons, c’est essentiellement là un noble “homme-cavalier”, donc un Chevalier (un centaure, cf. art. Blasons*) cependant que, dans les langues latines, il est resté huomo/ homo l’homme de 3ème fonction* de la glèbe humus, le noble paysan des origines, par opposition à l’aristocratie romaine des Marses, les envahisseurs cavaliers de IIème fonction* derrière leur chef éponyme Mars.

          Il ne fait aucun doute en effet que la Chevalerie date d'avant l'installation des Doriens en Grèce car non seulement ils y importèrent le cheval et les chars de combat (les Mycéniens ne possédaient pas de chevaux…) mais ils y créèrent une aristocratie issue de leur cavalerie, les Hippobotai ou “éleveurs de chevaux”. Et, il ne fait aucun doute – pour nous – que les Centaures étaient un Ordre militaire et qu’ils étaient chargés, de ce fait, d’une partie de l’éducation de la jeunesse grecque et ce n’est pas le centaure Chiron qui nous contredira sur ce sujet !

          
La qualité principale pour un Noble est le Devoir et l’Exemple… mais, peu avant la Révolution – ce qui justifie son irruption à défaut de ses méthodes – les représentants passablement dégénérés de ce qu’était devenue la “noblesse” n’avaient plus que des droits (!) et guère de devoirs envers leur communauté* naturelle, nous l’avons vu. Et, c’est pourquoi nous remarquons dans une petite étude sur La Flûte* Enchantée de Mozart que, pour eux, le livret insiste sur la nécessité de rechercher la Connaissance afin d’assurer ce “devoir fonctionnel*” d’éducation et d’initiation* des membres les plus défavorisés de leur propre peuple, devoir qui est essentiellement de leur responsabilité, à “eux qui ont la chance d’avoir appris”.
          Mais, de nos jours et grâce aux mass média tout puissants, ce sont les histrions (cf. infra) et les présentateurs qui sont “biens connus” et ce n’est pas la noblesse de leurs sentiments qui les étouffe – arrivisme et servilité :

Umwertung des Wertes !”

…aurait dit notre vieil ami Frédéric Nietzsche… et les meilleurs de nos ancêtres, les plus dignes de l’aristocratie au sens grec le plus… noble, sont désignés de nos jours (post révolutionnaires et… complexés) par le terme “Alpha” qui désigne les meneurs d’un groupe humain… ou animal ! Et, nous ne sommes pas sûr que ces “meneurs” agissent toujours dans l’intérêt du Clan*, ni qu’ils se préoccupent essentiellement de la “chose publique” (res publica) car nous en voyons plus dans des procès en corruption que manifestant leur “noblesse de caractère” autrement que par des discours alibis ou paravents car :



« Laisse se développer les cafards, et il naitra un droit des cafards ! »
St Exupéry.


Màj 23 janv. 05 : nous pensons utile de préciser ici que la fonction initiatrice que les Troubadours*, les vrais : les “trouveurs” et les ‘Chanteurs de la Mémoire” Minnesänger” était, dans leur recherche de la Sagesse – la Dame de/ dans leur pensée – une manifestation de leur noblesse personnelle innée ! Souvent classés dans les menestrels et jongleurs : nous ne songerons surtout pas les confondre avec les histrions précités…

          « Dans le sirventès XII-Aquesta gens... (daté de 1205) Pèire Cardenal définit fort bien l'impression que lui fait la cour comtale en ces débuts de séjour toulousain :

Mais moi c'est une cour
qui soit en désaccord avec la grossièreté
que je réclame,
une cour qui s'accorde au contraire
avec tous actes parfaits et courtois,
qui accède à la vraie valeur par la prouesse accomplie
et a de nobles desseins, quel qu'en soit le prix,
une cour de mille amis amie,
dans laquelle ni le fourbe ni le loyal, n'éprouve de refus,
pourvu que la valeur s'accorde avec le vouloir,
la joie avec le droit, et le don avec le devoir.


          Cette "cour de mille amis amie" (et le pays qui la permet), restera dans son souvenir, après la tourmente, comme l'archétype de la civilisation… »

D.Eissart, excellent site sur le Célèbre Troubadour Pèire Cardenal.


Et, par conséquent, nous n’oublierons surtout pas que :




Folklore cynégétique : Le plus petit des oiseaux de chasse est le hobereau. Son nom fut appliqué aux gentilshommes campagnards qui, n’ayant pas les moyens d’élever et de posséder des faucons, se servaient du hobereau pour chasser les perdrix et les cailles (B. Quentin).

Lieu-dit :
Castelnaudary en terre Wisigothe signifie “Château-neuf des Ariens” mais, il s’agit là des catholiques “ariens”, des sectateurs d’Arius qui refusait la “divinité” du Christ pour la réserver essentiellement à son “Père”…

*********


Màj : Suite à une enquerre de notre correspondant <nonopapin@webmails.com> du 14 août 02 concernant le mot “gentilisme”, nous lui avons apporté ces éléments :
          «« On retrouve les Gentils dans la Bible pour décrire les non-chrétiens qui étaient les Européens à l'époque. Mais actuellement les non-chrétiens étant des Brésiliennes ou des mâles Gaches, les Gentils (majuscule !) ne peuvent plus être seulement des Européens! Cependant le mot réapparut dans “Gentils-hommes”… forcément européens si nous restons sur un plan essentiellement culturel-cultuel ! (cf. nos art. Blasons* § Chevalerie).
          
L’étymologie du mot donne : gent, adj. du lat. genitus "né" et par extension. "bien né", puis "noble, beau". Gentil "noble, gracieux", du lat. gentilis "de (bonne) famille, de race" ; du lat. d'église*. gentiles "païen" (calque de l'hébreu goîm "peuples", d'où "non-juif", par l'intermédiaire. du grec chrétien éthné). Anglais gentry "noblesse" de l'anc. franç. gentelise "noblesse" ! Cf. gent <–> plant Å clan* : on n'en sort pas !…
          L’aristo (le meilleur) est-il “
Immortel ? Rien n’est moins sûr car, si le concept l’est, rappelons nous qu’un mauvais tissage (cf. art. Destin*) donne un tissus… “mé-tis” ! Et l’on se rappellera alors la phrase de Jean Rostand :
          « Le meilleur service que vous puissiez rendre à vos enfants est de bien choisir leur mère ! » Sans doute pensait-il aux Bach qui furent musiciens pendant 7 générations jusqu’à ce qu’un mauvais mariage mette fin à la lignée… »»
          À la suite de quoi notre correspondant a fait paraître sur son site Internet < 
sagesse-primordiale.com > un article nettement plus exhaustif sur le Gentilisme !

* * * * * * * * *

Màj 25 juin 04, Biblio + : Volkoff Vladimir, Pourquoi je serais plutôt aristocrate, Rocher, avr. 04, commentaire de Joël Prieur/@ : « “L’esprit de contradiction, n’est qu’un esprit de justice un peu exacerbé. Si je ne vivais pas dans une société où il est obligatoire de professer qu’il n’y a pas de salut hors de la démocratie, je serais moins porté à m’affubler de ce qualificatif criard d’aristocrate que les uns ne savent pas prononcer sans morgue et les autres sans hargne”.
          Malgré cette solennelle déclaration d’intention, on se demande tout au long de son petit livre, si l’on est en face d’un éloge de l’aristocratie ou plutôt d’une apologie de l’excellence. En nos temps qui prétendent vivre par dela le bien et le mal, l’apologie de l’excellence est bienvenue et elle se fait rare. Quand à l’éloge de l’aristocratie, il aurait mérité – pour être complet – quelques reflexion sur la notion d’hérédité. Ce qui rend la noblesse insuportable, c’est l’hérédité. Quand au respect de l’inégalité naturelle, il est naturel à quiconque aime bien et sait reconnaître de bon cœur la supériorité là où elle est…
          Volkoff le dit ici avec talent.… »


Il sera bon de consulter aussi l’article
[Indo-européen]* <–Clic !


« Si nous ne sommes pas les meilleurs,
Nous n’avons pas de raison d’être ! »

Henry de Montherlant, in Le Maître de Santiago.


* * * 1ère émission le 22 juin 2001, mise à jour 23 janv. 05 * * *


CLIC ! CLIC !


Autorisation de citations :



Sourions :

          « Agacé par la multitude de termes anglais utilisés au golf, un débutant interrompt la leçon de son moniteur pour lui poser une question :
– Le green, je sais ce que c'est. Le putt aussi, tout comme le drive, l'air-shot, le bogey, le fer 9, le fer 7 ou le fer 5. Mais qu'est-ce que ce fair-play dont vous parlez tout le temps ?…